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Mauritanie : le « passif humanitaire » continue de diviser


Les journées nationales de concertation en Mauritanie ont permis de dégager un consensus autour du retour des milliers de Mauritaniens réfugiés au Mali et au Sénégal notamment. Par contre, la question de l’examen du «passif humanitaire » est loin de faire l’unanimité. Les victimes des abus sous le régime de l’ancien président Maaouya Ould Taya appellent à la mise en place d’une commission pour régler cette question.

Le document proposé au niveau des journées nationales de concertation ne prend en compte que les exactions de 1990-1991, lorsqu’il y a eu des exécutions extrajudiciaires par les militaires et des violations massives des droits humains, estime Mamadou Kane, ancien détenu de la tristement célèbre prison de Walata. Pour M. Kane, les exactions ont commencé en 1986 avec l’arrestation des activistes négro-mauritaniens des Forces de libération africaine de la Mauritanie (FLAM), suivie, entre 1989 et 1991, de violations massives des droits de l’Homme dans le sud de la Mauritanie, incidents « qui ont causé la déportation, et qui ont causé l’exil pour certains, et qui ont causé aussi des tueries extrajudiciaires des militaires et des civils. »

La mise sur pied d’une commission pour faire la lumière sur le passif humanitaire ne vise pas à rallumer le feu des conflits passés, a assuré l’ancien prisonnier de Walata. « Il ne peut pas y avoir une réconciliation réelle si on ne parle pas des événements d’une manière juste et correcte », a dit Mamadou Kane.

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