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Le Qatar annonce son départ de l'Opep

Saad al-Kaabi, Ministre Qatari de l’énergie, à Doha au Qatar, le 4 juillet 2017.

Le Qatar a annoncé lundi qu'il quitterait le mois prochain l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), afin de se concentrer sur sa production de gaz, dont il est un des principaux exportateurs au monde.

"Le Qatar a décidé de se retirer comme membre de l'Opep avec effet en janvier 2019", a déclaré Saad Al-Kaabi, le ministre de l’énergie du Qatar, lors d'une conférence de presse à Doha, ajoutant que l'organisation en avait été informée préalablement.

Cette décision n'a aucun rapport avec l'embargo imposé à Doha depuis la rupture des relations diplomatiques en 2017 avec l'Arabie saoudite et ses alliés, a argué M. Kaabi, la qualifiant de "technique et stratégique".

Le Qatar est le premier exportateur de gaz naturel liquéfié au monde. En revanche, il ne dispose que de 2% des réserves mondiales d'or noir et n’en est que le 17ème producteur mondial.

Cependant, l'émirat continuera à produire du pétrole et à nouer des partenariats avec notamment le Brésil --premier producteur de pétrole en Amérique du sud-- mais se concentrera davantage sur le gaz, a-t-il relevé.

Malgré le démenti du responsable qatari, des analystes ont, eux, évoqué une décision éminemment "politique". Cela revient à "s'opposer à l'Arabie Saoudite à un moment où (le royaume) est un peu faible", a jugé Thierry Bros, chercheur à l'Oxford Institute for Energy Studies, en allusion notamment au scandale lié au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

- "Potentiel" -

"Nous n'avons pas beaucoup de potentiel (dans le pétrole), nous sommes très réalistes. Notre potentiel, c'est le gaz", a souligné M. Kaabi, par ailleurs à la tête de Qatar Petroleum.

"Se concentrer sur quelque chose qui ne fait pas partie de votre coeur de métier et qui ne va vous rapporter aucun bénéfice à long terme n'est pas efficace, a-t-il encore fait valoir.

En septembre, le Qatar a annoncé son intention d'augmenter sa production de gaz à hauteur de 110 millions de tonnes par an d'ici à 2024.

Doha n'est, à l'inverse, que le 17e producteur mondial de pétrole brut, avec 600.000 barils par jour, selon le site spécialisé world data.info.

Le petit pays du Golfe ne dispose en outre que de 2% des réserves mondiales d'or noir, d'après une publication officielle de la CIA, le World Factbook.

M. Kaabi a toutefois précisé qu'il se rendrait à la prochaine réunion de l'Opep prévue cette semaine à Vienne. "Sa première et dernière réunion" depuis qu'l est ministre de l'Energie du Qatar doit être axée sur la stratégie du cartel pour 2019.

La décision du Qatar de sortir de l'Opep devrait avoir peu de répercussions sur le marché, ont souligné des experts. "Sortir de l'Opep est surtout symbolique", a noté Amrita Sen, analyste à Energy Aspects consultants.

Le petit émirat est membre depuis 1961 de l'Opep, organisation fondée un an plus tôt notamment sous l'impulsion de l'Arabie saoudite, qui domine ce cartel de 15 membres à ce jour.

Lundi, les prix du baril de brut sont montés en flèche après que la Russie et l'Arabie saoudite ont annoncé, en marge du sommet du G20, leur intention de renouveler leur accord sur une baisse de production. Le cours de l'indice Brent a ainsi grimpé de 2,60 dollars, à 62,06 USD.

Le départ de Doha va en revanche affaiblir l'Opep elle-même, a estimé Thierry Bros. "Cela montre quand même que ça va être de plus en plus compliqué à gérer (pour l'Opep, ndlr), (car) ceux qui restent ne sont pas non plus de grands amis, comme l'Iran et l'Arabie saoudite", a-t-il avancé.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en juin 2017 en l'accusant de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, puissance régionale chiite rivale de Ryad, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, dont les Frères musulmans.

Le Qatar nie soutenir des groupes extrémistes, accusant en retour ses voisins de vouloir provoquer un changement de régime à Doha.

La trêve avec Trump saluée en Chine, mais sans excès d'optimisme

Le président Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur réunion bilatérale, le samedi 1er décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine. (AP Photo / Pablo Martinez Monsivais)

Les médias d'État chinois saluaient lundi "l'importante" trêve commerciale sino-américaine sans y voir un coup de baguette magique propre à résoudre les profonds différends bilatéraux, même si la nouvelle soutenait les Bourses asiatiques.

Pour le Global Times, l'accord de Buenos Aires, auquel sont parvenus samedi les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, constitue un "important pas en avant" porteur d'un "haut potentiel de commerce équitable" entre les deux première économies mondiales.

"On espère que les équipes commerciales des deux pays vont parvenir à autant d'accords que possible et aussi vite que possible pour accélérer la coopération Chine-États-Unis", écrit le quotidien nationaliste.

Le Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois, parle d'un "consensus important", montrant que les intérêts communs ont "dépassé les différends".

Donald Trump a renchéri dans l'optimisme dimanche soir en affirmant sur Twitter que la Chine allait "réduire et supprimer" ses droits de douane sur les automobiles américaines.

Le milliardaire new-yorkais et Xi Jinping ont déclaré une trêve dans leur conflit commercial, en conclusion d'un sommet du G20 conflictuel à Buenos Aires.

Washington a suspendu pour 90 jours l'application annoncée au 1er janvier de nouveaux droits de douane sur une partie des produits importés de Chine, le temps de laisser une chance à une négociation portant sur des "changements structurels" dans leurs relations commerciales.

Selon la Maison Blanche, la Chine s'est aussi engagée à acheter un montant très substantiel de produits américains, notamment agricoles.

Ce répit a suffi à ragaillardir les marchés asiatiques, très malmenés ces derniers mois par l'affrontement transpacifique: Tokyo a ouvert en hausse de plus de 1%, Shanghai et Hong Kong grimpant de plus de 2%.

- Coopération ou confrontation? -

Pourtant, en cas d'échec des discussions, Washington a prévenu: les droits de douane, de 10% depuis fin septembre, seront bien portés à 25% sur près de 200 milliards de dollars de produits.

La Chine avait rétorqué avec des mesures similaires sur quelques 110 milliards de dollars de produits venant chaque année des États-Unis.

Les autorités américaines reprochent à la Chine des transferts "forcés" de technologie ainsi que du "vol de propriété intellectuelle", en sus d'un déséquilibre commercial toujours abyssal. Selon Washington, l'excédent chinois est de 335 milliards de dollars annuels.

Le Global Times affirme lundi qu'au nombre des sujets de discussions entre les deux pays, figurera l'accès aux marchés, la propriété intellectuelle et le "contrôle conjoint de la cybercriminalité".

"Les deux parties sont convenues de s'efforcer de conclure dans les 90 jours", affirme-t-il, reprenant au compte de la Chine le délai de 90 jours initialement mentionné par les seuls États-Unis.

Les deux présidents vont commencer "immédiatement" à échanger sur les changements structurels à apporter en matière de transferts de technologie, de protection de la propriété intellectuelle, de piratage informatique, de services et d'agriculture, selon la même source.

Mais les analystes pointent que les désaccords seront ardus à résoudre.

Une opinion que semble partager le China Daily: "aucune baguette magique n'a été brandie pour abolir en une nuit les différences entre Chine et États-Unis", écrit-il.

L'accord de Buenos Aires montre que les deux parties ont conscience que la guerre des droits de douane peut porter préjudice à l'économie mondiale, estime-t-il.

"Mais compte tenu la complexité des interactions entre les deux économies, le reste du monde va continuer de retenir son souffle en attendant de voir si la série de projets constructifs dans les tuyaux peut remettre les relations bilatérales sur un chemin de coopération plutôt que de confrontation", souligne le quotidien de langue anglaise.

Avec AFP

Yémen: Ryad permet une évacuation de Houthis blessés avant des pourparlers

Des rebelles Houthis, i à Sanaa, au Yémen, le 18 juillet 2016.

Cinquante rebelles Houthis blessés au Yémen doivent être évacués lundi vers Oman à bord d'un avion affrété par l'ONU, une marque de "confiance" préalable à des pourparlers de paix, a annoncé la coalition militaire sous commandement saoudien qui intervient au Yémen.

L'initiative doit accélérer la tenue de négociations pour mettre fin à quatre longues années de guerre, qui ont épuisé et affamé la population, estiment des experts.

La question de l'évacuation d'insurgés blessés avait été à l'origine de l'échec de pourparlers en septembre à Genève. Les Houthis avaient accusé l'Arabie saoudite, qui contrôle l'espace aérien yéménite, d'avoir empêché le départ de blessés et de ne pas avoir donné de garanties pour le voyage en toute sécurité de la délégation rebelle.

Le colonel saoudien Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition antirebelles, a déclaré dans un communiqué que l'autorisation de lundi était donnée "à la demande" du médiateur de l'ONU pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, "pour des raisons humanitaires" et comme "mesure destinée à instaurer la confiance" avant les pourparlers prévus sous peu en Suède.

Si des sources diplomatiques et humanitaires évoquent la tenue de négociations de paix dès cette semaine, aucune annonce n'avait été faite lundi matin par les Nations unies.

Un avion affrété par l'ONU doit arriver dans la capitale yéménite, Sanaa, pour évacuer 50 combattants Houthis blessés vers Mascate, capitale du sultanat d'Oman. Ils seront accompagnés par trois médecins yéménites et un autre de l'ONU, a précisé dans un communiqué la coalition sous commandement saoudien.

Alors que l'Arabie saoudite a souvent été accusée d'être un frein à un règlement du conflit au Yémen, le colonel Maliki a tenu à souligner que la coalition soutenait les efforts de M. Griffiths "pour parvenir à une solution politique", ainsi que les mesures d'ordre "humanitaire" pour alléger les souffrances de la population.

- Ryad sous pression -

L'Arabie saoudite est sous la pression des grands pays occidentaux depuis l'assassinat de Jamal Khashoggi, journaliste critique du prince héritier Mohammed ben Salmane, par des agents saoudiens le 2 octobre au consulat du royaume à Istanbul.

Par ailleurs, la situation humanitaire s'est considérablement aggravée ces derniers mois au Yémen, où des millions de civils sont menacés par la famine, indépendamment des combats.

La bataille en novembre entre forces progouvernementales, soutenues par la coalition, et rebelles Houthis, appuyés par l'Iran, pour le contrôle de la ville portuaire de Hodeida (ouest) a suscité de vives inquiétudes parmi les organisations humanitaires.

Ce port sur la mer Rouge est le point d'entrée de plus des trois quarts des importations et de l'aide internationale au Yémen.

Une trêve relative est en vigueur à Hodeida. Par ailleurs, gouvernement et rebelles se sont déclarés disposés à participer aux consultations de paix en Suède.

L'Envoyé spécial de l'ONU s'est entretenu séparément ces derniers jours avec des responsables des deux camps pour préparer les négociations.

À part le round avorté de pourparlers en septembre à Genève, d'autres discussions avaient aussi échoué en 2016, après un marathon de 108 jours au Koweït. La délégation des Houthis était alors restée bloquée au sultanat d'Oman pendant trois mois.

Depuis mars 2015, les combats ont fait quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés au Yémen, selon l'Organisation mondiale de la santé. Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

Avec AFP

Climat : la Banque mondiale promet 200 milliards de dollars pour 2021-2025

Eventail de drapeaux pour accueillir les participants à la COP24, le 1er décembre 2018, à Katowice, en Pologne. (Photo AP / Frank Jordans)

La Banque mondiale a annoncé lundi la mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de financements de 2021 à 2025 pour aider les pays en développement face au changement climatique, soit un "doublement" par rapport à la période précédente.

Cette annonce, qui intervient juste après le début de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat en Pologne (COP24,) "envoie un signal important à la communauté internationale, pour qu'elle fasse de même", a estimé la Banque dans un communiqué.

Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 les financements (publics et privés) des politiques climatiques des pays en développement. Mais même si les flux augmentent, selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les pays du Sud réclament des engagements plus clairs du Nord.

L'enveloppe de quelque 200 milliards annoncée lundi sera composée de 100 milliards de dollars de "financements directs" de la Banque mondiale.

L'autre moitié est répartie entre environ un tiers de fonds directs de deux agences dépendant du groupe Banque mondiale et deux tiers de fonds privés mobilisés par leur intermédiaire, a expliqué à l'AFP le responsable du dossier climat de la Banque, John Roome, précisant que cela représenterait 35% du total des financements.

"Cela fait environ 40 milliards par an, dont 27 milliards de fonds directs", a-t-il commenté. Au cours de l'année fiscale 2018 (juillet 2017 à juin 2018), la Banque a engagé 20,5 milliards de dollars de financements sur le climat et en moyenne environ 13,5 milliards par an sur la période 2014-2018, a-t-il précisé.

Alors que les financements concernant le climat se concentrent en majorité sur les actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment sur le développement des énergies renouvelables, la Banque a décidé d'insister pour son plan 2021-2025 sur le soutien à l'adaptation aux effets des dérèglements climatiques.

"Nous devons combattre les causes mais aussi permettre de nous adapter aux conséquences qui sont souvent les plus dramatiques pour les plus pauvres du monde", a commenté Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale.

Ainsi, "pour la première fois", la moitié des 100 milliards de fonds directs de la Banque seront consacrés à des projets d'adaptation.

Augmentation du niveau des mers, inondations, sécheresses... Face aux effets dévastateurs des aléas climatiques qui les frapperont de plus en plus, les besoins des pays en développement sont énormes pour construire des digues, surélever des habitats ou mettre en place des systèmes d'alerte météo.

"Même si nous pouvons limiter le réchauffement à +2°C, nous savons que les besoins d'adaptation seront très importants dans des pays comme le Tchad, le Mozambique et le Bangladesh", a noté John Roome.

"Si nous ne réduisons pas les émissions et ne mettons pas en place des mesures d'adaptation maintenant, il y aura 100 millions de personnes supplémentaires vivant dans la pauvreté d'ici à 2030", a-t-il insisté. Et le nombre des "migrants climatiques" pourrait se multiplier, pour atteindre 143 millions d'ici à 2050 dans seulement trois régions (Afrique, Asie du Sud et Amérique latine).

Les quelque 200 pays réunis à Katowice jusqu'au 14 décembre doivent finaliser les règles d'application de l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Avec AFP

Climat: face à l'urgence, les pays les plus menacés testent la détermination mondiale

Conférence de presse à la COP24, le 2 décembre 2018 à Katowice, en Pologne. (Photo de Janek SKARZYNSKI / AFP)

Les pays les plus menacés par les catastrophes climatiques vont profiter lundi du sommet sur le climat pour réclamer plus d'engagements de leurs partenaires du Nord, mais des vents peu porteurs risquent de décevoir leurs espoirs.

Les présidents d'États particulièrement vulnérables, comme le Honduras et le Bangladesh, sont attendus à ce sommet organisé au deuxième jour de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat. Cette COP24 doit finaliser dans les deux semaines à Katowice les règles d'application qui permettront de libérer le potentiel de l'accord de Paris.

Comme le reste des pays du Sud, ils espèrent que la communauté internationale rehausse rapidement ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre. Mais ils devraient également rappeler le Nord à sa promesse de porter d'ici 2020 les financements aux politiques climatiques des pays en développement à 100 milliards de dollars par an.

"Le groupe des PMA (Pays les moins avancés) représente près d'un milliard de personnes. Elles sont les moins responsables du changement climatique mais parmi les plus vulnérables à ses effets", a commenté avant la conférence le président de la délégation de ce groupe, l'Éthiopien Gebru Jember Endalew, notant qu'il faudrait des "milliards de milliards de dollars" de finance climat.

Alors que cette question des financements Nord-Sud vient régulièrement perturber les négociations, la Banque mondiale a annoncé lundi une mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de 2021 à 2025 pour l'aide à la réduction des émissions et à l'adaptation au changement climatique, soit un "doublement" par rapport à la période précédente.

Cela "envoie un signal important à la communauté internationale, pour qu'elle fasse de même", a commenté l'institution.

Mais les observateurs craignent que le contexte international, avec notamment le rejet répété par Donald Trump de l'accord de Paris, ne soit pas propice à beaucoup de nouveaux engagements.

Et la Pologne, présidente de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, a d'autres priorités affichées. Outre l'adoption cruciale du mode d'emploi de l'accord de Paris, elle veut pousser pour une "transition juste" vers une économie bas-carbone et faire adopter au sommet un texte en ce sens.

Selon la version préparatoire vue par l'AFP, cette "déclaration de Silésie", coeur de la production houillère polonaise, "reconnaît les défis auxquels font face les secteurs, les villes et les régions en période de conversion des énergies fossiles (....) et l'importance d'assurer un avenir décent aux travailleurs touchés par cette transition".

- Climat et emplois -

Ils ne sont certes pas les seuls à évoquer la question de la "transition juste", mais certains craignent que ce soit une excuse pour ralentir le passage à une économie bas-carbone. "Nous n'avons pas des décennies ou des siècles pour sortir des énergies fossiles", met en garde Alden Meyer, de l'organisation Union of Concerned Scientists.

L'accord de Paris vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C.

Mais alors que le récent rapport des scientifiques du Giec a montré les nettes différences de l'incidence respective de ces deux réchauffements, il a aussi souligné qu'il faudrait pour rester sous +1,5°C réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici à 2030 par rapport à 2010. Ce qui implique une transformation majeure de l'économie.

"Certaines sociétés disent: c'est soit le climat soit les emplois. Ça ne marche pas comme ça", estime Maria Fernanda Espinosa, présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, mettant en avant le potentiel de création d'emplois des énergies renouvelables.

"Les sociétés doivent s'adapter, elles doivent comprendre (...) Ce qui est en jeu maintenant est tout simplement la survie du genre humain et de la planète", poursuit-elle.

Quant au président de la COP23, le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, il insiste pour que cette transition soit "juste pour tout le monde, en particulier pour les plus vulnérables au climat" et pas seulement "pour les travailleurs, les régions et les économies touchés".

Dans une récente déclaration commune, la Chine et la France appelaient elles aussi à cette transition juste, mais également "pour accroître le soutien du grand public à la réalisation" des objectifs de l'accord de Paris.

Depuis, le Premier ministre français Édouard Philippe a annulé sa venue au sommet de lundi, tandis que son pays s'enfonce dans la crise des "gilets jaunes", qui avait commencé comme un mouvement de protestation contre la hausse de la fiscalité écologique sur les carburants.

Avec AFP

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