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Venezuela: élection présidentielle le 20 mai

Nicolas Maduro lors d’une rencontre les membres du parti communiste à Caracas, au Venezuela le 26 février 2018. Miraflores Palace/ REUTERS

L'élection présidentielle au Venezuela aura lieu le 20 mai le chef de l'Etat sortant Nicolas Maduro briguant un second mandat de six ans, a-t-on annoncé de source officielle.

"La date de l'élection a été fixée pour le 20 mai", a dit à la presse la présidente de la Commission électorale nationale, Tibisay Lucena.

Initialement cette date avait été avancée au 22 avril.

La nouvelle date est le résultat d'un accord avec un adversaire de Nicolas Maduro visant à rassurer la communauté internationale.

Pressenti depuis plusieurs jours, après la révélation par le dissident chaviste Henri Falcon de négociations secrètes avec le gouvernement, l'accord inclut plusieurs garanties sur le scrutin.

"Nous proposons que soient organisées de façon simultanée les élections présidentielle" et des conseils législatifs régionaux, selon l'accord négocié, validé par le Conseil national électoral (CNE).

>> Lire aussi : Maduro officiellement candidat au Venezuela

Le scrutin présidentiel, traditionnellement organisé en décembre, avait été avancé à avril par les autorités électorales. Une décision critiquée par une partie de la communauté internationale et la principale coalition d'opposition qui a choisi de boycotter l'élection.

Face au président Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu'en 2025, se présentent Henri Falcon, militaire en retraite de 56 ans, et quatre candidats quasi-inconnus du grand public.

La coalition de la Table de l'unité démocratique (MUD) avait refusé de présenter un candidat, arguant que le camp présidentiel ne lui avait pas apporté toutes les garanties nécessaires à l'organisation du scrutin.

La MUD réclamait notamment la présence d'observateurs internationaux "indépendants", la tenue du scrutin au "second semestre 2018", la désignation d'un Conseil national électoral "équilibré ", le vote des Vénézuéliens de l'étranger et un égal accès aux médias.

L'accord dévoilé jeudi inclut justement une requête auprès de l'ONU d'une mission d'observation électorale, la réalisation d'audits du vote, l'allongement du délai d'inscription sur les listes électorales pour les Vénézuéliens émigrés et l'"équité dans l'accès aux médias publics et privés, ainsi qu'aux réseaux sociaux" pendant la campagne.

"Cet accord confirme qu'au Venezuela on élit nos dirigeants et représentants avec les plus larges garanties constitutionnelles et démocratiques", a assuré Tibisay Lucena, présidente du CNE, institution accusée par l'opposition de soutenir le président Maduro.

Pour la politologue Francine Jacome, les autorités "cherchent à donner une apparence de légitimité à ce vote, surtout face à la communauté internationale".

- 'Election sur mesure' -

Plusieurs gouvernements d'Amérique latine, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient questionné ces dernières semaines l'élection anticipée du 22 avril, dénonçant un manque de transparence et menaçant de ne pas reconnaître les résultats.

Pour Mme Jacome, "l'accord (noué avec M. Falcon) complique encore plus la stratégie (de boycott) de l'opposition", qui pourrait en outre perdre la majorité au Parlement, seule institution qu'elle contrôle, lors des législatives anticipées attendues cette année.

Mais si des gages ont été accordés, le CNE a aussi confirmé la fin jeudi du délai d'enregistrement des candidats, qui devraient donc se limiter aux six déjà inscrits.

"Il s'agit de garantir une élection sur mesure pour Maduro, à la carte. Cela reste un scrutin sans l'opposition qui lui fait concurrence, cela ne change pas", prévient le politologue Luis Salamanca.

Au final, "c'est un montage pour que cela ressemble à une élection démocratique".

Jeudi matin, la MUD, affaiblie par ses divisions internes et sa perte de crédibilité populaire, avait appelé Henri Falcon à retirer sa candidature, l'accusant de jouer "le jeu" de Maduro dans ses "velléités totalitaires".

Car le candidat, accusé de traîtrise tant par le gouvernement que par l'opposition, sème le flou: militant socialiste pendant dix ans, il a claqué la porte du chavisme en 2010 en critiquant la révolution menée par Chavez. Puis il a viré de bord en devenant chef de campagne d'Henrique Capriles, défait de justesse face à Maduro à l'élection de 2013.

Pour l'instant, l'Institut vénézuélien d'analyses de données (privé) le crédite de 24% d'intentions de vote, contre 18% pour Maduro. Il se dit persuadé de remporter ce scrutin, en s'appuyant sur la forte impopularité du chef de l'Etat, jugé coupable du naufrage économique du pays pétrolier.

Mais les analystes estiment que ses chances réelles de succès sont infimes, faute de soutien de la MUD et face à l'hégémonie institutionnelle du gouvernement socialiste.

L'accord, selon Mme Jacome, "prouve que (les autorités) ont fabriqué un candidat d'opposition sur mesure".

Car les garanties négociées "sont des éléments cosmétiques", tranche Félix Seijas, directeur de la société de sondages Delphos.

Avec AFP.

Bientôt des licences pour les salles de cinéma en Arabie Saoudite

La première salle de cinéma au club culturel de Jeddah depuis la levée de l'interdiction du cinéma en Arabie Saoudite, 13 janvier 2018.

Les autorités sont prêtes à délivrer des autorisations d'ouverture de salles de cinéma, trois mois après l'annonce de la levée de l'interdiction frappant ce secteur depuis 35 ans.

Dans un communiqué, le ministère saoudien de la Culture et de l'Information a indiqué jeudi qu'il avait "établi les termes pour l'octroi de licences en vue de l'ouverture de salles de cinéma" et que cette opération commençait "immédiatement".

Lorsque les autorités avaient levé en décembre l'interdiction qui frappait les salles de cinéma, elles avaient indiqué que les premiers cinémas devraient ouvrir leurs portes en mars.

La levée de cette interdiction fait partie des décisions d'ouverture du royaume initiées ces derniers mois par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Outre la stimulation d'une industrie cinématographique locale, cette décision confirme la volonté des autorités de faire du secteur du divertissement un élément de transformation sociale dans un pays régi par une version rigoriste de l'islam.

L'entrée de la première salle de cinéma en Arabie Saoudite, à Jeddah, 13 janvier 2018.
L'entrée de la première salle de cinéma en Arabie Saoudite, à Jeddah, 13 janvier 2018.

Peu après l'annonce de la levée de l'interdiction des cinémas, le Fonds souverain saoudien (PIF) avait signé un accord d'intention avec le plus gros exploitant américain de salles de cinéma, AMC Entertainment Holdings, pour la distribution et l'exploitation de salles ainsi que pour des investissements.

Le PIF estime que le marché cinématographique saoudien pourrait peser 1 milliard de dollars par an.

Comme la plupart des espaces publics, les salles de cinéma devraient avoir des sections séparées pour les hommes et les femmes et une section pour les familles.

Les milieux religieux radicaux, qui considèrent le cinéma comme une menace pour l'identité culturelle et religieuse, ont joué un rôle déterminant dans son bannissement dans les années 1980.

Avec AFP

Le cinéma français entre dans la vague MeToo

La réalisatrice Julie Gayet a rejoint le mouvement du Ruban blanc pour lutter contre le harcèlement sexuel et les inégalités basées sur le genre dans le milieu du cinema.

Le cinéma français est apparu à la traîne de la campagne #MeToo avant de se mobiliser juste avant la cérémonie des César.

Le 7e art français a pris trois initiatives: une opération "Ruban blanc", baptisée #MaintenantOnAgit, aura lieu pendant cette célébration, pour recueillir des dons reversés à des associations, un collectif "50-50 pour 2020" a été créé pour œuvrer en faveur de la parité, avec site internet et études à la clé; et une tribune a été publiée jeudi dans le quotidien Le Monde pour demander la création de quotas dans le financement du cinéma.

Pourtant, depuis les premières révélations début octobre 2017, qui ont conduit plus d'une centaine de femmes à accuser le producteur américain Harvey Weinstein et mis au ban plusieurs célébrités comme l'acteur Kevin Spacey, le monde du cinéma français était resté bien timide.

>> Lire aussi : La Berlinale sous le signe de #MeToo

A l'exception d'une Florence Darel ayant révélé avoir été harcelée par le producteur Jacques Dorfmann, aucune actrice n'a dénoncé publiquement un homme, ni aucun groupe de comédiennes ne s'est exprimé pour en démasquer un dans le cinéma français, comme cela a été le cas aux Etats-Unis.

Les seules actrices sorties du bois, comme Léa Seydoux et Emma De Caunes, se sont manifestées pour dénoncer... Harvey Weinstein.

'Mec salaud mais génial'

Bien au contraire, l'une des actrices françaises les plus célèbres, l'icône Catherine Deneuve, est allée publiquement à contre-courant du mouvement porté par les hashtags #Metoo et #Balancetonporc".

Elle a signé avec une centaine de femmes une tribune où elles défendent "une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle."

L'actrice, qui a fini par s'excuser auprès des "victimes d'actes odieux", s'était déjà attirée les foudres de féministes pour avoir défendu le cinéaste Roman Polanski, accusé du viol en 1977 d'une adolescente de 13 ans.

Des rétrospectives à Paris consacrées à l'œuvre de ce dernier et à celle de Jean-Claude Brisseau, condamné en 2005 pour le harcèlement sexuel de deux jeunes actrices, ont été dénoncées par des féministes, conduisant au report de celle consacrée à Brisseau.

Dans le sillage de Catherine Deneuve, Brigitte Bardot a elle aussi critiqué la vague de dénonciations, la jugeant "hypocrite, ridicule, sans intérêt".

Comment expliquer cette frilosité ?

Pour la productrice et actrice Julie Gayet, qui a rejoint le mouvement du ruban blanc, il fallait "trouver l'axe dans la façon d'agir" et "se mettre d'accord sur la meilleure manière de formuler les choses".

"Pour la presse, ces derniers mois, il fallait à tout prix trouver le Weinstein français, dénicher des affaires croustillantes, obtenir des noms. Cela mettait mal à l'aise, paralysait tout le monde", ajoute-t-elle dans une interview publiée jeudi par le journal Le Monde.

"Et puis cela ne posait pas le problème sur le fond: pour résoudre les violences, il faut aussi résoudre le rapport de pouvoir", estime-t-elle.

Jugeant "rageante" cette "chape de silence", la réalisatrice Axelle Ropert ("La famille Wolberg"), elle, avance dans le magazine Les Inrockuptibles une "raison structurelle": "le cinéma français est plus artisanal, avec beaucoup de petits indépendants", dit-elle. "Mais aussi, le milieu n'est pas encore structuré par des mouvements militants comme aux Etats-Unis".

"Et surtout, le plus grave", conclut la cinéaste: "le cinéma ferme sa gueule car dans le fond, il repose complètement sur le mythe du 'mec salaud mais génial'...".

Avec AFP

Marjane Satrapi tourne un film sur Marie Curie

Le Musée Marie Curie à Varsovie, 26 février 2014

La réalisatrice franco-iranienne a entamé le tournage de son prochain long métrage, "Radioactive", évoquant la vie de Marie Curie, première femme Prix Nobel, ont annoncé Studio Canal et Amazon Studios.

L’adaptation du roman de Lauren Redniss, "Radioactive" relate l'histoire de la célèbre scientifique -née en 1867 à Varsovie et partie étudier en France où elle a rencontré son futur mari, le physicien Pierre Curie- et de leurs découvertes sur le radium qui ont bouleversé la science.

Dans ce film, Marie Curie est incarnée par Rosamund Pike et son époux par Sam Riley.

Anya Taylor Joy incarnera Irène, la fille de Marie Curie et Simon Russell Beale sera le professeur Lippmann de la faculté des sciences de l'Université de Paris, avec qui Marie Curie entrera en conflit. Les premières scènes sont en tournage à Budapest.

Avec AFP

MS-13 : le gang que veut anéantir Donald Trump

Les membres du gang MS-13 lors d'une manifestation, à Ilopango, dans la banlieue de San Salvador, le 22 janvier 2013.

Formé dans les années 1980 à Los Angeles pour protéger les réfugiés de la guerre civile au Salvador, le gang MS-13 a vu sa sinistre réputation grandir au fil des ans. Il est considéré comme le gang le plus violent des États-Unis et, depuis 2012, comme une organisation criminelle internationale par le gouvernement américain.

La Mara Salvatrucha compte environ 10.000 membres aux quatre coins des Etats-Unis. Les arrestations et les expulsions de ses leaders dans les années 1990 n’ont pas produit l’effet escompté. Au contraire, le MS-13 a vu sa légitimité renforcée en dehors du Salvador comme au Mexique et au Honduras, où plusieurs branches du gang se sont implantées.

Sur la radio NPR, Jorja Leap, une spécialiste de la culture des gangs à l'université UCLA de Los Angeles, insiste sur les origines du MS-13 : "il est né à Pico Union, un quartier dans le centre de Los Angeles. Son but était de protéger les locaux des autres gangs, notamment du gang mexicain 18th Street."

Leap souligne que la prolifération du gang ces dernières décennies n’est pas une affaire d’immigration mais de violence et de misère.

Les recrues sont généralement des adolescents sans soutien familial. Le rituel d’initiation consiste en un passage à tabac de 13 secondes par les autres membres et l’homicide.

Les crimes du MS-13 sont similaires à n’importe quel autre gang violent : trafic de drogues, d’armes, d’êtres humains, et assassinats, etc. Cependant, la Mara Salvatrucha tue aussi à l’aveugle, éliminant les individus qu’elle croise sur son chemin.

En septembre 2016, deux adolescentes ont été attaquées à coups de batte de baseball. En avril 2017, ce sont quatre jeunes qui ont été découpés à la machette – l’arme favorite du gang. La police de Long Island, dans la grande banlieue de New York, estime que 17 personnes auraient été tuées en 18 mois seulement.

Le président américain Donald Trump a utilisé ces statistiques terrifiantes pour légitimer la construction d’un mur à la frontière mexicaine et le durcissement de la politique migratoire.

"Aujourd’hui, j’appelle le Congrès a fermé définitivement les failles meurtrières qui ont permis au MS-13 et d’autres gangs criminels de s’introduire dans notre pays", a déclaré le Président durant son discours sur l’état de l’Union.

Trump a précédemment mis en cause l’administration Obama suite à la prolifération du gang aux Etats-Unis. Dans une vidéo postée sur Twitter le 10 février dernier, Trump a dénoncé les "tristes, faibles et pathétiques" lois sur l’immigration et la "menace vicieuse" que représente le MS-13.

Donald Trump faisait référence aux lois sur la loterie des visas (green card) et celles qui permettent aux Américains naturalisés de faire venir aux Etats-Unis des membres de leur famille ; ce que les Républicains appellent chain migration. Le locataire de la Maison Blanche affirme que le MS-13 exploite ce système.

Aucune mesure pour modifier la législation actuelle n’a encore été votée au Congrès. Cependant, les arrestations des membres du gang ont augmenté de 38% depuis le début de la présidence Trump.

En 2017, de nombreux raids ont permis d'arrêter un grand nombre de leaders du gang. Selon CNN, en mai 2017, 104 des 1.300 membres de gang arrêtés feraient partis du MS-13.

Mais pourquoi est-il si difficile de les éliminer ? Jorja Leap décrit la lutte contre le gang en utilisant la mythologie de l’Hydre : "on lui coupe une tête, et deux ou trois têtes poussent par la suite. Il y a une loyauté, beaucoup de silence et de suspicion dans la communauté. Le MS-13 est dans le viseur du FBI et du gouvernement depuis 2004, ce qui les rend d’autant plus suspicieux. Si tu balances, si tu donnes des informations, tu seras tué."

La spécialiste suggère que l’expulsion des leaders du gang crée un effet boomerang : "quand des individus du MS-13 sont expulsés, ils recrutent plus d’individus qu’ils font ensuite passer à la frontière."

L’administration Clinton a promulgué l’Illegal Immigration Reform and Immigrant Responsibility Act en 1996 pour expulser des milliers d’immigrés accusés de crimes – ces individus sont passés des prisons californiennes aux rues d’Amérique Centrale.

Selon un rapport publié dans The Economist en 2017, les villes d’Amérique latine subissent le taux de violence le plus élevé au monde, dû au phénomène des gangs. Depuis deux ans, San Salvador est ainsi considérée comme "la capitale mondiale du meurtre".

En 2016, il y a eu au moins 137 meurtres pour 100,000 personnes.

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