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Des Nigérians fuient la terreur de Boko Haram

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La Céni nigériane sous pression des partis politiques

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Buhari appelle à sévir contre les trucages de scrutin

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Buhari appelle l'armée à sévir contre les fraudeurs

Le président nigérian Muhammadu Buhari est célébré alors qu'il est nommé candidat à la présidence du APC (Congrès progressiste) nigérian au pouvoir à Abuja le 6 octobre 2018.

Le chef d'Etat nigérian Muhammadu Buhari a appelé lundi l'armée a être "sans pitié" envers ceux qui voudraient truquer le scrutin de samedi, prévenant qu'ils le feraient "au péril de leur vie": un appel à "tirer sur des innocents", s'est aussitôt insurgé l'opposition.

La commission électorale indépendante (INEC) a reporté les élections générales (présidentielle, législatives et sénatoriales) du 16 au 23 février, quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote samedi, arguant de graves problèmes logistiques.

"J'ai déjà ordonné à la police et à l'armée d'être sans pitié. Nous n'allons pas être tenus pour responsables à la place de ceux qui décident de voler des urnes, ou d'utiliser des criminels pour perturber le scrutin" a déclaré le chef de l'Etat, en lice pour un second mandat, lors d'une réunion de son parti retransmise à la télévision nationale.

"Ça sera probablement le dernier acte criminel qu'il (le fraudeur) commettra", a martelé l'ancien général, qui avait déjà dirigé le Nigeria en 1983 après un coup d'Etat.

L'un de ses conseillers en communication a salué cette déclaration sur Twitter: "Le Président (Général) Muhammadu Buhari ne plaisante pas!", a écrit Johannes Tobi, faisant une référence directe au passé militaire du président, d'habitude passé sous silence, pour ne pas rappeler les décennies de dictatures militaires qui ont précédé la transition démocratique de 1999. Un tweet d'ailleurs rapidement effacé.

Le principal parti de l'opposition, le Parti Populaire Démocratique (PDP) a lui aussitôt dénoncé des "menaces". "C'est un appel ouvert pour que les gens se fassent eux-mêmes justice", a critiqué Kola Ologbondiyan, porte-parole du PDP, dans un communiqué.

"Nous savons que le président Buhari, qui s'est déjà targué d'être indétrônable, peut faire usage de moyens dictatoriaux et tyranniques pour empêcher le déroulement d'élections libres et transparentes", a regretté le PDP.

- "Sabotage" -

Le nouveau hashtag #snatchatyourownrisk (vole à tes risques et périls) a aussitôt fait le buzz sur les réseaux sociaux nigérians, beaucoup regrettant des propos "haineux", d'autres encourageant la fermeté du chef de l'Etat.

Après l'annonce du report du scrutin d'une semaine, les deux partis principaux, le parti au pouvoir (APC, Congrès des Progressistes) et le PDP se sont accusés mutuellement de "sabotage", mais ils ont tous deux appelé leurs partisans au calme en attendant le vote.

Toutefois, la tension a commencé à monter lundi entre les deux camps qui se livrent à une guerre des mots de plus en plus virulente.

Le président du parti au pouvoir, Adams Oshiomhole, a accusé l'INEC de "travailler avec des forces anti-démocratiques pour saper le processus électoral".

Prenant la parole lors de la réunion extraordinaire du parti à Abuja, il a demandé la démission du président de la Commission, Mahmood Yakubu, comme l'avait fait dimanche son homologue de l'opposition.

APC et PDP ont aussi assuré qu'ils iraient à l'encontre de l'INEC, qui a demandé à tous les candidats de suspendre leur campagne électorale.

- Plainte contre le gouvernement -

"Le PDP rejette toute interdiction injuste de rouvrir la campagne", a déclaré Kola Ologbondiyan, porte-parole de l'opposition dans un communiqué dimanche soir. "Une telle interdiction est injuste et va à l'encontre de notre code électoral ou de n'importe quelle loi de ce pays".

La direction de l'APC a également fait savoir que sa campagne reprenait, la loi imposant de s'arrêter 24 heures avant le scrutin.

"Demander la démission du président de l'INEC, plutôt que de s'attaquer aux racines du problème est une excuse trop facile pour se dédouaner de toute responsabilité", a dénoncé dimanche le groupe de la société civile SERAP, qui a menacé de porter plainte contre le gouvernement et le président de l'Assemblée nationale "une fois que seront passés les scrutins".

Ce n'est pas la première fois qu'une élection est reportée au Nigeria. En 2011, les élections générales ont été retardées deux fois - et alors même que le vote avait déjà débuté, le président de la commission électorale évoquant alors une situation d'"urgence", avec de nombreux bureaux sans matériel électoral.

Le Nigeria s'était ensuite embrasé dans des violences post-électorales entre chrétiens et musulmans qui avaient fait plus de 1.000 morts à travers le pays.

En 2015, le gouvernement du président Goodluck Jonathan avait également reporté le scrutin de six semaines, arguant des problèmes de sécurité dans le Nord-Est, après des années d'enlisement du conflit contre les jihadistes de Boko Haram.

Boko Haram tue deux soldats dans le nord-est du Nigeria

Des soldats de la 7e division de l'armée nigériane se préparent à quitter Maiduguri dans un convoi lourdement armé sur la route de Damboa dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, le 25 mars 2016.

Au moins deux soldats nigérians ont été tués et six blessés dans une attaque de Boko Haram contre un poste militaire dans le nord-est, près de la frontière camerounaise, ont affirmé lundi à l'AFP des responsables des services de sécurité.

Des combattants soupçonnés d'appartenir à la faction du leader historique Abubakar Shekau ont attaqué dimanche soir des soldats près de la ville de Banki, à une quinzaine de km de la frontière avec le Cameroun.

"Nous avons perdu deux soldats lorsque les terroristes de Boko Haram ont attaqué vers 17H30" (16H30 GMT), a assuré sous couvert d'anonymat un officier basé à Banki. "Six soldats ont également été blessés dans l'attaque", a-t-il ajouté.

Un milicien engagé aux côtés de l'armée dans la lutte contre Boko Haram a confirmé l'incident et donné le même bilan, précisant que les blessés avaient été évacués dans un hôpital près de Mora, au Cameroun.

Banki, située à une centaine de km au sud-est de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno et berceau de Boko Haram, accueille quelque 45.000 déplacés de ce conflit qui dure depuis 10 ans. Elle a été visée à de nombreuses reprises par les insurgés qui attaquent à la fois l'armée et les civils.

Le président sortant, Muhammadu Buhari, brigue un second mandat. Il a été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer le groupe djihadiste Boko Haram, mais est fortement critiqué pour son bilan sécuritaire et économique.

La présidentielle, les législatives et les élections sénatoriales de samedi, qui ont été repoussées d'une semaine, s'annoncent très disputées entre le parti au pouvoir et le principal mouvement de l'opposition, le Parti populaire démocratique (PDP).

L'Etat du Borno est l'épicentre des violences du groupe depuis 2009. Plus de 27.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement djihadiste en 2009 et 1,8 million personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Samedi, quatre soldats ont été tués par des combattants de la faction du groupe de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) qui ont attaqué une base militaire à Buni Yadi, dans l'Etat voisin de Yobe, selon l'armée.

Cinq civils ont également été tués et 11 autres blessés par les échanges de tirs au cours de cette attaque qui a fait cinq morts dans les rangs des jihadistes.

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