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Guinée

Dispersion d'une manifestation de l'opposition en Guinée contre les "violences policières"

La police se tient prête à disperser les manifestants à Conakry, en Guinée, le 6 février 2018.

Les forces de l'ordre guinéennes ont dispersé jeudi à Conakry une manifestation de l'opposition qui accuse le pouvoir de "violation" d'un accord sur l'installation des élus locaux et de violences policières.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en décembre 2010, une centaine de manifestants ont été tués par les forces de l'ordre, selon l'opposition. Les autorités font pour leur part état de 13 policiers ou militaires tués lors de manifestations au cours de cette période.

La marche, interdite par le pouvoir, a réuni un millier de personnes à Cosa, dans la banlieue de la capitale Conakry, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Ce sont nos martyrs, ce sont nos militants assassinés à balle réelle par les forces de l'ordre", scandaient les manifestants, dont certains portaient des photos de jeunes tués ces dernières semaines.

"Nous réclamons la justice pour la centaine de citoyens guinéens qui a été assassinée par les forces de défense et de sécurité", a déclaré Ousmane Gaoual Diallo, un porte-paraole du principal parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Lorsque le cortège est arrivé à Hamdallaye, quartier populaire et fief de l'opposition, des échauffourées ont éclaté entre des groupes de jeunes et des policiers en équipement anti-émeute, qui se sont affrontés respectivement à coups de pierres et de gaz lacrymogènes, selon la même source.

La manifestation s'est ensuite dispersée sans que se tienne le meeting de l'opposition prévu à proximité du Stade du 28-Septembre.

Mercredi, le ministre de la Citoyenneté et de l'Unité nationale, Khalifa Gassama Diaby, a démissionné, en lançant un appel pour que la Guinée "renonce à la violence d'Etat", aux "violences politiques et sociales, ainsi qu'à toutes les formes d'injustices, d'exclusions et de mépris qui forment les ingrédients explosifs de la haine, de la violence, de la division et de notre destruction collective".

"Lorsqu'on a définitivement acquis la certitude que le combat que l'on mène avec le cœur, l'honnêteté et l'engagement éthique, n'est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire", a-t-il expliqué dans un communiqué.

L'opposition multiplie depuis le début du mois d'octobre les journées ville morte et les manifestations pour protester contre la violation, selon elle, par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.

Elle accuse le gouvernement de corrompre ses élus pour s'assurer le contrôle d'une large majorité des communes à travers le pays.

Avec AFP

Un policier tué, cinq jours de deuil des opposants après la mort d'un 100e manifestant en Guinée

Quelques personnes transportent un blessé après une fusillade à Conakry, le 7 novembre 2018.

Un policier a été tué jeudi en Guinée, où l'opposition a annoncé un "deuil de cinq jours" après la mort mercredi de deux manifestants portant, selon elle, à 100 le nombre de victimes de violences policières et militaires depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en 2010.

Le policier est décédé à la mi-journée après avoir été "copieusement bastonné" par des jeunes de Wanidara, un fief de l'opposition dans la banlieue de Conakry, a affirmé à l'AFP le directeur régional de la police de la capitale guinéenne, Boubacar Kassé.

"Le brigadier-chef Bakary Camara a été blessé par des jeunes qui lui ont administré des sévices corporels graves, qui ne lui ont laissé aucune chance de vie", a-t-il dit.

Cette nouvelle victime porte à 13 le nombre de tués parmi les forces de l'ordre depuis 2010, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels.

Deux jeunes avaient été tués mercredi soir dans ce même quartier de Wanidara par des tirs de militaires guinéens dans des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, avaient rapporté à l'AFP des sources concordantes.

"Nous avons enregistré de nombreux assassinats ciblés, mais avec ce double meurtre d'hier, on a franchi la barre de 100 victimes de M. Alpha Condé", a déclaré jeudi le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, à l'issue d'une "réunion de crise" des dirigeants de l'opposition à son domicile.

M. Diallo a mis en cause des "bérets rouges", dont la présence aux côtés de la police a été récemment dénoncée par Amnesty International. Selon le chef de l'opposition, des membres de cette unité d'élite militaire "sont arrivés sur une moto et ont arrosé (de balles) un groupe de jeunes qui étaient assis".

"Le crime a été trop atroce, on va demander cinq jours de deuil jusqu'à lundi. Nous allons demander à tous les Guinéens épris de paix de se joindre à nous pour marquer leur solidarité avec la famille", a expliqué M. Diallo, qui s'exprimait devant des militants.

L'opposition multiplie depuis le début du mois d'octobre les journées "ville morte" et les manifestations pour protester contre la violation, selon elle, par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février. Elle accuse le gouvernement de corrompre ses élus pour s'assurer une large majorité des communes à travers le pays.

Elle avait appelé à une nouvelle journée "ville morte" mercredi et à une manifestation jeudi, interdite par les autorités.

"Nous n'allons pas marcher aujourd'hui", a déclaré M. Diallo à ses partisans.

Mais il a promis que les manifestations reprendront la semaine prochaine, "avec mardi la marche des femmes pour exiger l'arrêt des assassinats de leurs enfants", puis une nouvelle "journée ville morte" mercredi 14 novembre, suivie le lendemain d'une "marche de protestation contre l'impunité dont jouissent les forces de l'ordre".

Amnesty International s'était inquiétée le 31 octobre du nombre de tués --18 depuis début de l'année-- au cours des manifestations de l'opposition, demandant aux autorités de Conakry de veiller à ce que "personne d'autre ne perde la vie".

Avec AFP

L'opposition guinéenne marque cinq jours de deuil après la mort du centième manifestant en huit ans

Des hommes transportent un homme blessé lors d'une fusillade à Conakry, le 7 novembre 2018.

L'opposition guinéenne a annoncé jeudi un "deuil de cinq jours" pour marquer sa solidarité avec les victimes de violences policières et militaires après la mort la veille de deux manifestants portant, selon elle, à 100 le nombre de tués depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en 2010.

"Nous avons enregistré de nombreux assassinats ciblés, mais avec ce double meurtre d'hier, on a franchi la barre de 100 victimes de M. Alpha Condé", a déclaré le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, à l'issue d'une "réunion de crise" des dirigeants de l'opposition à son domicile.

M. Diallo a mis en cause des "bérets rouges", dont la présence aux côtés de la police a été récemment dénoncée par Amnesty International. Selon le chef de l'opposition, des membres de cette unité d'élite militaire "sont arrivés sur une moto et ont arrosé (de balles) un groupe de jeunes qui étaient assis".

"Le crime a été trop atroce, on va demander cinq jours de deuil jusqu'à lundi. Nous allons demander à tous les Guinéens épris de paix de se joindre à nous pour marquer leur solidarité avec la famille", a expliqué M. Diallo, qui s'exprimait devant des militants.

L'opposition multiplie depuis le début du mois d'octobre les journées "ville morte" et les manifestations pour protester contre la violation, selon elle, par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février. Elle accuse le gouvernement de corrompre ses élus pour s'assurer une large majorité des communes à travers le pays.

Elle avait appelé à une nouvelle journée "ville morte" mercredi et, jeudi, à une manifestation interdite par les autorités.

"Nous n'allons pas marcher aujourd'hui", a déclaré M. Diallo à ses partisans.

Mais il a promis que les manifestations reprendront la semaine prochaine, "avec mardi la marche des femmes pour exiger l'arrêt des assassinats de leurs enfants", puis une nouvelle "journée ville morte" mercredi 14 novembre, suivie le lendemain d'une "marche de protestation contre l'impunité dont jouissent les forces de l'ordre".

Amnesty International s'était inquiétée le 31 octobre du nombre de tués --18 depuis début de l'année-- lors des manifestations de l'opposition, demandant aux autorités de Conakry de veiller à ce que "personne d'autre ne perde la vie".

Avec AFP

Deux morts dans une manifestation à Conakry

La police se prépare à disperser les manifestants lors d'un rassemblement de l'opposition à Conakry, Guinée,le 23 octobre 2018.

Deux hommes ont été tués mercredi soir par des tirs de militaires guinéens dans une banlieue de Conakry secouée dans la journée par des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, a-t-on appris de sources concordantes.

Mamadou Bela Baldé, 30 ans, est tombé en sortant de chez lui avec trois de ses amis dans le quartier de Wanidara sur des militaires qui ont alors "ouvert le feu", le touchant mortellement à la tête et l'un de ses compagnons, Mamadou Alimou Diallo, à la poitrine, a affirmé à l'AFP son frère qui n'a pas voulu révéler son identité complète.

"Il y avait aussi deux autres qui étaient avec eux qui ont été blessés mais sont encore en vie", selon la même source.

Une source à l'hôpital Ignace Deen a indiqué que l'établissement avait reçu les deux corps.

Aucun commentaire des autorités n'était disponible dans l'immédiat.

"Les manifestations se sont bien déroulées dans notre quartier toute la matinée et une partie de l'après-midi, mais le calme est revenu depuis 16H00, donc il n'y avait de manifestations au moment du passage des militaires", a déclaré un témoin joint par l'AFP.

L'opposition guinéenne avait appelé à une nouvelle journée "ville morte" mercredi, et à une manifestation jeudi, interdite par les autorités.

Dans la journée, deux jeunes d'une vingtaine d'années avaient été blessés par balles à Cosa, une autre banlieue de Conakry, alors qu'ils érigeaient des barricades pour empêcher les pick-ups de la police d'emprunter la route Le Prince qui mène des périphéries de la capitale au centre-ville, selon un correspondant de l'AFP.

L'opposition multiplie depuis le début du mois d'octobre les journées ville morte et les manifestations pour protester contre la violation selon elle par le pouvoir d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.

Elle accuse le gouvernement de corrompre ses élus pour s'assurer une large majorité des communes à travers le pays.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Alpha Condé en décembre 2010, une centaine de manifestants ont été tués par les forces de l'ordre, selon l'opposition et les décomptes de la presse. La mouvance présidentielle affirme pour sa part que 12 membres des forces de maintien d'ordre ont été tués au cours de cette période.

Avec AFP

Saisine de la justice internationale par les victimes du massacre de 6 villageois en Guinée

Les habitants de Kamsar sont assis à proximité d'un train tirant une centaine de wagons chargés de bauxite, en Guinée, le 24 octobre 2008.

Les victimes survivantes d'un massacre de six villageois en 2012 en Guinée ont porté plainte dans leur pays contre une société minière qu'elles accusent de complicité, puis devant la Cour de justice de la Cédéao contre l'Etat guinéen, indique l’ONG "Les mêmes droits pour tous" (MDT).

Les victimes survivantes d'un massacre de six villageois en 2012 en Guinée ont porté plainte dans leur pays contre une société minière qu'elles accusent de complicité, puis devant la Cour de justice de la Cédéao contre l'Etat guinéen, indique l’ONG "Les mêmes droits pour tous" (MDT).

Le 4 août 2012 vers minuit, à Zogota (sud-est), les forces de sécurité et de Défense avaient tiré sur des villageois qui protestaient depuis plusieurs jours contre la politique de recrutement de la société minière Vale-BSGR, "tuant six habitants, en blessant plusieurs autres, incendiant des habitations et arrêtant et torturant plusieurs autres personnes", a précisé l'ONG dans un communiqué.

Le 11 septembre dernier, cette association a déposé une plainte devant le procureur de N'Zérékoré, au nom des victimes, contre la société minière pour sa "responsabilité présumée dans les assassinats, arrestations et détentions arbitraires, torture, destruction de biens privés etc. contre les habitants de Zogota".

"Ils sont venus la nuit, tandis que les gens dormaient. Nous avons été réveillés par le son des tirs de balles et quand les gens sont sortis voir ce qui se passait, ils ont abattu nos pères et frères", a déclaré le chef du village et du collectif des victimes du massacre, Kpakilé Gnédawolo Kolié, cité dans le communiqué.

Selon l'ONG, la compagnie minière avait "étroitement collaboré avec les forces de l'ordre" en "aidant à planifier l'action", en ravitaillant en combustible des véhicules et en en mettant d'autres à leur disposition.

"La police et l'armée disent que c'était une mission d'arrestation légitime et non une attaque répressive. Et la compagnie affirme n'avoir rien à voir dans cette attaque. Mais ces dires ne correspondent pas aux preuves collectées sur le terrain", estime le directeur de Advocates for Community Alternatives, Jonathan Kaufman, qui appuie MDT, tout comme la FIDH.

Dans une réaction transmise mercredi à l'AFP par courriel, le groupe brésilien Vale, associé à celui du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz (BSGR) au sein du consortium minier Vale-BSGR en Guinée (VBG), a nié toute implication dans des violences.

"Vale souligne n'avoir jamais entrepris ni soutenu aucun acte de violence à Zogota. En 2012, le camp de VBG avait été envahi par des manifestants et les installations avaient été endommagées. Pour des raisons de sécurité, les employés avaient été évacués", indique notamment le groupe.

"Vale condamne fortement tout acte de violence et se conforme aux plus hautes normes internationales concernant les droits de l'Homme", a ajouté le groupe.

Une plainte avait été déposée en 2013 par MDT contre cinq responsables des services de sécurité.

"Nous n'avons reçu aucune réponse de l'Etat guinéen depuis le dépôt de ces plaintes contre les responsables des services de sécurité et contre Vale-BSGR", a indiqué à l'AFP M. Kaufman dans un courriel. Les victimes viennent dès lors de saisir la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), dont le siège est à Abuja.

Elles accusent les autorités de Conakry de "violation du droit la vie, à ne pas être torturé et à ne pas être arrêté arbitrairement" et d'avoir failli à leur "obligation d'enquêter, poursuivre et punir les auteurs", ainsi que de n'avoir pas "apporté des réparations aux victimes de crimes commis par des agents de l'Etat ou d'autres, tels que la compagnie minière Vale-BSGR", a expliqué M. Kaufman.

Avec AFP

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