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Déchirements sur un Pacte de l'ONU visant à encadrer les migrations

Louise Arbour, représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, le 25 septembre 2016.

Les migrations, objet d'un Pacte mondial soumis à approbation lors d'un sommet les 10 et 11 décembre à Marrakech, déchaînent les passions dans une période propice aux crises sur plusieurs continents.

En juillet, à l'exception notable des Etats-Unis, tous les pays de l'ONU avaient adopté ce Pacte à New York après de longues négociations.

Non contraignant, ce document de quelque 25 pages, premier du genre sur ce sujet, recense des principes - défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations en facilitant l'information, l'intégration des migrants, l'échange d'expertises...

Le Pacte interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

Dès 2017, la nouvelle administration républicaine de Donald Trump avait quitté les discussions, affirmant que les dispositions du Pacte étaient contraires à sa politique migratoire et sa volonté d'en finir avec les arrivées illégales en provenance d'Amérique centrale.

- Retraits en série -

Depuis juillet, les retraits ou les reports de décision s'accumulent, jetant une sérieuse ombre sur le sommet à venir à Marrakech. "Il est crucial que la migration internationale nous unisse plutôt qu'elle nous divise", insiste pourtant le texte.

La représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, la Canadienne Louise Arbour, a balayé mardi les critiques, mettant sur le compte de la xénophobie et de politiques intérieures les volte-face enregistrées. "Ce n'est pas un traité mais un cadre de travail" qui est proposé pour un "sujet mondial", a-t-elle asséné, en insistant sur le caractère non contraignant du texte.

A l'été, la Hongrie s'était rapidement alignée sur la position américaine et, à l'approche du sommet au Maroc, plusieurs autres pays viennent aussi de renoncer ou de geler leur décision: parmi eux, l'Australie, la République tchèque, Israël, la Pologne, l'Autriche, la Bulgarie, la Slovaquie, la Belgique...

Et même la Suisse confrontée à une opposition parlementaire. Un comble alors que le Pacte a été négocié pendant 18 mois sous la houlette de ce pays et du Mexique, co-facilitateurs pour le consensus mondial acquis en juillet.

- Résolution -

Selon eux, les 27 pays de l'Union européenne avaient parlé tout au long des négociations "d'une seule voix".

Certains d'entre eux avancent aujourd'hui des craintes de voir déferler des migrants. Le texte est "dangereux", il "incitera des millions de personnes à prendre la route", a ainsi dit Budapest. Il ne "garantit pas la sécurité de la Pologne", a renchéri Varsovie.

Tous ces arguments "ne sont pas très précis", rétorque Louise Arbour, en laissant poindre son incompréhension alors que le texte "protège la souveraineté" des Etats.

"Espérons que ces pays rejoignent à l'avenir le Pacte". "Cela peut vouloir dire qu'ils prennent la question au sérieux", veut croire la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa.

"L'Histoire de l'humanité est l'Histoire de peuples en mouvement", rappelle-t-elle.

"Les migrants sont un moteur extraordinaire de croissance" et ce "Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée (...) est un pas sans précédent pour accroître la coopération internationale", avait estimé en juillet le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Selon lui, 60.000 migrants sont décédés depuis 2000 en mer, dans le désert ou ailleurs.

"Le Pacte mondial n'imposera rien à personne, mais il propose des solutions", avait alors résumé le co-facilitateur mexicain, l'ambassadeur Juan José Gomez Camacho.

Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 258 millions, soit 3,4% de la population mondiale.

Plusieurs ONG, comme Amnesty International ou la Fédération internationale de la Croix-Rouge, avaient salué l'adoption du texte, tout en réclamant la "levée des barrières qui interdisent à des migrants vulnérables d'accéder à l'aide humanitaire et aux services de base".

Après le sommet de Marrakech, où le texte doit être formellement entériné sans signature, une résolution est prévue à l'Assemblée générale. Avec une dernière approbation sans vote et par consensus, espère-t-on encore à l'ONU. Pour la suite, un réseau de coordination sur les migrations pourrait être établi au sein de l'ONU, selon Louise Arbour.

L'Ukraine évoque la "menace d'une guerre totale" avec Moscou

Un marin ukrainien (D), escorté par un agent des services de sécurité russes dans une salle d'audience à Simferopol, en Crimée, le 27 novembre 2018.

Le président ukrainien Petro Porochenko a évoqué la "menace d'une guerre totale" avec la Russie qui a selon lui "augmenté drastiquement" sa présence militaire à la frontière.

Haussant le ton face à Vladimir Poutine, Donald Trump a, lui, menacé d'annuler sa rencontre prévue en fin de semaine avec son homologue russe au sommet du G20 en Argentine.

Le rapport sur la situation que ses conseillers à la sécurité nationale doivent lui remettre prochainement "sera déterminant", a dit le président des Etats-Unis dans un entretien au Washington Post. "Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue" avec le maître du Kremlin, a-t-il prévenu, alors que la Maison Blanche venait de confirmer la tenue de la rencontre.

"Je n'aime pas cette agression. Je ne veux pas d'agressions", a insisté Donald Trump, souvent accusé d'être trop conciliant avec Moscou.

L'Ukraine et la Russie sont engagées dans leur pire bras de fer depuis plusieurs années, après la capture dimanche par les gardes-côtes russes au large de la Crimée de trois bateaux militaires ukrainiens, un incident inédit.

"Je ne veux pas que quelqu'un pense que ce sont des jeux d'enfant. L'Ukraine fait face à la menace d'une guerre totale avec la Fédération russe", a lancé mardi le président Porochenko sur trois chaînes de télévision ukrainiennes.

Selon lui, le nombre de chars dans des bases militaires russes le long de la frontière "a triplé" et le nombre d'unités militaires "a augmenté drastiquement".

Le président ukrainien a également fait état d'une forte augmentation du nombre de bateaux militaires russes dans la mer d'Azov et d'une présence militaire russe renforcée en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Il s'agit de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis cette annexion et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10.000 morts.

- "Provocation" ou "agression" -

Accusés d'avoir franchi illégalement la frontière russe, douze marins ukrainiens, sur les 24 faits prisonniers dimanche, ont été placés mardi en détention provisoire jusqu'au 25 janvier, conformément à la décision d'un tribunal de Simféropol, chef-lieu de la Crimée. Les autres doivent comparaître mercredi.

L'accrochage en mer Noire s'est produit lorsque les bâtiments de la Marine ukrainienne ont tenté de traverser le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d'Azov, d'une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d'acier produits dans l'est de l'Ukraine.

Les gardes-côtes russes, qui dépendent des services de sécurité (FSB), ont arraisonné par la force deux vedettes et un remorqueur ukrainiens, les accusant d'être entrés illégalement dans les eaux russes.

L'incident a été qualifié de "provocation" par la Russie, tandis que l'Ukraine a dénoncé un "acte d'agression" de Moscou, réclamant la libération des marins et le retour des navires.

Petro Porochenko a assuré avoir tenté, en vain, de joindre Vladimir Poutine. "J'ai été contraint" à demander à la chancelière allemande Angela Merkel "de discuter avec Poutine" de cet incident, a-t-il soutenu.

En réponse à l'incident, le Parlement ukrainien a voté lundi l'introduction de la loi martiale dans les régions frontalières, le président Porochenko justifiant cette initiative, sans précédent depuis l'indépendance de cette ex-république soviétique en 1991, par "la menace extrêmement élevée" d'une offensive terrestre russe.

Vladimir Poutine a mis en garde mardi l'Ukraine contre tout acte "irréfléchi" et fait part de sa "sérieuse préoccupation" à Angela Merkel, lui demandant de faire pression sur Kiev.

Pyongyang veut empêcher une réunion du Conseil de sécurité sur les droits humains

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un

La Corée du Nord a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à empêcher la tenue d'une réunion que les Etats-Unis veulent organiser sur le bilan de Pyongyang en matière de droits humains, estimant que cela irait à l'encontre des récents gestes d'apaisement.

Kim Song, ambassadeur nord-coréen auprès de l'ONU, a exprimé "une profonde surprise et des regrets" à la perspective que le Conseil "puisse nager à contre-courant de la tendance actuelle" en tenant cette réunion sollicitée pour le 10 décembre, d'après un courrier adressé à l'instance onusienne.

Si cette réunion devait se dérouler, ce serait la cinquième rencontre annuelle du Conseil consacrée aux droits humains en Corée du Nord.

Chaque année depuis 2014, les Etats-Unis sont parvenus à obtenir les neuf votes nécessaires au sein du Conseil de sécurité pour la tenue de cette réunion, malgré l'opposition de la Chine.

En effet, chaque fois, Pékin a réclamé un vote de procédure pour tenter de bloquer cette initiative en estimant qu'un tel sujet devait être abordé au Conseil des droits de l'homme de l'ONU basé à Genève et non au sein du Conseil de sécurité à New York.

L'ambassadeur nord-coréen a prévenu dans sa missive qu'une nouvelle réunion de ce genre "raviverait la confrontation au lieu d'encourager et de promouvoir les développements positifs en cours".

Il a également accusé les Etats-Unis de "comploter pour inviter" la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet à s'exprimer devant le Conseil pour rendre compte des infractions aux droits humains en Corée du Nord.

Lors d'un sommet historique en juin à Singapour intervenu après plusieurs mois d'escalade belliqueuse entre eux, le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un ont engagé un dialogue visant à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Un second sommet est envisagé en 2019 mais Pyongyang n'a effectué depuis juin que peu de gestes concrets vers l'abandon de ses programmes nucléaire et balistique.

Washington exhorte le Conseil de sécurité à repousser la trêve au Yémen

Donald Trump au Conseil de sécurité lors de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l'ONU, le 26 septembre 2018.

Les Etats-Unis ont indiqué mardi au Conseil de sécurité de l'ONU qu'un projet de résolution appelant à une trêve au Yémen devrait être retardé, en attendant les consultations de paix prévues en Suède début décembre.

La Grande-Bretagne avait présenté la semaine dernière ce texte alors que les Nations unies intensifiaient leurs efforts pour organiser des pourparlers afin de mettre un terme à la guerre qui ravage le Yémen depuis près de quatre ans.

L'émissaire de l'ONU, Martin Griffiths, espère rassembler autour d'une même table le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie Saoudite, et les rebelles Houthis, lors de prochaines consultations de paix qui pourraient débuter dès le 3 décembre en Suède, selon des diplomates onusiens.

Lors des négociations à l'ONU autour du projet de résolution présenté par les Britanniques, la mission américaine aux Nations Unies a indiqué qu'il était "important de prendre en considération les résultats des discussions imminentes à Stockholm, qui seront un point d'inflexion important dans le processus politique."

"Nous avons hâte d'apporter des commentaires de fond au projet (de résolution) une fois que nous aurons davantage d'informations quant aux résultats des consultations à venir", précise le message de la mission américaine envoyé mardi aux autres membres du Conseil.

Le projet, qui serait le premier sur le Yémen à être discuté au Conseil depuis 2015, augmenterait la pression sur la coalition emmenée par l'Arabie Saoudite ainsi que sur les rebelles Houthis soutenus par l'Iran pour qu'ils négocient un accord sur le Yémen, où des millions de personnes sont menacées par la famine.

Ce texte appelle à une trêve immédiate dans la ville portuaire de Hodeida et donne un délai de deux semaines aux belligérants pour lever tous les obstacles au passage de l'aide humanitaire. Les négociations ont commencé la semaine dernière mais aucune date de vote sur ce texte n'a encore été fixée.

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