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Kosovo: violées et désormais victimes du silence

Marche féministe lors de la journée internationale de la femme à Pristina au Kosovo, 8 mars 2017.

Elles sont des milliers de femmes à avoir été violées durant le conflit du Kosovo: désormais éligibles à une allocation de victimes de guerre, il leur faudra vaincre l'omerta imposée par les familles.

Aujourd'hui âgée de 41 ans, Z. était étudiante en pédagogie quand en mai 1999 des membres des forces armées serbes l'ont enlevée avec sa soeur de 18 ans, dans le centre du Kosovo. Elles ont été amenées dans un entrepôt agricole d'un village serbe.

"Ils ont bu, chanté, joué de la musique avant de se tourner vers nous. Je ne sais pas combien m'ont violée parce que je me suis évanouie lors du premier viol", raconte-t-elle. Quand elle est revenue à elle, sa jeune soeur pleurait doucement à ses côtés. Les violeurs étaient partis.

Les organisations de défense des droits de l'Homme estiment que durant le conflit entre indépendantistes kosovars albanais et forces serbes (1998-99, 13.000 morts), quelque 20.000 filles et femmes ont été violées. Mais cette culture du silence rend impossible tout recensement précis.

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Il aura fallu près de 20 ans pour que les institutions kosovares commencent début 2018 à leur verser une allocation mensuelle de 230 euros au titre de victimes de guerre.

Plus de temps sera nécessaire pour que la plupart la demandent. Seuls environ 600 dossiers ont été déposés, et 115 victimes, dont Z., ont jusqu'à présent obtenu cette allocation. Leur identité est gardée secrète.

- Victimes de guerre -

Les proches de Z. lui ont longtemps demandé de se taire. Comme pour des centaines d'autres, parler, c'était courir le risque d'être ostracisée dans une société patriarcale où le viol est considéré comme une tâche sur l'honneur familial.

"Je n'ai pas engagé cette procédure pour l'argent. Il ne peut pas apaiser la douleur. Je l'ai fait parce que c'est la première reconnaissance officielle que je suis une victime de guerre", "la première occasion de partager mon fardeau avec quelqu'un d'extérieur à ma famille", dit-elle.

"La marque d'infamie et la honte restent extrêmement dissuasifs (...) Elles empêchent les victimes de parler librement de leur traumatisme ou de réclamer justice", dit Behxhet Shala, directeur du Conseil kosovar pour la défense des droits humains et des libertés, qui évoque "un tabou du silence aussi puissant que l'omerta".

"Les femmes violées sont non grata dans leurs familles, et par conséquent dans la société", renchérit Selvije Izeti Carkaxhiu, psychologue qui conseille des victimes.

"Les familles ont choisi le silence comme meilleur moyen de gérer la question... En cachant le viol, elles violent une seconde fois les victimes", dénonce Feride Rushiti, qui dirige le Centre kosovar de réadaptation des victimes de torture (KRCT). "L'isolement et le silence n'aident que les violeurs", poursuit-elle.

Avant de disparaître fin 2017, le tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), n'a condamné que trois hauts responsables serbes pour avoir usé d'atteintes sexuelles comme d'un outil d'épuration ethnique et de persécution durant la guerre du Kosovo.

"Par l'humiliation des femmes, ils cherchaient à affaiblir le moral du mouvement de résistance albanais", selon Behxet Shala.

Quant aux tribunaux kosovars, ils n'ont pas prononcé une seule condamnation depuis la fin de la guerre, selon l'Humanitarian Law Center, ONG spécialisée sur les crimes de guerre dans l'ex-Yougoslavie. Les trois procédures engagées se sont soldées par autant d'acquittements, précise Amnesty International.

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- Apaiser la douleur -

Cette question "est une des plus graves blessures qui continue d'affecter une grande partie de la société kosovare", a récemment reconnu le vice Premier ministre, Behgjet Pacolli. Mais la passivité des autorités a été dénoncée par la société civile.

La loi instituant l'allocation remonte de 2014. Mais le processus d'enregistrement n'a débuté que quatre ans plus tard. "Le plus important est d'avoir lancé le processus. Il ne s'agit pas d'argent (...) mais d'avoir une autre approche des victimes de violences sexuelles pendant la guerre qui apaisera leur douleur", dit Minire Begaj, directrice de la commission qui décide de l'octroi des allocations.

Diverses ONG regrettent aussi que seules les femmes violées avant juin 1999 sont éligibles. Ce qui selon elles exclut de facto les Serbes victimes de membres de la guérilla kosovare albanaise après le retrait des forces de Belgrade.

Z. attend le jour où la société la traitera en victime: "Je ne trouverai l'apaisement que quand je me sentirai libre de dire haut et fort que j'ai été violée. Et qu'on ne devrait pas me traiter comme coupable au même titre qu'un violeur, mais comme quelqu'un à qui il faut demander pardon."

Avec AFP

La Commission européenne dénonce la taxe de sécurité pour les médias

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence de presse au siège de la CE à Bruxelles, en Belgique, le 18 juillet 2018.

La Commission européenne a critiqué mercredi la décision du gouvernement belge d'imposer aux journalistes une procédure d'accréditation payante pour les sommets de l'UE à Bruxelles, se disant prête à examiner toutes les plaintes contre cette mesure.

"L'idée ne nous plaît pas", a déclaré la porte-parole adjointe de la Commission, Mina Andreeva, au cours du point de presse quotidien de l'institution. "La Commission, en tant que gardienne des traités, peut être saisie de plaintes et elle les examinera sur la base du droit".

Le gouvernement belge a instauré un droit de 50 euros par semestre pour couvrir les frais générés par les contrôles de sécurité imposés pour l'accès aux "lieux sensibles", dont fait partie le bâtiment abritant les réunions semestrielles des dirigeants des 28 à Bruxelles.

L'information a été communiquée aux journalistes sous forme d'une "importante" notice dans le formulaire de demande d'accréditation pour le prochain sommet du 18 octobre, mis en ligne par le Conseil européen.

"Depuis le 1er juin 2018, une nouvelle législation belge prévoit un droit de 50 euros à la charge des employeurs de toute personne faisant l'objet d'un contrôle de sécurité effectué par les autorités belges. Ce contrôle a actuellement une validité de 6 mois. Une facture sera envoyée à votre employeur par les autorités belges", précise l'avertissement.

Le Conseil, qui représente les Etats membres, s'est dit embarrassé par cette mesure qui lui a été imposée par le gouvernement belge. L'Association de la presse internationale (API) et l'Association générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) ont adressé des lettres de protestation au gouvernement belge et ont demandé au Premier ministre Charles Michel "d'abandonner immédiatement" cette taxe dénoncée comme "discriminatoire" et comme "une violation de la liberté d'informer"

Avec AFP

La loi sur le port du voile intégral entre en vigueur au Danemark

Deux jeunes femmes en niqab dans un centre commercial près de Copenhague, au Danemark, le 19 juillet 2018.

Toute personne portant un vêtement qui lui cache entièrement le visage dans l'espace public risque désormais une amende.

Pour ses détracteurs, cette loi constitue une violation de la liberté de choix des femmes, tandis que pour ses défenseurs il s'agit d'une mesure qui permettra une meilleure intégration des musulmans dans la société danoise.

A Copenhague et à Aarhus, la deuxième plus grande ville du pays, des manifestants, dont certaines portant le voile intégral, se sont rassemblés pour protester contre l'entrée en vigueur de cette loi. Selon un porte-parole de la police de Copenhague, il n'est pas prévu d'infliger d'amendes aux manifestantes qui portent un voile intégral.

Porter une burqa, voile qui couvre intégralement le visage, ou un niqab, qui laisse apparaître les yeux, dans l'espace public sera désormais passible d'une amende de 1000 couronnes (134 euros). Toute récidive pourra faire l'objet d'une amende pouvant atteindre 10 000 couronnes.

La loi cible également le port d'autres accessoires susceptibles de couvrir le visage comme les cagoules ou les fausses barbes. Elle n'empêche toutefois pas le port dans l'espace public du hijab, foulard qui ceint le visage sans le cacher.

Interrogée par le quotidien Berlingske, une musulmane de 30 ans a déclaré qu'elle avait "perdu foi dans le système". Née au Danemark de parents turcs, Sarah porte le niqab depuis ses 18 ans.

>> Lire aussi : Le Danemark interdit le voile intégral dans l'espace public

"J'ai réalisé que la démocratie ne fonctionne pas. Lorsqu'il s'agit de se moquer des musulmans et de dessiner des caricatures du prophète, les politiques se targuent de protéger les libertés et les droits des citoyens. Mais, à moi, ils me retirent le droit de choisir comment je souhaite m'habiller".

Le nombre de femmes qui portent le niqab ou une burqa au Danemark est inconnu. "Je ne sais pas combien de femmes portent la burqa ou le niqab au Danemark, mais elles devraient être punies par une amende", avait déclaré le ministre de la Justice Soren Pape Poulsen en février, selon l'agence danoise Ritzau.

Lorsque le gouvernement avait présenté sa proposition de loi en février, il avait déclaré que le niqab et la burqa n'étaient "pas compatibles avec les valeurs et le sentiment d'appartenance à une communauté au sein de la société danoise".

Sarah pense toutefois qu'au lieu de permettre aux musulmans de mieux s'intégrer, la loi pourrait avoir l'effet inverse et augmenter le sentiment de ségrégation.

"Si la mosquée devient l'un des seuls endroits où nous pouvons porter le voile, je pense que nous serons plus nombreux à nous y rendre".

Le port du voile intégral reste une question délicate en Europe. L'année dernière, la Cour européenne des droits de l'homme a confirmé l'interdiction du voile intégral dans l'espace public en Belgique.

La France a été le premier pays européen à instaurer ce type d'interdiction en 2011. Les législateurs allemands ont quant à eux approuvé l'année dernière l'interdiction partielle de "se couvrir le visage".

Avec AFP

Vols retardés à Orly par une bagarre de rappeurs

Détails d'une affiche du rappeur français Booba.

Les rappeurs français Booba et Kaaris ont été interpellés et placés en garde à vue à l'aéroport d'Orly après une bagarre ayant également impliqué leur entourage, qui a provoqué des retards de vols et la fermeture temporaire d'un hall.

Onze personnes ont au total été interpellées par la police aux frontières après cette altercation qui a eu lieu dans une salle d'embarquement du hall 1 du terminal ouest, selon des sources policière et aéroportuaire.

"Un petit nombre de vols a été retardé de 15 à 30 minutes au moment de la bagarre et le hall a été temporairement fermé", a indiqué Paris Aéroport.

Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par des passagers, on voit des hommes se battre entre les rayons d'une boutique et dans les couloirs d'une salle d'embarquement de l'aéroport, très fréquenté en cette période estivale.

>> Lire aussi : L'aéroport "intelligent" pour absorber plus de passagers

Les embarquements prévus dans ce hall ont été temporairement reportés vers d'autres zones, selon Paris Aéroport.

Les deux rappeurs se rendaient chacun de leur côté à un concert à Barcelone, a indiqué une source aéroportuaire.

Des dégâts ont été occasionnés dans une boutique de duty free, dont le responsable devait porter plainte, selon cette même source.

Avec AFP

Décès de la chanteuse portugaise Celeste Rodrigues

Spectacle Lisbon Under Stars sur les parois du couvent Notre-Dame du Mont Carmel à Lisbonne, au Portugal, le 14 juin 2018.

La chanteuse de fado Celeste Rodrigues, sœur cadette de la diva de ce genre musical portugais Amalia Rodrigues, est décédée à 95 ans.

"C'est le cœur lourd que je vous annonce le départ de notre Celeste (...) aujourd'hui elle a quitté une vie pleine de ce qu'elle voulait et rêvait", a écrit son petit-fils Diogo Varela Silva sur sa page Facebook.

Trois ans plus jeune qu'Amalia, morte en 1999 et dont la dépouille repose au Panthéon national, Celeste faisait également partie du mythe du fado, devenue la musique emblématique de tout un peuple et la voix du Portugal dans le monde.

"Celeste Rodrigues, ma chère amie, nous a quittés aujourd'hui. Sa façon d'être dans la vie était sa façon d'être dans le fado, pleine et libre. Que ta voix et ton exemple continuent d'inspirer des générations", a réagi le Premier ministre portugais Antonio Costa sur son compte Twitter.

De son côté le Président de la République Marcel Rebelo de Sousa a salué une "voix unique, distincte de la voix de sa mère, distincte de la voix de sa sœur Amalia, distinguée dans son indépendance, son autonomie et surtout sa joie".

Depuis ses débuts dans les années quarante, Celeste Rodrigues avait chanté dans le monde entier et faisait toujours l'objet de comparaisons avec sa sœur.

"Etre la sœur d'une diva ne m'a jamais fait de l'ombre. Au contraire. Je suis sa plus grande admiratrice. Elle avait tout ce dont un artiste peut rêver", affirmait-elle en 2007, ajoutant qu'Amalia avait eu davantage de succès car "elle chantait beaucoup mieux tout simplement".

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A 95 ans passés, elle se produisait encore dans les maisons et restaurants de fado de Lisbonne, où est né ce genre musical. La fadiste s'apprêtait à entamer une tournée mondiale en 2019 pour célébrer ses 75 ans de carrière.

"C'est agréable de continuer de chanter à mon âge et de plaire. Mais après un spectacle je rentre et j'oublie les applaudissements. Le fado fait partie de ma vie, mais n'est pas ma vie. J'ai fait une carrière discrète et c'est très bien comme ça", avait-elle confié en avouant que si elle était toujours en vie c'était "grâce au fado."

Avec AFP

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