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Coup d'envoi d'un G20 plus divisé que jamais

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avec le président russe Vladimir Poutine lors de l'ouverture du sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre 2018.

Les dirigeants du G20 ont ouvert vendredi à Buenos Aires le sommet peut-être le plus tendu de l'histoire de ces rencontres.

La grand-messe se jouera en grande partie autour d'un quatuor: Donald Trump, Vladimir Poutine, Mohammed ben Salmane et Xi Jinping.

Il est 15H00 GMT quand les chefs d'Etat et de gouvernements posent pour une photo de famille avant de s'asseoir à la table de réunion - sans la chancelière Angela Merkel, qui ne devait arriver qu'en début de soirée pour cause d'avion gouvernemental défaillant.

Comme rapprochés par les critiques internationales qui les visent, Vladimir Poutine et "MBS" affichent leur bonne entente.

Le président russe et le prince héritier saoudien, commandant chacun d'immenses ressources d'hydrocarbures, se saluent avec une cordialité très remarquée, d'un geste à mi-chemin entre une poignée de main et le "tope-là" de deux adolescents.

Le premier est critiqué pour les tensions avec l'Ukraine, après l'arraisonnement de trois navires de la marine ukrainienne en mer Noire par les gardes-côtes russes. Le second a vu sa réputation de réformateur entachée par l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Le président français Emmanuel Macron a eu également un aparté vendredi avec Mohammed ben Salmane, mais sur un tout autre ton, affirme l'Elysée. Des images de l'entretien ont circulé, sans enregistrement des voix.

Selon la présidence française, Emmanuel Macron a demandé "d'associer des experts internationaux à l'enquête" sur le meurtre de Jamal Khashoggi et il a défendu "la nécessité d'une solution politique au Yémen".

Le président français a posé pour la photo de famille à côté de Donald Trump. Leur relation s'est singulièrement dégradée après une série de tweets moqueurs du président américain.

Celui-ci affichait vendredi une mine renfrognée lors de l'ouverture officielle des débats, loin de l'enthousiasme avec lequel il a vanté dans la matinée la signature d'un nouvel accord de libre-échange nord-américain négocié à son initiative.

Le président chinois Xi Jinping était lui impassible.

Il aura samedi un dîner de tous les dangers avec Donald Trump, pour tenter d'enrayer un conflit commercial potentiellement catastrophique pour l'économie mondiale.

"Il existe des signes positifs, nous allons voir ce qui se passe. Si nous pouvions parvenir à un accord, ce serait bien", a déclaré le président américain, qui dit tout et son contraire sur cette entrevue depuis plusieurs jours.

Donald Trump goûte peu de manière générale les grandes rencontres diplomatiques. Et son caractère impulsif pourrait bien être encore accentué lors du G20 par de nouvelles révélations à charge dans l'enquête aux Etats-Unis sur l'ingérence russe lors de sa campagne présidentielle.

"Une pratique vicieuse"

Il a déjà pris tout le monde de court jeudi en annulant une réunion bilatérale avec Vladimir Poutine. Côté américain, on a déploré que l'enquête en cours aux Etats-Unis "pénalise" la relation avec la Russie, tout en assurant que cette annulation était seulement liée à la crise en Ukraine.

Alors que Kiev annonce des mesures pour limiter l'accès des hommes russes à son territoire, le président du Conseil européen Donald Tusk s'est dit "sûr" à Buenos Aires que les sanctions de l'Union européenne contre la Russie seraient reconduites en décembre.

"Une pratique vicieuse du recours aux sanctions unilatérales illégales et aux mesures protectionnistes se répand", a déploré de son côté le président russe.

Il sera bien difficile à ce G20 de tenir la promesse faite lors du tout premier sommet de ce genre, en novembre 2008: celle de passer par le multilatéralisme pour apporter la "prospérité" au monde.

Les Européens présents au G20 (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Grande-Bretagne, UE) vont tenter de sauver les meubles en obtenant au moins 19 signatures - celle de Donald Trump étant inimaginable - sous un engagement franc de lutte contre le réchauffement climatique.

Pour le reste, les diplomates s'acharnent encore sur un communiqué final qu'endosseraient les 20 protagonistes. Le sujet le plus délicat, hors climat: le commerce.

Au-delà des joutes diplomatiques, les autorités argentines redoutaient des violences lors d'une grande manifestation de protestation prévue vendredi après-midi.

Le gouvernement a décrété un jour férié, fermé écoles et moyens de transport, et déployé plus de 20.000 membres des forces de l'ordre pour quadriller des avenues désertées.

Trump savoure le nouvel accord commercial nord-américain

Donald Trump serre la main du premier ministre canadien Justin Trudeau, sous le regard du président du Mexique, Enrique Peña Nieto, après la signature de l'accord en Argentine, le 30 novembre 2018.

Les Etats-Unis, le Mexique et le Canada ont signé un nouveau traité de libre-échange, une victoire pour le président américain qui avait fait voler en éclat le précédent accord en vigueur depuis plus de vingt ans.

Après des mois d’âpres négociations, le président américain Donald Trump, le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président sortant du Mexique Enrique Peña Nieto ont signé ce vendredi à Buenos Aires l'Accord États-Unis-Mexique-Canada.

Nouveau traité de libre-échange nord-américain
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L’AEUMC succède à l'Accord de libre-échange nord-américain, plus connu comme l’Aléna, qui était en vigueur depuis près d'un quart de siècle.

C’est en marge du sommet du G20 dans la capitale argentine qu’a eu lieu la cérémonie de signature de ce nouvel accord commercial nord-américain. L’occasion pour le président Trump de souligner le caractère "historique" du traité et rappeler qu'il a dû batailler pour faire renégocier l'Aléna, qu'il jugeait défavorable à son pays.

"C'est un modèle d'accord de libre-échange qui va changer le paysage commercial pour toujours", s'est félicité dans la foulée de la signature le président américain, présent à Buenos Aires aux côtés de ses homologues mexicain et canadien, pour cette cérémonie juste avant le début officiel du sommet du G20.

"Avec la signature de ce traité, le président Trump tient sa promesse de renégocier le (précédent accord) Aléna et de protéger les agriculteurs, les entreprises et les travailleurs américains", a abondé la Maison Blanche dans un communiqué.

"Aux États-Unis, le nouvel accord supportera des emplois bien rémunérés dans le secteur manufacturier tout en favorisant les exportations américaines dans tous les secteurs visés par l’entente, dont l'agriculture, l’industrie manufacturière et les services", a affirmé le locataire de la Maison Blanche.

Quant au premier ministre canadien, Justin Trudeau qui continue de parler de "nouvel Aléna", il relève que l’accord apporte de la stabilité à l'économie canadienne et lève le risque d'incertitude.

"L’accès au marché nord-américain sans tarifs douaniers que nous garantit l’Accord de libre-échange protège au moins 70 % des exportations canadiennes", a souligné M. Trudeau qui, en s'adressant à M. Trump, a toutefois indiqué que Washington et Ottawa devaient continuer de travailler pour supprimer les droits de douane américains imposés sur l'acier et l'aluminium.

Enrique Peña Nieto, dont le mandat s'achève ce vendredi, a déclaré pour sa part que l'AEUMC profiterait à chacun de leurs trois pays et favoriserait la prospérité de l'Amérique du Nord.

Un nouveau nom, les voitures, le lait et la volaille au cœur des négociations, un réexamen possible tous les dix ans... Voici ce qu'il faut savoir du nouveau traité commercial liant Etats-Unis, Canada et Mexique signé vendredi à Buenos Aires, en marge du sommet du G20.

NOUVEAU NOM

Scellé fin septembre après de laborieuses négociations, le nouvel accord s'appelle "Accord Etats-Unis-Mexique-Canada" (AEUMC - United States-Mexico-Canada Agreement, USMCA en anglais). Il succède au traité de libre-échange nord-américain Aléna, qui datait de 1994. Le président américain Donald Trump avait promis de faire changer le nom de Nafta (l'acronyme anglais de l'Aléna) qu'il détestait.

Détail amusant, chacun des trois pays a rebaptisé le traité en se plaçant en tête de l'acronyme: USMCA pour les Etats-Unis, TMEC (Traité Mexique-Etats-Unis-Canada) pour le Mexique et CUSMA (Canada-United States-Mexico Agreement, en anglais) pour le Canada.

AUTOMOBILE

L'un des volets les plus importants concerne le secteur automobile qui a été totalement révolutionné par l'Aléna. Le nouveau texte prévoit des règles incitant à se fournir en matériaux et composants aux Etats-Unis et en Amérique Nord. Il prévoit aussi une provision forçant le Mexique à augmenter les salaires du secteur pour réduire les écarts avec les voisins du nord mieux payés.

Quelque 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

LAIT ET VOLAILLE

Ottawa accepte d'assouplir son système dit de la "gestion de l'offre", qui contrôle la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens grâce à des quotas annuels et des taxes à l'importation atteignant 275%. Cet assouplissement permettra aux producteurs américains un meilleur accès au marché canadien, comme le réclamait Washington. M. Trump en exigeait le démantèlement complet, Ottawa a ouvert 3,4% de son marché, "de manière semblable au TPP", le Partenariat Transpacifique que le Canada a signé en mars avec 10 pays de l'Asie-Pacifique.

LITIGES, CULTURE ET ENVIRONNEMENT

En échange, le mécanisme de règlement des litiges commerciaux, connu sous le nom de "chapitre 19" et honni par Washington, reste "intact" sur le fond même s'il change de nom.

L'exception culturelle canadienne, qui voit le Canada subventionner le secteur culturel, est également maintenue malgré les protestations des Etats-Unis.

Un chapitre sur l'environnement est créé et comporte des "règles strictes".

NUMERIQUE, PROPRIETE INTELLECTUELLE, DEVISES

L'économie numérique est pour la première fois couverte, alors que de Mexico à Ottawa, en passant par Washington, le régime fiscal des GAFA est dénoncé depuis des années.

Des protections "sans précédent" en termes de propriété intellectuelle sont établies.

Le nouveau traité prévoit des provisions pour empêcher la “manipulation" des échanges soit par les devises soit en assurant que des pays qui ne sont pas partie prenante dans le texte ne tirent pas des avantages indus de ce marché libre.

REEXAMEN

L'accord est signé pour 16 ans, avec la possibilité de le réexaminer tous les six ans.

L’AEUMC devra encore être ratifié par les parlements des trois pays avant d'entrer en vigueur.

Du yoga pour débuter le G20 en Argentine (vidéo)

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Un vache géante en Australie (vidéo)

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Poutine à Buenos Aires pour le G20 (vidéo)

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