Liens d'accessibilité

RDC: fin de campagne électorale mouvementée


La tension ne cesse de croître en RDC à mesure qu’approche le deuxième tour de l’élection présidentielle prévu le 29 octobre et devant opposer le président Joseph Kabila au vice-président Jean-Pierre Bemba. A la grande déception des électeurs congolais, un débat télévisé entre les deux candidats a été annulé à la dernière minute jeudi soir. La Haute autorité des médias, qui a pris cette décision, fait état d’un désaccord entre les deux camps sur le format du débat.

De l’avis d’un partisan de Jean-Pierre Bemba interrogé par la VOA, le débat doit avoir lieu pour que les Congolais puissent « savoir qui est capable et qui ne l’est pas. » Le camp de M. Kabila dit qu’il voulait, pour des raisons de sécurité, un débat préenregistré, où les candidats répondraient aux questions à partir d'endroits séparés. M. Bemba a fait savoir, pour sa part, qu’il voulait un face-à-face qui permettrait de jauger « les capacités intellectuelles » de chacun. Abondant dans le même sens, un habitant de Kinshasa interrogé par la VOA a expliqué que les gens veulent connaître le programme des hommes qui veulent diriger le pays et quelles solutions ceux-ci trouveront aux problèmes du Congo.

Un proche du président Kabila a affirmé que son camp redoute des coups « en dessous de la ceinture » au cours d’un face-à-face. M. Bemba pourrait remettre en cause la généalogie du président Kabila et le traiter d’étranger, estime la même source, ajoutant qu’il se peut que le vice-président s’en prenne physiquement au président Kabila.

Les partisans de M. Bemba, eux, disent que le président Joseph Kabila n’est pas du tout le fils du président Laurent Désiré Kabila, assassiné en 2001, mais plutôt son successeur désigné qui, insistent-ils, n’est même pas Congolais; ce que dément le président Joseph Kabila. Pour Mbwebwe Kabamba, leader du Front patriotique, formation proche de l’UDPS d’Etienne Tsisekedi, le plus important est que ces élections conduisent à une paix durable après des années mauvaise gouvernance et de conflit.

Lors d’une conférence de presse jeudi, le vice-président Jean-Pierre Bemba s’est montré rassurant tout en exigeant les garanties de sécurité. Il a déploré la dégradation de la situation sécuritaire qui, dit-il, s’est notamment traduite par des incidents à la prison de Makala à Kinshasa. M. Bemba a cité, entre autres, l’évasion de quatorze personnes condamnées en rapport avec l’assassinat, en 2001, du président Laurent Désiré kabila.

Dans un entretien avec Ferdinand Ferella, Tatiana Mosso du service télévision de la VOA a fait le point de sa visite à la prison de Makala où une fusillade a fait 9 blessés. Notre correspondant Eddy Isango a, de son côté, interrogé des Congolais sur leurs espoirs et déceptions par rapport au processus électoral.

XS
SM
MD
LG