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Le procès de Blagojevich se poursuit en son absence


Le procès en vue de la destitution du gouverneur de l’Illinois, accusé notamment d’avoir cherché à monnayer le siège de sénateur laissé vacant par le président Barack Obama, s’est ouvert lundi devant le Sénat de l’Illinois, en l’absence de Rod Blagojevich, qui a choisi de se rendre à New York pour accorder des entrevues en série aux chaînes de télévision américaines.

Il s’est ainsi confié aux plus grands noms des médias américains - Diane Sawyer de l’émission « Good Morning America » d’ABC, ou encore Larry King de CNN. Dans le cadre de l’émission « Today » de la chaîne NBC, le gouverneur de l’Illinois n’a pas hésité à se comparer à trois apôtres de la non-violence. « J’ai songé à Mandela, au Docteur King, à Gandhi et j’ai tenté de mettre les choses en perspectives » a expliqué M. Blagojevich.

Entre temps, dans l’Illinois, le procureur David Ellis expliquait aux législateurs que le gouverneur avait abusé de ses pouvoirs à de nombreuses reprises, et de la façon la plus flagrante. Les sénateurs ont pu écouter des enregistrements de conversations entre M. Blagojevich et des acolytes. Mais les procureurs fédéraux n’en ont partagé que quatre alors qu’ils disent avoir interceptés des milliers d’appels. C’est qu’ils redoutent qu’en livrant leurs secrets, ils compromettent les poursuites engagées par le gouvernement fédéral contre M. Blagojevich. Le gouverneur devrait être inculpé d’ici au mois d’avril.

Pour destituer M. Blagojevich, il suffira d’une majorité des deux-tiers du Sénat de l’Illinois. Comme le gouverneur refuse de se défendre, au motif qu’il lui est impossible de bénéficier d’un procès équitable au Sénat de l’Illinois, le vote pourrait avoir lieu dans les jours à venir.

M. Blagojevich dit toujours qu’il n’a rien fait d’illégal. Le gouverneur démocrate a été arrêté le 9 décembre 2008 à la suite d'écoutes du FBI, la police fédérale. Depuis, les dirigeants de son parti, y compris le président Obama, l’ont invité à démissionner, soulignant qu’il n’était plus en mesure de remplir ses fonctions.

Le gouverneur fait la sourde oreille et a même nommé le successeur de M. Obama, attribuant son siège de sénateur à l’ancien procureur général de l’Illinois, le Noir Roland Burris, homme politique chevronné âgé de 71 ans. A Washington, les sénateurs démocrates ont finalement accepté qu’il entre au Sénat, malgré le scandale entourant sa nomination.

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