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L'acte d'accusation pour destitution de Donald Trump approuvé par la commission judiciaire

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Le renvoi de Trump en procès pour destitution approuvé lors d'un vote préliminaire

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants Jerry Nadler

L'acte d'accusation de Donald Trump a été approuvé vendredi par une commission à majorité démocrate du Congrès, franchissant une étape décisive avant un vote historique sur le probable renvoi du président des Etats-Unis en procès pour destitution.

Deux mois et demi après l'explosion du "scandale ukrainien", la commission judiciaire de la Chambre des représentants a adopté, en suivant des lignes strictement partisanes, deux chefs d'inculpation retenus par les démocrates contre le milliardaire: "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès".

Il revient désormais à la Chambre de voter sur ce texte lors d'une séance plénière attendue mercredi, selon les médias.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation. Il devrait toutefois échapper à une destitution, le Sénat, chargé de le juger, étant contrôlé par les républicains qui font bloc autour de leur président.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l'a d'ailleurs affirmé jeudi soir sur Fox News: "Il n'y a aucune chance que le président soit destitué".

Même s'il est acquitté, son renvoi en procès entachera le bilan de Donald Trump et ternira sa campagne de réélection, bien qu'il conserve un soutien massif auprès de sa base républicaine.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter cet "impeachment".

Avant de passer au vote, la commission judiciaire a débattu pendant une quinzaine d'heures. Ces discussions fleuves, émaillées de nombreuses escarmouches, ont exposé deux visions diamétralement opposées de la conduite de Donald Trump, qui reflètent les fractures de la société américaine face à ce président atypique.

- Antipodes -

Les ennuis du milliardaire ont commencé quand un mystérieux lanceur d'alerte s'est alarmé de la teneur d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes.

Surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Or, une aide militaire cruciale pour Kiev, en conflit armé avec la Russie, avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, démocrates et républicains tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a commis un "abus de pouvoir" pour s'assurer un avantage dans l'élection de 2020, mettant en jeu l'intégrité du scrutin et la sécurité des Etats-Unis.

Les démocrates lui reprochent aussi d'avoir "entravé" le travail du Congrès en refusant de participer à leur enquête.

Jugeant la procédure "inconstitutionnelle", la Maison Blanche a en effet interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

- "Attaque" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquête étaient légitimes pour lutter contre des soupçons de "corruption".

Selon eux, Hunter Biden a été employé par le groupe gazier ukrainien Burisma uniquement parce que son père était à l'époque vice-président des Etats-Unis.

Pour eux, la procédure de destitution est motivée par l'aversion des démocrates pour un président au style peu conventionnel, et par leur peur de perdre de nouveau contre lui en 2020.

Au cours des débats fleuves, les républicains se sont attachés à présenter la procédure comme une offensive visant aussi les électeurs de Donald Trump. "Il ne s'agit pas simplement d'une attaque contre la présidence, c'est une attaque contre nous tous", a tonné l'élu Matt Gaetz.

L'impact des débats sur l'opinion est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

Les candidats démocrates se disputent le soutien des Afro-Américains

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Vifs débats autour d'ultimes retouches à l'acte d'accusation de Trump

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants

Dans un climat électrique, une commission parlementaire américaine mettait jeudi la touche finale à l'acte d'accusation de Donald Trump, avant un vote historique sur son probable renvoi en procès pour destitution.

Elus républicains et démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants ont, lors d'une séance tendue, livré une nouvelle fois des analyses diamétralement opposées des faits reprochés au 45e président des Etats-Unis.

"Il a commis le crime le plus grave contre la Constitution en abusant de son pouvoir (...) à des fins personnelles", a estimé l'élu démocrate Eric Swalwell. "C'est une farce", a au contraire jugé le républicain Doug Collins, en reprochant à l'opposition "d'envoyer les faits au diable".

En raison de ces divergences partisanes, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation la semaine prochaine à la chambre basse, où les démocrates disposent d'une majorité confortable, puis acquitté - sans doute dès janvier - au Sénat, contrôlé par les républicains.

Même s'il échappe in fine à une destitution, le fait d'être renvoyé en procès dans le cadre de cette procédure laissera une marque historique sur son bilan et assombrira sa campagne de réélection.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter sa mise en accusation ("impeachment").

- "Président-roi" -

Donald Trump est dans la tourmente depuis qu'un mystérieux agent du renseignement a activé la procédure réservée aux lanceurs d'alerte au sujet d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes. Mais surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et dont le fils travaillait pour une entreprise ukrainienne alors que M. Biden était vice-président.

Or, une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, républicains et démocrates tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a usé de sa fonction présidentielle à des fins personnelles, mettant en jeu l'intégrité des élections et la sécurité des Etats-Unis. Forts de leur majorité à la Chambre, ils ont donc rédigé un article de mise en accusation du président pour "abus de pouvoir".

Les pères fondateurs ne voulaient pas "d'un président-roi", a souligné la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi lors d'une conférence de presse. "Personne n'est au-dessus des lois: le président sera tenu responsable" de ses actes, a-t-elle ajouté.

- "Risibles" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquêtes étaient légitimes. Ils avancent que l'entreprise ukrainienne pour laquelle travaillait le fils de Joe Biden, Hunter Biden, avait une réputation douteuse.

Pour eux, la procédure de destitution n'est qu'une "mascarade" initiée par les démocrates parce qu'ils craignent de perdre les élections de 2020.

La Maison Blanche a déclaré la procédure "inconstitutionnelle" et a refusé de participer à l'enquête. Elle a interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

Pour cette raison, les démocrates ont retenu un second chef d'inculpation contre le président: "entrave à la bonne marche du Congrès".

Ces deux chefs figurent dans un projet de résolution qui était au cœur de débats tendus jeudi, les élus s'accusant réciproquement d'user d'arguments "risibles", "absurdes", "incroyables" ou encore "ridicules".

Une fois de possibles amendements discutés, la commission passera au vote, probablement dans la journée.

L'acte d'accusation sera ensuite soumis au vote de la Chambre en séance plénière, sans doute dès la semaine prochaine.

L'impact de cette procédure acrimonieuse sur l'opinion publique est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

La commission judiciaire de la Chambre se prépare à approuver les articles de mise en accusation

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