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Le Congrès cherche à améliorer les relations entre les États-Unis et le monde islamique 


Le sénateur John Kerry, qui préside la commission des affaires étrangères, souhaite un nouveau départ dans les rapports entre les États-Unis et le monde musulman.

« Nous partageons vos désirs de liberté, de dignité, de justice et de sécurité. Nous sommes prêts à écouter, à apprendre et à honorer l’engagement pris par le président (Obama) d’approcher le monde musulman dans un esprit de respect mutuel » a déclaré M. Kerry. Le sénateur du Massachusetts et candidat malheureux à la présidence en 2004 face à George W. Bush, a appelé ses compatriotes à faire un geste pour atténuer l’atmosphère de crainte et méfiance suscitée par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

« Si nous voulons vraiment donner des moyens aux musulmans modérés, nous devons arrêter de tolérer l’islamophobie désinvolte qui s’est infiltrée dans notre discours politique depuis le 11 septembre », a dit M. Kerry.


Le sénateur, qui rentre d’une tournée au Moyen-Orient, préconise un élargissement des échanges pédagogiques entre son pays et le monde musulman, ainsi que l’allocation de fonds supplémentaires pour renforcer l’étude des langues étrangères aux États-Unis.


Parmi les intervenants aux audiences du Congrès sur les rapports américano-musulmans: l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright, qui a souligné l’importance de soutenir la démocratie dans le monde musulman, même si, à son avis, il n’est pas nécessaire d’en rajouter.


La directrice du Centre Gallup pour les études musulmanes, Dalia Mogahed a exposé les résultats d’une enquête menée par son institut. Elle a affirmé que les abus commis dans la prison d’Abou Ghraib, en Irak et dans celle de Guantanamo Bay à Cuba ont terni l’image de marque des États-Unis. Certes les musulmans admirent les valeurs universelles promues par l’Occident, notamment la bonne gouvernance, l’auto-détermination et les droits humains. Mais ils restent sceptiques quant à leur mise en application au Moyen-Orient, a souligné Mme Mogahed.


« Un grand nombre pensent que les États-Unis dénient aux musulmans ces droits en soutenant des dictatures, l’occupation directe de territoires musulmans, sans parler du soutien passif aux violences israéliennes » explique Mme Mogahed. En tout cas, a-t-elle ajouté, les musulmans américains pourraient jouer un rôle clé dans l’amélioration des rapports entre leur pays et le monde musulmans.


Mis à part les audiences présidées par le sénateur Kerry, des parlementaires américains ont pu jeudi visionner le court métrage du député néerlandais de droite, Geert Wilders, réalisateur du film sur le Coran, « Fitna », et ce à l’invitation du sénateur de l’Arizona John Kyl.

Rappelons que M. Wilders a été refoulé récemment par les autorités britanniques qui ont dénoncé son film, qui juxtapose notamment des versets du Coran et des images de manifestations violentes de musulmans, y compris les attentats du 11 septembre 2001, ainsi que des prêches islamiques ayant une teneur guerrière.


M. Wilders avait été invité à la Chambre des Lords britannique pour montrer son film, mais le gouvernement britannique lui a interdit l’accès au territoire national, pour mettre fin, selon Londres, aux messages haineux et violents. Le réalisateur a, lui, fait valoir qu’il cherchait à promouvoir la liberté d’expression. Le sénateur Kyl a ensuite décidé d’inviter les parlementaires américains à visionner le film, en privé.

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