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L’ex-Premier ministre Ouyahia écroué

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L'ex-Premier ministre Ouyahia écroué

L’ancien premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, à Alger, le 17 septembre 2018.

Quatre fois Premier ministre et proche d'Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia a été écroué mercredi dans le cadre d'enquêtes anticorruption et est le premier haut dirigeant politique algérien à rejoindre en prison plusieurs hommes d'affaires influents.

Agé de 66 ans, M. Ouyahia a été placé mercredi en détention provisoire par "le juge d'instruction près la Cour suprême" qui l'a entendu "dans des affaires (...) de dilapidation des deniers publics, d'abus de fonction et d'octroi d'indus privilèges", écrit l'agence de presse officielle APS, sans autres détails.

M. Ouyahia a été quatre fois Premier ministre entre 1995 et 2019, dont trois sous la présidence de M. Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, après 20 ans au pouvoir, par un mouvement de contestation sans précédent.

Alors chef de cabinet du président Bouteflika, il avait été nommé pour la dernière fois en 2017 et, puissant mais impopulaire, avait été limogé en mars dernier pour tenter, en vain, d'apaiser la contestation.

Ancien ministre des Travaux publics (2017-2019) après avoir été plusieurs fois wali (préfet), une fonction dotée de larges pouvoirs, Abdelghani Zaalane, également auditionné mercredi, a lui été relâché sous contrôle judiciaire, rapporte la télévision nationale sans autres détails.

Resté quelques jours directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika, avant que celui-ci ne soit contraint, face à la rue, de renoncer à un 5e mandat, M. Zaalane avait déposé la candidature du chef de l'Etat à la présidentielle du 18 avril, ensuite annulée, alors que celui-ci était hospitalisé à Genève, officiellement pour des "examens périodiques" subis depuis un AVC en 2013 qui l'a laissé handicapé.

- "Prochaine comparution" -

Selon APS, "d'autres responsables" doivent "comparaître (...) devant le juge d'instruction près de la Cour suprême", seule juridiction compétente pour instruire les crimes et délits susceptibles d'avoir été commis dans l'exercice de leurs fonctions par des membres du gouvernement, des walis et certains hauts magistrats.

MM. Ouyahia et Zaalane figurent parmi les 12 anciens ministres et préfets dont le Parquet d'Alger a annoncé avoir transmis les dossiers fin mai à la Cour suprême, dans le cadre des enquêtes visant, notamment pour des faits présumés de corruption, Ali Haddad, ancien patron des patrons et PDG du n°1 privé des travaux publics en Algérie, en détention préventive.

Le Parquet d'Alger a en outre indiqué mardi avoir transmis à la Cour suprême les dossiers de 11 responsables et anciens responsables visés dans l'enquête contre un autre influent homme d'affaires, Mahieddine Tahkout, placé lundi en détention provisoire pour des faits de corruption et de blanchiment.

Sans donner de noms, le Parquet avait indiqué qu'étaient concernés un ancien Premier ministre et d'anciens ministres, en plus d'un ministre en poste et de cinq anciens walis et de deux en fonctions.

Selon APS, M. Ouyahia a été entendu dimanche par un magistrat du tribunal d'Alger dans l'affaire Takhout.

- Des richissimes dans le viseur -

Depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption et de "dilapidation des deniers publics".

Plusieurs richissimes hommes d'affaires, la plupart soupçonnés d'avoir profité de leurs liens avec le chef de l'Etat déchu ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics, ont été incarcérés, mais Ahmed Ouyahia est le premier haut responsable politique envoyé en prison dans ces affaires.

Lundi, la justice a annoncé poursuivre 38 fonctionnaires d'administrations ou de ministères dans le cadre de l'affaire Tahkout, en plus de l'intéressé, deux de ses frères et son fils - dirigeants de son groupe - et trois de ses salariés.

Dix-neuf personnes ont été incarcérées, y compris les quatre membres de la famille Tahkout. Le groupe Takhout possède notamment l'un des plus importants réseaux de concessionnaires automobiles en Algérie, une usine d'assemblage d'automobiles Hyundai, une chaîne de télévision et gère une large part du secteur des transports universitaire et urbain, via des contrats publics.

Par ailleurs, deux membres de la Chambre haute du Parlement, Saïd Barkat et Djamel Ould Abbes, anciens ministres et pour le second ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), parti de M. Bouteflika, ont annoncé renoncer à leur immunité parlementaire, dont la levée était réclamée.

Certains observateurs craignent que ces enquêtes servent le double objectif d'offrir des "têtes" à la contestation - qui qualifie depuis le 22 février les dirigeants algériens de "gang" de "voleurs" ayant "pillé le pays" - tout en favorisant une purge dans le cadre de luttes de clans au sommet.

Le départ du président Bouteflika n'a pas calmé la contestation qui continue de réclamer massivement le départ de l'ensemble des anciens fidèles, toujours aux commandes, du président déchu, en tête desquels le président par interim Abdelkader Bensalah et le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu de fait le véritable homme fort du pays.

Avec AFP

Impasse politique en Algérie

Les étudiants brandissent une banderole portant la mention "contre la mafia politico-financière" lors d'une manifestation à Alger le 11 juin 2019.

L’Algérie est toujours dans une impasse politique. Les manifestants campent sur leur position. Ils continuent de rejeter des élections présidentielles organisées par le pouvoir en place.

Le gouvernement algérien par intérim affirme continuer à appeler au “dialogue, l’unique solution à la crise”. Mais ni la classe politique ni la société civile ne répondent favorablement à cet appel.

Les Algériens s’apprêtent à entamer leur 17ème semaine de manifestation. Ils demandent, encore et toujours, le départ des symboles du pouvoir laissé par l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

Impasse politique en Algérie
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Vendredi, lors de la précédente marche hebdomadaire, ils ont rejeté l’appel au dialogue du Chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, diffusé la veille sur la chaîne de télévision publique. Les partis politiques étaient rares à réagir, qualifiant ce discours de “non-événement”.

La société civile, de son côté, a décidé de bouger. Des centaines de syndicats, associations et collectifs ont organisé une réunion pour aboutir “une feuille de route” de sortie de crise. Mais la rencontre n’a pas abouti à un accord final. Le point de divergence entre les participants est le modèle de transition à adopter.

Algérie: 1er vendredi de manifestations depuis l'annulation de la présidentielle
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Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique, a déclaré à VOA Afrique :

“Une minorité absolue défend la proposition d’aller vers une assemblée constituante, un débat ouvert avec une conférence nationale avant d’aller vers des élections, locales, puis législatives avant les présidentielles. La majorité n’est pas dans ce sens et cela n’a pas fait plaisir à certains. On est en train d’avancer pour essayer de trouver un consensus”.

Les étudiants, eux aussi, rejettent le dialogue. Ils l’ont fait savoir ce mardi en marchant dans plusieurs villes du pays. “Pas de dialogue, bande de voleurs”, scandaient-ils.

Sami, 24 ans, est étudiant dans une universitié à Alger. Il explique pourquoi il a participé à cette marche : “Nous marchons pour répondre à ces autorités qui tentent de ruser avec nous. Ils disent vouloir dialoguer mais leur histoire prouve que leur “dialogue” a toujours été un échec. Nous leur disons que nos revendications sont un état civil et non militaire. Nous leur disons que ceci n’est pas un mouvement mais une révolution. Nous ne reconnaissons pas ce pouvoir”.

Impasse politique en Algérie

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16ème mardi consécutif de protestations pour les étudiants algériens

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