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Nigeria

Le plus haut magistrat nigérian inculpé

Walter Samuel Nkanu Onnoghen, président de la Cour suprême du Nigeria.

Le président de la Cour suprême du Nigeria, plus haut magistrat du pays, a été inculpé pour ne pas avoir déclaré tous ses avoirs, a annoncé samedi un tribunal spécialisé.

Walter Samuel Nkanu Onnoghen comparaîtra lundi devant trois juges à Abuja, a déclaré le porte-parole du tribunal du code de conduite, Ibraheem Al-Hassan.

Le porte-parole n'a pas donné de précisions sur les faits reprochés au magistrat. Mais PR Nigeria, qui publie les communiqués du gouvernement, a précisé que les faits reprochés porteraient sur plusieurs comptes bancaires en dollars, euros et livres sterling.

Aux termes de la loi, tous les responsables officiels doivent déclarer leurs avoirs et ne sont pas autorisés à détenir des comptes en devises.

Le tribunal du code de conduite est une juridiction d'exception portant sur les questions éthiques qui est compétent pour les non-déclarations ou fausses déclarations d'avoirs.

En 2015, le président du Sénat, Bukola Saraki, troisième personnage de l'Etat, avait été accusé de fausse déclaration par ce tribunal à l'époque où il était gouverneur de l'Etat de Kwara (2003-2011).

Le tribunal avait tranché en juin 2016 par un non-lieu, mais la Commission des crimes économiques et financiers avait contesté cette décision.

La cour d'appel avait décidé que M. Saraki devait être poursuivi à nouveau. Ce dernier avait porté l'affaire devant la Cour suprême qui l'avait acquitté.

M. Saraki, qui avait pris la tête du Sénat contre l'avis du chef de l'Etat, Muhammadu Buhari, avait affirmé que l'affaire était purement politique.

Une vingtaine de morts après l'explosion d'un camion citerne dans l'Etat de Cross River

Un pompier près des camion citernes en flammes après un attentat suicide à Maiduguri, Nigeria, le 3 mars 2017.

De nombreuses personnes pourraient avoir trouvé la mort dans l'accident d'un camion-citerne transportant du pétrole qui a pris feu et explosé après avoir dévié de sa trajectoire, dans le sud-est du Nigeria.

L'accident s'est produit vendredi vers 17 heures (16 heures GMT) dans la région d'Odukpani, dans l'Etat de Cross River, juste au nord de sa capitale, Calabar. Des habitants se sont précipités pour récupérer le pétrole qui s'échappait du camion-citerne lorsqu'il a pris feu, ce qui a provoqué l'explosion.

"Le nombre de victimes est élevé" mais "je ne peux pas en confirmer le nombre exact", a déclaré une porte-parole de la police de l'Etat de Cross River, Irene Ugbo.

Un habitant, Akpan Imon, a affirmé qu'au moins 18 personnes sont mortes. "J'ai compté 18 corps, dont ceux de femmes et d'enfants brûlés jusqu'à ne plus être identifiables", a-t-il dit.

"Je pense que le bilan pourrait être plus élevé parce que des habitants de communautés voisines ont afflué" sur les lieux de l'accident, a-t-il ajouté.

Selon un autre habitant, Sunday Ibor, "plus de 20 corps" ont été évacués.

Les blessés ont été évacués à l'hôpital de l'université de Calabar pour des brûlures à différents degrés.

Selon la porte-parole de la police, l'explosion pourrait être due au choc des conteneurs en métal utilisés pour recueillir le pétrole.

Les explosions de camions-citernes et de pipelines sont fréquentes au Nigeria dont la majorité de la population vit dans la pauvreté bien que le pays soit le premier producteur de pétrole du continent, avec près de 2 millions de barils par jour.

Les incendies et les explosions surviennent souvent lorsque des habitants tentent de siphonner du pétrole des oléoducs ou lorsque des camions-citernes ont des accidents sur les routes mal entretenues du pays.

En juillet 2012, au moins 104 personnes avaient été tuées et une cinquantaine blessées alors qu'elles essayaient de retirer du pétrole d'un camion-citerne accidenté dans l'Etat de Rivers (sud). La plupart sont mortes quand le véhicule a pris feu.

En juin 2018, au moins neuf personnes sont mortes à Lagos, la capitale économique du pays, lorsqu'un accident impliquant un camion-citerne a provoqué un incendie qui a carbonisé plus de 50 véhicules.

Boko Haram ordonne aux populations de quitter leur foyer selon l'armée

Des Nigériens se déplacent vers un abri, le 25 mai 2015.

Les combattants du groupe jihadiste Boko Haram forcent les civils à quitter leurs foyers dans le nord-est du Nigeria, a affirmé jeudi l'armée nigériane, dans un contexte de recrudescence des violences.

Le porte-parole de l'armée Onyema Nwachukwu a dit dans un communiqué avoir des "informations crédibles" selon lesquelles les jihadistes ont "infiltré des villages" aux alentours de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri.

"Ils menacent des habitants innocents et les mettent en garde de quitter leurs maisons", affirme l'armée.

Mercredi, les Nations Unies ont révélé que plus de 30.000 personnes étaient venues se réfugier à Maiduguri, fuyant les violences entre l'armée et Boko Haram dans la région de Baga et Monguno.

Cette annonce est un camouflet pour le gouvernement nigérian et l'armée, qui ne cessent de répéter que la situation est sous contrôle dans la région du Lac Tchad, malgré des attaques constantes contre les bases militaires, qui ont fait des dizaines voire des centaines de morts parmi les soldats.

Un membre des milices civiles, qui combattent Boko Haram aux côtés de l'armée, a expliqué à l'AFP que les combattants avaient prévenu les civils d'une attaque sur le village de Jakana, ainsi qu'à Mainok, sur la route entre Maiduguri et Damaturu (Etat de Yobe).

Les civils du nord-est du Nigeria sont au coeur d'un conflit qui a fait 27.000 morts depuis 2009, et pris en étau entre les insurgés et l'armée, souvent accusée de commettre des exactions et violations des droits de l'Homme.

Dans son communiqué, le porte-parole insiste d'ailleurs sur le fait que toute personne ne donnant pas d'informations sur les mouvements des combattants "sera considérée elle-même comme +terroriste+".

L'ONU estime que plus de 1,7 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer, la grande majorité d'entre elles vivant dans des camps de déplacés et dépendant exclusivement de l'assistance humanitaire pour leur survie.

Plus de 30.000 personnes ont fui en trois semaines après des attaques de Boko Haram

Une procession funéraire d'un des agriculteurs tués par les militants de Boko Haram à Kalle, un village reculé situé à 17 km de la capitale Maiduguri, le 20 octobre 2018.

Plus de 30.000 personnes se sont réfugiées à Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, depuis le 20 décembre, à la suite d'une recrudescence des combats entre l'armée nigériane et le groupe jihadiste Boko Haram, ont annoncé mercredi les Nations unies.

"Plus de 30.000 déplacés sont arrivés à Maiduguri ces dernières semaines, majoritairement de Baga", ville dont Boko Haram a temporairement pris le contrôle, a révélé l'ONU dans un communiqué, parlant d'une "tragédie humanitaire", alors que les chiffres officiels donnaient jusqu'à présent seulement quelques milliers de déplacés.

"Les Nations unies sont extrêmement inquiètes des conséquences des violences sur les populations civiles, dans le nord-est du Nigeria, particulièrement dans l'Etat du Borno", coeur du conflit qui ravage le pays depuis près de dix ans, a dénoncé Edward Kallon, coordinateur de l'ONU pour le Nigeria, après une visite dans les camps.

"Quelque 260 travailleurs humanitaires ont été obligés de quitter les districts de Monguno, Kala/Balge et Kukawa, zones affectées par le conflit depuis novembre, mettant en péril l'assistance humanitaires pour des centaines de milliers de personnes", a regretté M. Kallon.

On estime qu'1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer dans la région du Lac Tchad. Le conflit a fait plus de 27.000 morts depuis 2009.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, qui avait régulièrement affirmé depuis décembre 2015 que l'insurrection jihadiste était "techniquement vaincue", a reconnu lundi que l'armée essuyait des revers dans sa lutte contre Boko Haram.

Les insurgés multiplient leurs attaques depuis six mois, notamment contre les bases militaires, et ont tué des dizaines, voire des centaines de soldats. Les militaires nigérians ont récemment posté de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux se plaignant de leur très mauvaises conditions de vie et de leur équipement hors d'usage.

- Camouflet -

La prise temporaire de la ville de Baga le 27 décembre est une nouvelle démonstration de force: en quelques heures, les assaillants ont mis en déroute les 500 à 600 soldats de la Force multinationale mixte (MNJTF), composée d'unités du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun.

Mardi, le gouverneur de l'Etat du Borno s'est rendu à Monguno où, théâtralement, il a pleuré sur les victimes du conflit implorant de l'aide au gouvernement fédéral.

Le président Muhammadu Buhari, ancien général qui est candidat à sa propre succession pour les élections générales du 16 février prochain, avait été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer le groupe jihadiste et cette récente recrudescence des attaques est un sévère camouflet pour le chef de l'Etat qui est également chef des armées.

Dimanche l'armée a envahi les bureaux de Maiduguri du Daily Trust, un journal local, et ont arrêté deux journalistes, qu'ils accusent d'avoir révélé des informations confidentielles, avant de les relâcher plusieurs heures plus tard.

Au même moment, "des soldats armés ont fait une descente" dans le siège du Daily Trust d'Abuja, ainsi qu'au bureau de Lagos selon des sources au sein de la rédaction, où des téléphones portables et des ordinateurs ont été saisis.

Le porte-parole de l'armée, le général Sani Usman, a déclaré que le quotidien "avait divulgué des informations militaires classifiées, portant ainsi atteinte à la sécurité nationale", ayant révélé l'attaque "imminente" de l'armée sur Baga.

Le Daily Trust avait publié une longue enquête sur les conditions de vie déplorables des soldats il y a plusieurs semaines et est dans le collimateur des autorités.

Le gouvernement n'est "pas sur le point de bâillonner la presse", a déclaré à la presse le ministre de l'information, Lai Mohammed mardi.

"Mais les médias doivent faire preuve de retenue et de plus de responsabilité dans la couverture de l'insurrection", a-t-il souligné, en guise d'avertissement.

Mi-décembre, l'armée a suspendu les opérations de l'UNICEF, organisation onusienne présente dans le nord-est auprès des populations déplacées, les accusant d'espionnage. Le gouvernement avait réagi, et demandé à rétablir les opérations quelques heures plus tard.

Quelques jours plus tard, l'armée a demandé la fermeture des bureaux de l'ONG Amnesty International, organe de surveillance des droits de l'Homme qui dénonce les exactions des services de sécurité nigérians, ce que le gouvernement a rejeté, mais se disant toutefois "très préoccupé du rôle que joue Amnesty dans la guerre contre la terreur au Nigeria".

Boko Haram : le Nigeria appelle les médias à la "retenue"

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