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Une ONG en appelle à la CPI après la mort de migrants en mer

Le navire de sauvetage Aquarius après son amarrage au quai de Bolier à Senglea, à Malte, le 15 août 2018.

Une ONG a demandé mercredi à la Cour pénale internationale d'enquêter sur le "crime" des organismes européens engagés au large de la Libye, où 15 migrants sont morts après avoir dérivé 11 jours sans que personne intervienne.

L'ONG allemande Mission Lifeline "accuse Frontex et Eunavfor Med de crimes contre l'humanité et appelle la Cour pénale internationale à enquêter", a annoncé son fondateur Claus-Peter Reisch sur Twitter.

Ces deux dispositifs européens "disposent de navires militaires, de satellites, d'avions de reconnaissance qui couvrent toute cette zone. Ils avaient les moyens de voir que ces réfugiés étaient en détresse. Mais ils n'ont rien fait, ils les ont laissés mourir, ça s'appelle un crime", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'ONG, Axel Steier.

Partis de Sabratha, à 70 km à l'ouest de Tripoli, 25 migrants qui tentaient de rejoindre les côtes italiennes ont été emportés par le courant et ont dérivé 11 jours sans eau ni nourriture, avant de chavirer au large de Misrata, à 270 plus à l'est, puis d'échouer lundi soir sur une plage, selon le Croissant rouge libyen.

Seuls dix d'entre eux, dont deux femmes, ont survécu, dans un état de grave déshydratation.

D'autres voix se sont élevées mercredi pour réclamer un renforcement des secours au large de la Libye, où au moins 1.267 migrants sont morts ou disparus cette année, selon un décompte de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), malgré une baisse drastique des départs.

"Sauver les vies en mer est une priorité", a insisté Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'OIM en Italie.

"Des rapports de plus en plus alarmants confirment ce dont les équipes de l'Aquarius ont été témoins: les capacités de recherche et de secours sont insuffisantes et les embarcations en détresse sont ignorés", a dénoncé Médecins sans frontières (MSF).

"Pendant ce temps, les bateaux civils de sauvetage sont entravés dans leur mission par des attaques politiques ciblées", a rappelé SOS Méditerranée, alors que son navire l'Aquarius, affrété avec MSF, est bloqué à Marseille faute de pavillon.

Le Lifeline, principal navire de Mission Lifeline, est pour sa part bloqué à La Valette, également pour des questions administratives.

Pourparlers de paix yéménites: les belligérants se rendent en Suède

L’émissaire onusien au Yémen Martin Griffiths, au centre, à Sanaa (Yémen) le 2 juillet 2018.

Une délégation gouvernementale yéménite est attendue mercredi en Suède où elle doit participer, sous l'égide de l'ONU, à des pourparlers cruciaux visant à mettre fin au conflit meurtrier qui oppose le pouvoir, soutenu par l'Arabie saoudite, à des rebelles appuyés par l'Iran.

Alors que la délégation rebelle est déjà arrivée en Suède, l'ONU n'a pas officiellement annoncé la date du début des négociations, les premières de ce genre depuis 2016. La guerre dure depuis 2014 au Yémen, où la famine menace une partie de la population.

La délégation gouvernementale a attendu que les représentants rebelles arrivent mardi soir à Stockholm pour décoller mercredi matin de Ryad, ont indiqué des sources proches du pouvoir. Elles ont rappelé qu'en septembre une délégation gouvernementale s'était rendue à Genève pour des consultations, mais que les Houthis n'étaient pas venus.

La délégation gouvernementale yéménite, forte de 12 membres, est cette fois conduite par le ministre des Affaires étrangères Khaled al-Yemani, a précisé une source proche de cette délégation.

Elle est "porteuse des espoirs du peuple yéménite", a dit Abdallah Alimi, chef du cabinet du président Abd Rabbo Mansour Hadi qui s'est réfugié en Arabie saoudite après la conquête en 2014 de la capitale yéménite Sanaa par les rebelles Houthis.

La délégation gouvernementale déploiera tous les efforts "pour la réussite des consultations [en Suède] que nous considérons comme une occasion réelle pour rétablir la paix", a souligné M. Alimi dans un tweet.

- "Premier pas vital" -

La délégation rebelle était arrivée mardi soir à bord d'un avion spécial koweïtien transportant également le médiateur des Nations unies, le Britannique Martin Griffiths, qui était depuis lundi à Sanaa.

"Nous sommes confiants dans le fait que les deux parties se rencontreront cette semaine en Suède", a déclaré de New York le porte-parole de l'ONU Farhan Haq.

"Nous n'avons aucune illusion et savons que ce processus ne sera pas facile, mais nous saluons ce premier pas vital et nécessaire", a commenté mardi le département d'État américain, appelant les belligérants à y participer "pleinement et sincèrement", tout en "cessant toutes les hostilités en cours".

Les Houthis "n'épargneront aucun effort pour faire réussir les pourparlers", a quant à lui assuré Mohammed Abdelsalam, qui dirige la délégation des rebelles.

L'une des initiatives ayant favorisé ces prochaines discussions est la signature par le gouvernement du président Hadi, en exil à Aden (sud du Yémen), et les rebelles d'un accord en vue d'échanger des centaines de prisonniers.

Hadi Haig, chargé de la question des détenus au gouvernement, a déclaré à l'AFP que cet accord concernerait entre 1.500 et 2.000 partisans du gouvernement et entre 1.000 et 1.500 rebelles. Il sera mis en oeuvre après les négociations en Suède.

Un représentant des rebelles, Abdel Kader al-Mourtadha, a souhaité qu'il soit "appliqué sans problème".

La Croix-Rouge internationale a annoncé qu'elle participerait à l'application de l'accord conclu sous l'égide de M. Griffiths, qui a multiplié les efforts pour convaincre les protagonistes de participer aux pourparlers en Suède.

- Chance "décisive" -

L'un des principaux objectifs est de trouver une solution politique pour faire cesser le bain de sang et éviter que la grave crise humanitaire n'empire au Yémen.

Partis en 2014 de leur bastion du nord du Yémen, les rebelles Houthis ont pris le contrôle de vastes régions, dont la capitale et la ville portuaire de Hodeida (ouest), par laquelle transitent la plupart de l'aide humanitaire à ce pays pauvre de la péninsule arabique.

En mars 2015, l'Arabie saoudite voisine a pris la tête d'une coalition militaire pour aider le pouvoir au Yémen à stopper la progression des rebelles Houthis. Et le conflit a progressivement pris la tournure d'une "guerre par procuration" entre les rivaux régionaux saoudien et iranien.

Le ministre d'État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, dont le pays est un pilier de la coalition militaire, a estimé que les pourparlers en Suède offraient "une occasion décisive pour s'engager avec succès dans une solution politique".

"Un État stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales", a-t-il toutefois ajouté, notant l'importance de la résolution 2216 de l'ONU qui souligne la légitimité du pouvoir Hadi et exige le retrait des Houthis des secteurs qu'ils occupent ainsi que la restitution des armes lourdes.

L'évacuation lundi vers le sultanat d'Oman de rebelles blessés au Yémen a ouvert la voie aux discussions de Suède.

Cette question avait fait capoter les pourparlers en septembre à Genève, les Houthis ayant accusé Ryad, qui contrôle l'espace aérien yéménite, d'avoir empêché le départ de blessés et de ne pas avoir donné de garanties pour le voyage aller-retour en toute sécurité de la délégation des rebelles.

Avec AFP

Christine Lagarde du FMI craint l'avènement d'un "âge de la colère"

Christine Lagarde , Islamabad, Pakistan, le 24 octobre 2016.

La patronne du FMI Christine Lagarde a lancé mardi un vigoureux appel à un renouvellement de la coopération internationale, craignant l'avènement d'un "âge de la colère" où les inégalités pourraient bientôt surpasser celles de l'"âge d'or" du capitalisme au XIXe siècle.

Dans un discours à la prestigieuse bibliothèque du Congrès à Washington, la directrice générale du Fonds monétaire international a plaidé pour un "nouveau multilatéralisme" qui assurerait que "les bienfaits économiques de la mondialisation soient partagés par tous et non plus seulement par quelques-uns".

Le commerce mondial doit selon elle être "réparé": "Nous devons poursuivre la désescalade" des tensions commerciales et améliorer le système des échanges, en "éliminant les subventions qui causent des distorsions" et en protégeant les droits de propriété intellectuelle.

Mme Lagarde préconise aussi un nouveau système de taxation internationale. "Les entreprises ont maintenant une présence planétaire, mais les gouvernements n'ont pas trouvé la bonne réponse fiscale", a-t-elle affirmé, dénonçant les stratégies d'optimisation fiscale qui laissent "trop de recettes d'impôts sur la table".

Sans cette "coopération internationale ré-imaginée", la responsable du FMI craint que dans 20 ans, d'ici 2040, "les inégalités ne surpassent ce qu'elles étaient pendant l'âge d'or du capitalisme".

Cet "âge de la colère" verrait des géants monopolistiques de la technologie face à des Etats faibles, des catégories favorisées de la population "pouvant vivre jusqu'à 120 ans quand des millions d'autres souffriront de pauvreté".

"Le fossé entre aspirations et réalités" risquerait de "nourrir colère et amertume", a-t-elle averti.

S'affirmant "une optimiste", Mme Lagarde assure qu'un "âge de l'inventivité" est possible, où les économies profiteront des énergies renouvelables, d'une plus forte intégration des femmes dans le monde du travail et où les grandes entreprises feraient montre de responsabilité sociale.

Israël: opération à la frontière libanaise contre des tunnels du Hezbollah

Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, s'adresse à ses partisans lors du 12è anniversaire de la guerre de 2006 entre Israel et le Hezbollah, Beyrouth, Liban, le 14 août 2018.

L'armée israélienne a annoncé avoir détecté des tunnels souterrains du Hezbollah libanais en territoire israélien et avoir lancé mardi une opération pour les détruire à la frontière.

L'opération "Bouclier du nord" est le dernier épisode en date de la confrontation entre Israël et la formation pro-iranienne, l'un des grands ennemis de l'Etat hébreu, de part et d'autre de la Ligne bleue fixant la frontière libano-israélienne.

Cette confrontation s'était au cours des dernières années largement déroulée sur le sol de la Syrie voisine, mais le discours israélien a évolué récemment pour dénoncer davantage les activités du Hezbollah et de l'Iran au Liban.

Un porte-parole des forces israéliennes, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a indiqué aux journalistes que des "tunnels d'attaque" du Hezbollah, dont il n'a pas précisé le nombre, avaient été détectés du côté israélien.

Ils ne sont pas encore opérationnels et ne représentent pas une "menace immédiate" pour la population du nord d'Israël, a-t-il dit.

"Nous avons lancé l'opération Bouclier du nord pour mettre au jour et déjouer la menace des tunnels d'attaque de l'organisation terroriste Hezbollah conduisant sous la frontière du Liban vers Israël", a-t-il dit.

L'armée opère seulement du côté israélien, a-t-il précisé.

Elle a établi une zone militaire fermée dans le secteur concerné, proche de Metulla, et renforcé sa présence, mais n'a pas mobilisé les soldats de réserve, a-t-il dit. Aucune consigne spécifique n'a été délivrée aux populations civiles israéliennes, a-t-il ajouté.

"Nous considérons les activités du Hezbollah comme une violation flagrante de la souveraineté israélienne, et cela prouve une nouvelle fois le mépris total du Hezbollah pour les résolutions des Nations unies", a-t-il dit.

Le 11 août 2006, la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU mettait fin à 33 jours d'une guerre qui a fait 1.200 morts côté libanais, et 160 côté israélien, sans neutraliser le Hezbollah, alors visé par une vaste offensive après l'enlèvement de deux soldats israéliens.

Après différents conflits, Israël et le Liban demeurent techniquement en état de guerre mais la frontière est restée relativement calme ces dernières années.

Israël construit actuellement une barrière principalement pour stopper d'éventuelles tentatives d'infiltration du Hezbollah. L'objectif à terme est d'ériger un mur le long des 130 kilomètres de frontière, à la place de la haute clôture existante.

- "Affidé" de l'Iran -

L'animosité persistante s'est surtout manifestée en Syrie, où le Hezbollah, comme l'Iran, s'est allié au régime de Bachar al-Assad. Israël a frappé à de multiples reprises des convois d'armes destinés au Hezbollah ainsi que des intérêts iraniens.

L'une des opérations israéliennes en Syrie a mal tourné le 17 septembre quand la défense antiaérienne syrienne a abattu par erreur un avion russe, provoquant la mort des 15 soldats russes à bord. Cet évènement a sévèrement remis en cause la liberté d'action revendiquée par Israël en Syrie.

Depuis, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a davantage mis l'accent sur la menace, selon lui, des activités iraniennes au Liban en soutien du Hezbollah.

Le 27 septembre, devant l'Assemblée générale de l'ONU, il avait accusé l'Iran de chercher à équiper le Hezbollah de missiles de précision pouvant frapper Israël en profondeur. Il avait fait état de trois sites proches de l'aéroport de Beyrouth où de telles activités seraient menées.

Le lancement de l'opération "Bouclier du nord" intervient au lendemain d'une rencontre initialement non annoncée entre M. Netayahu et le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à Bruxelles.

M. Netanyahu avait indiqué se rendre à Bruxelles pour discuter "de ce que nous entreprenons ensemble pour stopper les actes d'agression de l'Iran et de ses affidés", dans une claire référence au Hezbollah.

La rencontre avait été fixée la semaine dernière, d'après les services de M. Netanyahu, mais elle n'a été divulguée que lundi.

En novembre, M. Netanyahu avait justifié son refus de lancer au sud une opération d'ampleur contre le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza en laissant entendre que d'autres impératifs, non précisés, guidaient sa décision.

M. Netanyahu est par ailleurs dans une situation délicate au plan national, la police ayant recommandé dimanche son inculpation dans une troisième affaire de corruption présumée.

Avec AFP

Yémen: les pourparlers en Suède sont une chance "décisive" pour la paix, selon les Emirats

Anwar Gargash, ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, conférence de presse sur le Yémen, Dubai, Emirats arabes unis, le 13 août 2018.

Le gouvernement des Emirats arabes unis, un des principaux acteurs de la guerre au Yémen, a estimé mardi que les pourparlers de paix inter-yéménites prévus en Suède constituent une chance "décisive" pour mettre fin à un conflit meurtrier qui dure depuis quatre ans.

"Nous pensons que la Suède offre une occasion décisive pour s'engager avec succès dans une solution politique pour le Yémen", a déclaré dans un tweet Anwar Gargash, ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères.

L'évacuation lundi vers Oman de rebelles Houthis blessés au Yémen a ouvert la voix à des négociations de paix qui pourraient s'ouvrir dès cette semaine en Suède.

Le Koweït, qui avait accueilli des pourparlers en 2016, a déclaré lundi soir que la délégation rebelle quitterait le Yémen mardi pour Stockholm. Le médiateur de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths, se trouve lui-même dans la capitale yéménite Sanaa et il n'est pas exclu qu'il emmène avec lui en Suède des responsables Houthis.

Selon M. Gargash, l'évacuation de 50 Houthis blessés lundi "démontre une nouvelle fois le soutien apporté à la paix par le gouvernement yéménite et la coalition arabe" dont les principaux piliers sont l'Arabie saoudite et les Emirats.

"Une solution durable menée par les Yéménites offre la meilleure chance pour mettre fin à la crise actuelle", a-t-il dit, ajoutant toutefois: "Un Etat stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales".

M. Gargash a rappelé l'importance de la résolution 2216 adoptée en avril 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui souligne la légitimité du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exige le retrait des Houthis des villes et régions qu'ils occupent au Yémen, ainsi que la restitution des armes lourdes, dont les systèmes de missiles.

La résolution 2216 offre "une feuille de route réaliste", a estimé le ministre émirati.

Partis en 2014 de leur bastion dans le nord du Yémen, les Houthis, qui sont soutenus politiquement par l'Iran, ont pris le contrôle de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa et la ville portuaire de Hodeida (ouest).

Depuis l'intervention de la coalition militaire sous commandement saoudien en mars 2015, les combats ont fait quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés au Yémen, selon l'Organisation mondiale de la santé. Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

Avec AFP

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