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Les Américains élisent 35 sénateurs et tous les 435 membres de la Chambre des représentants


Les Américains choisissent aujourd’hui 35 sénateurs sur les 100 que compte le Sénat et tous les 435 membres de la Chambre des représentants. Le parti démocrate vise une majorité de 60 sièges à la Chambre haute, ce qui lui permettrait de faire adopter son programme, sans trop de difficultés.

Certes depuis les élections législatives de 2006, les démocrates sont majoritaires tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, mais ils ne disposent que 51 voix à la chambre haute, ce qui est insuffisant pour imposer leur volonté. De l’avis des experts, les démocrates devraient voir leur majorité s'accroître aujourd’hui, peut-être jusqu’aux 60 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue.

« Une majorité de 60 sièges est d’une importance énorme », fait valoir le professeur Allan Lichtman de l’American University ici à Washington. Elle permet de passer outre au « filibuster », tactique dilatoire dont un parlementaire se sert pour faire de l’obstruction afin de retarder ou empêcher le vote d’une loi. « Les républicains ne pourraient plus bloquer une loi avec des discours fleuves », ajoute le professeur Lichtman.

Le politologue pense que les démocrates remporteront un plus grand nombre de sièges au Sénat, mais pas une majorité de 60 sièges. Néanmoins, comme la chambre haute compte un certain nombre de républicains modérés qui pourraient rompre avec leur parti et voter avec les démocrates, ils pourraient quand même parvenir à faire adopter leur programme.

En ce qui concerne la Chambre des représentants, les démocrates s’attendent à rafler entre 20 à 35 sièges supplémentaires. Les républicains ne se font pas d’illusions sur ce qui les attend. Parmi les législateurs qui risquent vraiment de perdre leur siège : le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell du Kentucky et son collègue républicain Ted Stevens de l’Alaska, qui vient d’être reconnu coupable de corruption par un tribunal Fédéral ici à Washington.

Si M. Obama remporte la présidence, et si les démocrates renforcent leur majorité au Congrès, ils disposeraient alors des moyens nécessaires pour forcer l’adoption rapide de leur programme législatif, dont le retrait des troupes américaines d’Irak et la réforme de la couverture médicale. Néanmoins, souligne le politologue Steven Hess du Brookings Institution, il se pourrait que la Maison-Blanche et le Congrès, même démocrates, ne soient pas d’accord sur tout.

« Les démocrates ne sont plus au pouvoir depuis un certain temps. La dernière fois qu’ils contrôlaient à la fois la Maison-Blanche et le Congrès, c’était au début des années 1990, lorsque Bill Clinton avait été élu pour la première fois. Ils ont vraiment envie d’accomplir quelque chose » explique le professeur Lichtman.

Pourtant, l’expert en science politique Steven Hess du Brookings Institution n’est pas de cet avis. Rien ne permet d’assurer que le Congrès, même à majorité démocrate, serait automatiquement d’accord avec le président, fait-il valoir.

« Ni l’un, ni l’autre des partis sont monolithiques. Les deux partis ont des intérêts régionaux qui diffèrent, et ils ont également des ailes conservatrice et libérale », déclare Steven Hess.

Au cas ou John McCain serait élu, il pourrait avoir moins de problèmes avec le Congrès, même à majorité démocrate, que son prédécesseur George Bush, affirme M. Hess.

Quelle que soit l’issue de l’élection, le perdant aura quand même une consolation. Il retrouvera son poste de sénateur et jouira sans doute d’un prestige accru.

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