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Bouteflika a envoyé sa démission au Conseil constitutionnel

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a rencontré le chef d'état-major de l'armée, le lieutenant-général Ahmed Gaid Salah, à Alger, en Algérie, dans le document en question, tiré d'une séquence télévisée publiée le 11 mars 2019.

Le chef de l'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, cible d'une contestation inédite depuis un mois, a informé le Conseil constitutionnel de sa démission "à compter d'aujourd'hui", mardi, ont annoncé les médias officiels, citant la présidence de la République.

Au pouvoir depuis 20 ans, M. Bouteflika "a avisé officiellement le Conseil constitutionnel de la fin de son mandat de président de la République" à partir "d'aujourd'hui", mardi, indique un bandeau déroulant sur la télévision nationale, peu après la remise en cause explicite par l'armée algérienne de l'autorité de la présidence.

L'agence de presse officielle APS a indiqué que le président de la République avait "notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat".

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C'est le président du conseil de la Nation (chambre haute) Abdelkader Bensalah qui doit assurer l'intérim selon la constitution algérienne.

Un concert de klaxons a accueilli la nouvelle de la démission de M. Bouteflika à Alger, mais les Algérois ne sont pas sortis dans la rue dans l'immédiat.

Lundi, la présidence algérienne avait annoncé dans un communiqué que M. Bouteflika démissionnerait avant l'expiration de son actuel mandat le 28 avril, après avoir pris des "mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition", sans autre précision.

Mardi, à l'issue d'une réunion des plus hauts gradés de l'armée, son chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, a estimé que ce communiqué n'émanait pas du chef de l'Etat mais "d'entités non constitutionnelles et non habilitées".

"Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue", avait poursuivi le général Salah, laissant entendre que l'armée pourrait ne plus se soumettre aux décisions venant de la présidence.

Cette démission intervient après plus d'un mois de crise politique débutée avec l'annonce le 10 février d'Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et très affaibli par un AVC en 2013, de briguer un cinquième mandat lors d'une élection présidentielle qui était initialement prévue le 18 avril mais a par la suite été repoussée sine die.

Mobilisation en Algérie malgré l’annonce du départ prochain de Bouteflika : L'analyse de Mahdi Alioui

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Algérie: la rue toujours sceptique

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La rue toujours pas convaincue malgré l’annonce du départ prochain de Bouteflika

Des manifestants algériens scandent des slogans alors qu'ils manifestent dans la capitale, Alger, contre la candidature de leur président à un cinquième mandat, le 24 février 2019.

Un millier d'étudiants manifestent de nouveau mardi à Alger, au lendemain de l'annonce de la prochaine démission -d'ici au 28 avril- du président Abdelaziz Bouteflika, une décision qui a été accueillie avec méfiance.

Confronté à plus d'un mois de contestation massive et inédite, M. Bouteflika, le dirigeant algérien qui sera resté le plus longtemps au pouvoir -20 ans-, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions d'ici la fin de son mandat le 28 avril.

Semaine après semaine, le président de 82 ans a tenté de s'accrocher au pouvoir, multipliant les propositions assimilées par la rue à des manoeuvres, sans jamais réussir à calmer la contestation.

Après avoir renoncé à briguer un 5e mandat, dont la perspective avait déclenché les manifestations, M. Bouteflika a reporté sine die la présidentielle prévue le 18 avril, tout en prévoyant, pour organiser la réforme du pays, de rester en fonction un temps indéterminée à l'issue de son mandat, en vue d'organiser une transition.

Cette option a été catégoriquement rejetée par la rue, et le président algérien a fini par l'abandonner après avoir été massivement lâché par son camp ses dernières semaines.

- "Poisson d'avril" -

"Non-événement", "poisson d'avril", la démission annoncée de celui dont des millions d'Algériens ont réclamé le départ depuis plus d'un mois a suscité plus de haussements d'épaules que de joie.

"Je me demande ce que ça cache", a réagi Yasmine, 30 ans, soupçonnant comme de nombreux Algériens une nouvelle manoeuvre de M. Bouteflika et de ses proches pour rester au pouvoir.

Dans le cortège étudiant, Meriem Medjdoub, en 2e année de psychologie à Alger, estime que "la démission de +Boutef n'apporte rien+". "Nous réclamons un changement radical".

Pour Imen Zaaf, en 2e année d'anglais, cette démission annoncée "est une diversion" car, comme "après chaque mobilisation de rue (...), ils cherchent à gagner du temps".

"Le départ de Bouteflika est une partie de la solution", avance Amina Yahyaoui, étudiante en journalisme, mais "il faut qu'il soit suivi du départ de tous les membres de ce gouvernement et il faut ensuite laisser le peuple voter librement pour élire un président".

Pour le quotidien francophone El Watan, "le signal fort attendu s'apparente à une demi-mesure qui laisse tout le monde sur sa faim tant que la démission d'+AB+ n'aura pas été formulée et tant que le départ de tout ce qui symbolise le système n'aura pas été réellement enclenché".

"La fin du long règne de Bouteflika est loin d'être synonyme de celle du système", se méfie Liberté, autre titre francophone, tout en saluant "une victoire importante pour le peuple".

- "Guerre des clans"? -

Les "importantes mesures" que le chef de l'Etat a indiqué lundi devoir prendre "pour assurer la continuité" de l'Etat durant la période de transition, avant de remettre formellement sa démission, suscitent toutes sortes de spéculations.

Certains y voient la volonté de placer "ses hommes" pour garder la main durant l'intérim.

Election d'un nouveau président de la Chambre haute, que la Constitution charge de l'intérim? Limogeage du général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, fidèle soutien qui a fini par lâcher le chef de l'Etat en prônant son départ du pouvoir?

Dans le même temps, les enquêtes annoncées contre d'influents hommes d'affaires liés au proche entourage du chef de l'Etat laisse craindre une possible "guerre de clans" au sommet de l'Etat.

Ali Haddad, patron des patrons démissionnaire, riche et influent homme d'affaires proche du premier cercle présidentiel, a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche à un poste frontière avec la Tunisie. Il doit être transféré mardi devant un juge d'instruction à Alger.

Pour l'heure, selon la presse, il ne lui est reproché qu'une infraction à la législation sur les changes: la fouille de sa voiture a permis de découvrir des devises et des dinars algériens qu'il aurait dû déclarer à la Douane.

L'annonce de la composition du nouveau gouvernement algérien

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