Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Algérie

Bouteflika candidat, les jeux sont faits, constatent les médias

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 23 novembre 2017.

Avec l'officialisation de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle, les jeux sont faits, estiment les médias locaux. Mais si la plupart en restent à ce constat, certains ne masquent pas leur "peur" d'un mandat "de trop" face à la "soif de changement" des Algériens.

Après des mois de spéculations autour de ses intentions, M. Bouteflika a annoncé dimanche sa candidature à un cinquième mandat dans un "message à la Nation" diffusée par l'agence officielle APS.

Âgé de 81 ans et au pouvoir depuis deux décennies, le chef de l'Etat est cloué dans un fauteuil roulant depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013 qui a également affecté son élocution.

Dans son message, Abdelaziz Bouteflika, dont la réélection en 2014 avait déjà suscité la perplexité, rappelle le bilan de ses quatre mandats écoulés. Il admet des forces physiques amoindries et annonce une "Conférence nationale" ouverte à l'opposition et destinée à accoucher de réformes institutionnelles, économiques et sociales.

Avec cette annonce, M. Bouteflika "met fin au faux suspense", écrit Le Soir d'Algérie. "Désormais officiellement candidat", il est "donc certain d'être toujours" aux commandes "au-delà du 18 avril", date du scrutin, estime-t-il.

- Roulette russe -

Incisif, le quotidien francophone El Watan déplore lui "une candidature qui fait peur", en la comparant à une roulette russe dans un dessin montrant M. Bouteflika sous forme d'unique cartouche glissée dans un barillet de revolver.

Un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika "ne fera qu'aggraver les maux des mandats antérieurs et donc accélérer le chaos du pays", s'inquiète le journal.

Abdelmalek Sellal, son directeur de campagne tout juste nommé, "va vendre du bluff" et devoir "convaincre les Algériens de donner leur voix à un homme pratiquement grabataire", écrit encore le journal.

Pour le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie) le chef de l'Etat est désormais "candidat à la présidence à vie". Mais "la soif de changement est palpable dans toutes les franges de la société et ce cinquième mandat se présente comme celui de trop", fait-il valoir, en notant que M. Bouteflika est dans l'incapacité "de s'adresser directement à ses concitoyens depuis plus de six ans ou de mener sa campagne électorale sur le terrain".

"Comment convaincre les électeurs, dont au moins une partie ont vécu le quatrième mandat comme celui de trop, de donner son quitus pour un cinquième ?", ajoute le site : "le pouvoir (...) a pensé à une vente concomitante: réformes politiques contre cinquième mandat".

Une analyse partagée par le quotidien francophone Liberté: "la pilule d'une candidature contestée d'un président très démuni physiquement a besoin de quelques promesses alléchantes pour mieux passer auprès d'une opinion publique quelque peu réfractaire" à un nouveau mandat.

Pour le journal, M. Bouteflika "promet de faire encore ce qu'il a été incapable de faire en 20 ans".

- "Président invisible" -

A l'inverse, le quotidien Reporters salue ces propositions de "réforme "profonde", y voyant une "proposition pour une transition consensuelle (...) devenue inéluctable" et "des "perspectives ouvertes pour l'opposition demandeuse d'un changement de fond".

Dans les rues d'Alger, l'annonce du président semble diviser.

Aïcha Zaidi, femme de ménage quinquagénaire a vécu "25 ans dans un gourbi". "Grâce à lui, j'ai un logement décent pour ma famille. Alors je vote pour" M. Bouteflika, a-t-elle confié à l'AFP près de la Grande Poste, en plein centre d'Alger.

Said Salem, 65 ans, "veut la paix", alors il votera pour le chef de l'Etat --artisan de la paix après une décennie de guerre civile (1992-2002)-- "au lieu des autres qu'on ne connaît pas".

A l'inverse, Hamid Bramimi, autre retraité de 75 ans, clame sa "honte": "nous sommes devenus la risée du monde avec un président invisible".

A côté de lui, dans le quartier populaire de Bab al-Oued, Karim, 22 ans, rigole: "Bouteflika, c'est Highlander", héros immortel d'un film et d'une série télévisée. Puis, l'air plus grave, il ajoute: "Dès que je peux, je +trace+, je préfère mourir en mer que rester sans espoir".

Il n'est pas le seul à faire preuve de fatalisme. Faiza, vendeuse, la cinquantaine, n'ira pas voter: cette candidature "était prévisible comme le nez au milieu de la figure" et M. Bouteflika "passera" quoi qu'il en soit, lance-t-elle.

Pour Said Benmohamed, quadragénaire exerçant une "profession libérale", "tant que c'est le même pouvoir, lui ou un autre, c'est kif-kif".

Bouteflika confie sa campagne électorale à Sellal pour la 4ème fois

Bouteflika confie sa campagne électorale à Sellal pour la 4ème fois
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:12 0:00

Le président Abdelaziz Bouteflika candidat à la présidentielle du 18 avril

Le président Abdelaziz Bouteflika candidat à la présidentielle du 18 avril
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:17 0:00

Abdelaziz Bouteflika brigue un 5e mandat

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika dans un bureau de vote à Alger le 23 novembre 2017.

Le président algérien a annoncé qu'il sera candidat à la présidentielle du 18 avril pour un cinquième mandat, malgré des problèmes de santé qui l'ont considérablement affaibli.

Le chef de l'Etat algérien, 81 ans, au pouvoir depuis deux décennies, a annoncé dimanche cette candidature dans un "message à la Nation" diffusé par l'agence officielle APS.

A moins d'un mois de la clôture officielle des candidatures, le 3 mars à minuit (23H00), cette annonce met fin à d'interminables spéculations, entretenues par le silence de M. Bouteflika sur ses intentions, malgré les appels insistants de son camp depuis avril dernier à ce qu'il se représente.

Cette candidature semblait toutefois acquise depuis une semaine, l'Alliance présidentielle, coalition des quatre partis qui le soutiennent, ayant désigné le 2 février M. Bouteflika comme leur candidat.

Samedi, son propre parti, le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), membre de l'Alliance avait organisé un grand rassemblement de soutien au chef de l'Etat.

Cloué dans un fauteuil roulant par un accident vasculaire cérébral (AVC) depuis 2013, le président Bouteflika n'apparaît plus que rarement en public -la dernière fois le 1er novembre 2018- et ne s'exprime plus publiquement.

En 2014, c'est son Premier ministre Abdelmalek Sellal qui avait annoncé la candidature du président sortant.

Dans son "message à la Nation" diffusé dimanche par l'APS, M. Bouteflika, en annonçant sa candidature, devance les critiques sur son état de santé, qui selon certains de ses opposants, le rend inapte à gouverner.

- "Forces physiques" -

"Bien sûr, je n'ai plus les mêmes forces physiques qu'avant, chose que je n'ai jamais occultée à notre peuple", écrit le chef de l'Etat, "mais la volonté inébranlable de servir la Patrie ne m'a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé auxquels chacun peut être un jour confronté".

Il désamorce également les critiques de ceux qui l'accusent de vouloir accaparer, à son profit ou celui de son clan, le pouvoir, en promettant, s'il est élu, la convocation d'une "Conférence nationale" regroupant "toutes les forces politiques, économiques et sociales de la Nation".

Cette conférence sera chargée de faire émerger un "consensus sur les réformes et les changements" que devra engager l'Algérie, indique M. Bouteflika, qui précise toutefois que c'est lui qui s'occupera de la concrétisation des conclusions de la conférence.

Parmi les thèmes qui seront abordés figurent, entre autres, "une présence plus forte des jeunes" au sein des institutions politiques, la volonté de "vaincre le fléau de la bureaucratie", la "mise en place de mécanismes de démocratie participative", ou encore réformes économiques "sans dogmatisme aucun".

Dans le même temps, Abdelmalek Sellal a été nommé directeur de campagne de M. Bouteflika, dont il a déjà dirigé les trois précédentes campagnes présidentielles (2004, 2009 et 2014).

"Le candidat vient avec un projet fort et nouveau pour poursuivre ses réalisations au bénéfice des Algériens avec de nouvelles réformes politiques et économiques", a déclaré M. Sellal, à la télévision privée Ennahar.

Pour l'heure, seuls Abderrazak Makri, chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP),principal parti islamiste algérien, et le général à la retraite Ali Ghediri, pourfendeur du pouvoir et jusqu'ici inconnu du public algérien, ont annoncé leur intention de se porter candidat le 18 avril.

Le principal adversaire de M. Bouteflika en 2004 et 2014, son ancien Premier ministre Ali Benflis n'a pas encore annoncé s'il se présenterait.

Bouteflika "pas en mesure" d'effectuer un 5e mandat

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika à sa résidence officielle à Zeralda, dans la banlieue d'Alger, le 10 avril 2016.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, que son camp appelle à se représenter à la présidentielle du 18 avril, n'est pas en mesure d'effectuer un 5e mandat "en raison de sa maladie", a estimé mercredi le principal parti islamiste algérien.

Au pouvoir depuis 1999, "Abdelaziz Bouteflika n'est pas en mesure de continuer à gouverner en raison de la nature de sa maladie", estime dans un communiqué reçu par l'AFP à Alger le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), dont le chef Abderrazak Makri a lui même annoncé son intention d'être candidat à la présidentielle.

"Sa candidature à un 5e mandat n'est pas dans son intérêt, mais dans celui de ceux qui tirent profit de cette situation. Ils assumeront l'entière responsabilité de ce qui découlera (...) et des dangers qui menacent le pays", poursuit le MSP.

Les quatre partis de l'Alliance présidentielle au pouvoir en Algérie ont désigné samedi officiellement M. Bouteflika comme leur candidat à la présidentielle.

Bien que pressé depuis plusieurs mois par son camp de briguer un nouveau mandat, M. Bouteflika, diminué par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime en 2013, n'a toujours pas fait part de ses intentions, à moins d'un mois de la clôture du dépôt des candidatures.

Les candidats ont jusqu'au 3 mars minuit (23H00 GMT) pour déposer leur dossier au Conseil constitutionnel.

Ancien membre de la coalition ayant soutenu M. Bouteflika, le MSP, qui se présente comme "modéré", s'en est éloigné depuis 2012.

Lors de la précédente présidentielle en 2014, le parti avait déjà estimé, avec d'autres formations d'opposition, que "l'Algérie court à la catastrophe si Bouteflika décroche un 4e mandat".

Voir plus

XS
SM
MD
LG