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Présidentielle mauritanienne : 19 candidats en lice


L’élection présidentielle mauritanienne de dimanche marquera la fin d’une longue période de transition et la venue d’un pouvoir civil après le coup d’état militaire, sans effusion de sang, d’août 2005. Comme convenu, aucun des 19 candidats en lice ne fait partie de la junte militaire qui dirige le pays depuis le renversement du président Maaouiya Ould Taya. Pour l’analyste Richard Reeves, l’issue de cette présidentielle est difficile à prédire. « Les candidats qui font figure de favoris sont réellement les leaders des principaux partis politiques représentés dans l’ancienne opposition », explique M. Reeves.

Parmi eux figure Ahmed Ould Daddah, le chef du plus important parti, le Rassemblement des forces démocratiques. Il est également le jeune frère de l’ex-président Moktar Ould Daddah. Les autres favoris sont l’ancien marxiste Mohamed Ould Miloud, l’économiste Zeine Ould Zeidane qui est, à 41 ans, le benjamin des candidats, Messaoud Ould Boukheir, un descendant d’anciens esclaves, et l’ancien chef rebelle Saleh Ould Henenna.

Selon M. Reeve, plusieurs des candidats accusent la junte militaire de favoriser un autre candidat: Sidi Ould Cheikh Abdellahi, un ancien ministre âgé de 69 ans. « Avant le coup d’Etat militaire, le gouvernement était plus basé sur les pouvoirs militaires et l’a été depuis la fin des années 70. L’impression actuelle est que la junte aurait du mal à coopérer avec les candidats issus de l’ancienne opposition; ce qui fait planer une menace d’instabilité pour l’avenir », a expliqué l’expert.

Les candidats ont axé leur campagne sur des préoccupations presqu’identiques: La bonne gouvernance, la transparence dans la gestion des ressources, le renforcement de l’économie, d’autant plus que le pays se tourne de plus en plus vers le secteur pétrolier. Par ailleurs, beaucoup disent aussi qu’ils rompraient les liens avec Israël s’ils étaient élus. Saleh Ould Henenna a appelé à la libération d’islamistes radicaux emprisonnés; ce qui suscite l’inquiétude chez certains analystes qui pensent que cette élection pourrait conduire à une islamisation de la vie socio-politique en Mauritanie.

Le processus électoral s’est nettement amélioré à la faveur du référendum de juin et des législatives de novembre, a expliqué Jacques Villeux, directeur du bureau du National Democratic Institute (NDI) à Nouakchott. Dans un entretien avec Timothée Donangmaye, M. Villeux a expliqué que le matériel électoral est déjà en place et qu’il n’anticipe pas de problème quant à la collecte et la publication des résultats du scrutin.

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