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Trump lance sa campagne pour 2020 sur un air de 2016

Donald Trump lançant sa campagne de réélection, Amway Center, Orlando, Floride, le 18 juin 2019

Sous les cris d'une foule enthousiaste, Donald Trump a lancé mardi en Floride sa campagne pour 2020, reprenant ses thèmes favoris de 2016 et attaquant avec violence les démocrates accusés de vouloir "détruire le rêve américain".

Très à l'aise au pupitre, fidèle à son style provocateur, le président américain, en quête d'un second mandat après sa victoire-surprise de 2016, a galvanisé les quelque 20.000 supporteurs venus l'écouter à Orlando.

Promettant "un séisme dans les urnes", M. Trump l'a assuré: "nous y sommes arrivés une fois, nous y arriverons encore. Et cette fois nous allons finir le travail".

"Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!", reprenaient régulièrement ses soutiens dans la salle de l'Amway Center, rythmant un discours à la tonalité nationaliste très agressive dans lequel il a de nouveau dénoncé l'immigration clandestine et promis de défendre les travailleurs américains face à la concurrence étrangère jugée déloyale.

Trump lance officiellement sa campagne 2020
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Mais il s'est présenté à Orlando sans nouvelles propositions.

Faisant huer tour à tour les médias "Fake News", sa rivale en 2016 Hillary Clinton, Barack Obama ou encore l'enquête du procureur spécial Robert Mueller, il a accusé ses adversaires politiques d'être "guidés par la haine", ciblant la vingtaine de candidats démocrates qui espèrent lui ravir la Maison Blanche.

"Voter pour un démocrate, quel qu'il soit, en 2020, c'est voter pour la montée du socialisme radical et la destruction du rêve américain", a-t-il affirmé.

"Keep America great"

Le président américain, en position délicate dans les sondages, sait qu'il devra s'imposer dans le "Sunshine State" s'il veut se maintenir huit ans au pouvoir comme ses trois prédécesseurs, Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton.

Jouant avec la foule, Donald Trump a fait mine de lui faire choisir, à l'applaudimètre, le meilleur slogan possible.

"Vous êtes prêts? Je veux vous entendre!", a lancé l'ancien animateur de télé-réalité. "Make America Great Again" (Rendre à l'Amérique sa grandeur)? "Keep America Great" (Garder sa grandeur à l'Amérique)?

Cette base fidèle constituera l'un de ses atouts pour tenter de décrocher un second mandat en 2020.

Cravate rouge, il s'est rendu en Floride avec son épouse Melania, une grande partie de sa famille, son vice-président Mike Pence et de fidèles alliés républicains.

Aucun suspense sur le fond: l'ancien homme d'affaires de New York, en campagne permanente, n'avait jamais fait mystère de sa volonté de se représenter.

Mais ce rassemblement lui a donné l'occasion de capter toute la lumière, avant une séquence qui sera plus favorable à ses adversaires démocrates.

Celui qui s'est présenté en 2016 comme le candidat anti-système et anti-élites semble déterminé à conserver le ton et la posture de l'outsider, mais l'équation n'est pas la même après plusieurs années au pouvoir.

"L'Economie Trump"

Comme en 2016, lorsqu'il avait brandi l'idée de construire un mur à la frontière avec le Mexique, il a insisté sur le nécessité d'être ferme sur l'immigration.

Mais il n'a pas repris sa promesse lancée la veille de commencer à expulser les "millions d'étrangers (...) entrés de manière illicite aux Etats-Unis".

Sur le bilan, Donald Trump a mis en avant les bons chiffres de ce qu'il appelle "L'Economie Trump".

"Le monde entier envie notre économie, qui est peut-être la meilleure économie de l'Histoire de notre pays", a-t-il lancé.

Il a aussi réitéré ses positions connues sur l'Iran et Israël, en défendant sa décision emblématique sur le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem.

"Nous avons renoué le lien d'amitié avec notre cher allié, l'Etat d'Israël", a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Sur l'Iran, Donald Trump a de nouveau dénoncé l'accord "désastreux" sur le nucléaire iranien dont il a retiré les Etats-Unis en 2018, claironnant avoir "imposé les sanctions les plus dures jamais appliquées contre le premier Etat parrain du terrorisme dans le monde".

Le président américain a également juré que sous son mandat, les Etats-Unis viendraient à bout du cancer, du sida et prépareraient la voie pour envoyer des Américains sur Mars.

- Trump "doit être battu" -

Huit jours après ce show Trump, vingt candidats démocrates se retrouveront à Miami, quelque 300 km plus au sud, pour deux débats cruciaux dans une primaire qui s'annonce très ouverte.

Le candidat à la Maison Blanche et socialiste revendiqué Bernie Sanders a répliqué au discours du républicain.

"Ecouter Trump m'a vraiment fait sentir que c'est un homme qui vit dans un univers parallèle (...) et doit être battu", a déclaré le sénateur indépendant, éreintant le milliardaire pour n'avoir pas évoqué les inégalités sociales.

En 2016, l'ex-magnat de l'immobilier a, grâce à des victoires cruciales dans une poignée d'Etats-clés, été propulsé à la Maison Blanche avec, sur l'ensemble du pays, près de trois millions de voix de moins que sa rivale démocrate Hillary Clinton (qui a perdu à cause du collège électoral).

Dans la mesure où il a jusqu'ici obstinément refusé, selon les analystes politiques, de se poser en rassembleur et d'élargir sa "carte électorale", une réélection passe par une nouvelle performance sur les mêmes terres.

Or la voie s'annonce étroite si l'on en juge par les élections de mi-mandat, qui ont montré un retour en force des démocrates dans la "Rust Belt" industrielle, où règne un fort sentiment de déclassement social.

Trump lance officiellement sa campagne 2020

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Les 'Américains accidentels' obtiennent gain de cause

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Lancement de la campagne de Donald Trump à Orlando

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Facebook se lance dans l'arène des cryptomonnaies avec "Libra"

Facebook fera-t-il entrer les cryptomonnaies dans le quotidien de ses quelque 2,7 milliards d'usagers? C'est en tout cas son intention avec "Libra", une monnaie virtuelle censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané.

En s'attaquant, dix ans après le bitcoin, au sulfureux domaine des cryptomonnaies, régulièrement sous le feu des projecteurs du fait de piratages et d'accusations de blanchiment d'argent, Facebook se lance un défi de taille, tant il fait lui-même l'objet d'une grave crise de confiance après une série de scandales autour de sa gestion des données personnelles.

Libra doit offrir à partir du premier semestre 2020 un nouveau moyen de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels: elle se veut la pierre angulaire d'un tout nouveau écosystème financier sans la barrière des différentes devises, un outil susceptible d'intéresser notamment les exclus du système bancaire, dans les pays émergents par exemple.

Les usagers disposeront sur leur smartphone d'un porte-monnaie numérique, "Calibra" --directement intégré par Facebook à ses services Messenger et WhatsApp--, pour faire leurs achats, envoyer ou recevoir de l'argent, ont expliqué à l'AFP des responsables du projet.

Mais Libra est un système "ouvert": son code informatique est libre de droits, ce qui signifie que tout développeur, entreprise ou institution peut l'intégrer à ses services.

L'arrivée de Facebook dans cette arène bouillonnante que sont les cryptomonnaies pourrait être un "tournant" pour ce secteur, selon Lou Kerner, investisseur et spécialiste reconnu des cryptomonnaies, car cela pourrait les populariser auprès du grand public.

Elle illustre aussi la volonté du réseau social de se diversifier au-delà de la publicité en ligne, la base de son modèle économique, lui-même fondé sur les données personnelles: "Ce pourrait être une des décisions les plus importantes de l'histoire de Facebook" pour trouver des nouveaux relais de croissance, selon les analystes de RBC.

Bien conscient d'être attendu au tournant, le groupe américain a aussi décidé de confier la gestion de Libra à une entité indépendante, basée à Genève (Suisse) et composée d'entreprises comme les émetteurs de cartes bancaires Mastercard et Visa, les services de paiement Stripe et PayPal, les entreprises de réservation de voitures Lyft et Uber, ou encore le réseau Women's World Banking, qui aide des femmes défavorisées de pays émergents à avoir accès aux services financiers.

Cela servira aussi à garantir la stabilité de cette nouvelle monnaie virtuelle, de façon à ce qu'elle échappe aux énormes fluctuations ayant contribué à ternir l'image de cryptomonnaies, comme le bitcoin.

- "Stabilité" -

Ce projet peut potentiellement permettre à plus d'un milliard de personnes "exclues du système bancaire" d'accéder au commerce en ligne et aux services financiers, assure Dante Disparte, de l'association Libra.

"Envoyer de l'argent à un ami ne devrait pas être plus difficile que de commander un Uber", abonde Peter Hazlehurst, responsable des activités "paiements" au sein d'Uber.

En confiant la gestion à une entité distincte, Facebook cherche à rassurer sur deux fronts: il ne sera pas aux manettes et tout sera fait pour que Libra ne soit pas victime des mêmes errements que le bitcoin, qui a attiré spéculateurs et criminels.

Les informations financières stockées dans Calibra seront strictement séparées des données personnelles détenues par Facebook et ne seront pas utilisées pour cibler de la publicité, a assuré Kevin Weil, un des responsables de Calibra.

Les devises utilisées pour acheter des Libra serviront de réserve et de garantie à la monnaie virtuelle, dont la valeur sera indexée sur un panier de monnaies traditionnelles.

Mais, du côté des Etats, on commence à s'interroger. Libra ne doit pas se transformer en projet de "monnaie souveraine", a mis en garde mardi le ministre français des Finances Bruno Le Maire, jugeant nécessaire que le géant américain présente des "garanties" à ce sujet. Le ministre a indiqué avoir demandé aux gouverneurs des banques centrales du G7 de plancher sur le sujet.

Comme les autres monnaies virtuelles, Libra repose sur la technologie de la "blockchain" (chaîne de blocs), sorte d'immense registre public et infalsifiable qui rend le transfert de devises virtuelles rapide, anonyme et sécurisé.

"Il se s'agit pas de faire confiance à Facebook, c'est de faire concrètement confiance aux entreprises fondatrices de l'association, qui est indépendante et démocratique", souligne Dante Disparte.

Libra est aussi un pari sur l'avenir de Facebook: le groupe ne gagnera pas directement d'argent avec Libra. Mais, à long terme, cela peut lui servir à attirer des utilisateurs et des annonceurs sur ses plateformes, ou à garder les actuels, et donc à renforcer ou créer des services payants ou financés par la publicité.

A Wall Street, Facebook gagnait un peu moins de 1,5% à 14H00 GMT.

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