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États-Unis

Corée du Nord : Washington souffle le chaud et le froid

Le secrétaire d'État Rex Tillerson répond à une question des médias sur la Corée du Nord le 26 septembre 2017.

Les Etats-Unis ont soufflé ce week-end le chaud et le froid à propos de la Corée du Nord, le chef de la diplomatie Rex Tillerson évoquant samedi l'ouverture de canaux de communication avec Pyongyang, que le président Donald Trump a aussitôt qualifiés dimanche de "perte de temps".

"J'ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d'Etat, qu'il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man..." (l'homme-fusée), a tweeté Donald Trump dimanche matin, reprenant l'une des ses références moqueuses au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

"... Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire", a-t-il ajouté.

Lors d'un déplacement en Chine, Rex Tillerson, avait affirmé que Washington tentait de "sonder" la volonté du régime de Kim Jong-Un d'engager des discussions sur son programme nucléaire, alors que les deux pays n'ont pas de relations diplomatiques.

"Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang (...) Nous pouvons leur parler, nous leur parlons", avait-il assuré.

Au point mort depuis 2009, des négociations regroupant les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, la Russie et le Japon visent à faire renoncer Pyongyang au développement de sa technologie nucléaire militaire en échange d'une aide financière et humanitaire.

Le département d'Etat américain avait toutefois indiqué peu après les déclarations de Rex Tillerson que la Corée du Nord n'avait encore manifesté "aucun signe d'intérêt" pour des pourparlers avec les Etats-Unis.

Ce n'est pas la première fois que les voix du chef de l'exécutif, qui a brandi la menace d'une "destruction totale" de la Corée du Nord, et de son administration apparaissent dissonantes sur le dossier de la Corée du Nord.

Fin août, au lendemain du tir par le régime de Kim Jong-Un d'un missile au-dessus du Japon, Donald Trump avait dit que discuter avec la Corée du Nord n'était "pas la solution".

Quelques heures plus tard, le ministre de la défense Jim Mattis prenait le contre-pied du locataire de la Maison Blanche: "Nous ne sommes jamais à court de solutions diplomatiques", lançait-il.

- 'Pressions pacifiques' -

Quant à Rex Tillerson, il s'est fait le chantre de "pressions pacifiques" sur Pyongyang, via la nouvelle batterie de sanctions adoptées par le Conseil de Sécurité de l'ONU après un puissant essai nucléaire de Pyongyang début septembre, et il travaille avec la Chine pour resserrer l'étau autour du régime nord-coréen.

Les Etats-Unis, qui fustigeaient jusqu'ici le manque de fermeté de la Chine, lui reprochant de ne pas faire suffisamment pression sur son turbulent voisin, ont applaudi les "progrès" des autorités chinoises à mesure qu'elles mettaient en musique les sanctions de l'ONU contre Pyongyang.

Pékin a ainsi annoncé que les entreprises nord-coréennes établies sur son territoire devraient fermer d'ici à janvier. Et le géant asiatique a confirmé qu'il limiterait de manière drastique ses exportations de produits pétroliers raffinés.

En outre, la Chine paraît s'interroger ouvertement sur l'après-Kim Jong-Un, quitte à rompre avec près de sept décennies d'alliance entre les deux régimes communistes: un expert des questions internationales de l'Université de Pékin a carrément appelé à l'ouverture de discussions avec les Etats-Unis et la Corée du Sud sur un changement de régime en Corée du Nord.

Dans un article récemment publié en anglais, auquel il est peu probable que le gouvernement chinois n'ait pas donné son aval, Jia Qingguo, doyen de l'Ecole d'études internationales, s'interroge pour savoir qui des Américains ou des Chinois devraient mettre la main sur les installations nucléaires nord-coréennes, afin de les sécuriser. Il envisage aussi une possible réunification politique avec Séoul.

Pyongyang justifie ses ambitions militaires par la nécessité de se protéger des Etats-Unis. Le dernier tir de missile est ainsi survenu au moment de manoeuvres annuelles menées par Séoul et Washington dans la péninsule, considérées par le Nord comme une provocation.

Avec AFP

Trump accusé de minimiser "la douleur" de Porto Rico

Le président américain Donald Trump parle aux journalistes juste avant son départ pour le golf de Bedminster, New Jersey, le 29 septembre 2017.

Le président Donald Trump était accusé dimanche par des résidents de Porto Rico et des élus américains de minimiser la crise provoquée par le passage de l'ouragan Maria, en refusant de reconnaître des lacunes dans l'acheminement de l'aide.

"Trump vit dans une bulle (...) Qu'il vienne et qu'il voie par lui-même ce qui se passe ici!", s'exclamait Aida Rosario, 57 ans, à la sortie de la messe de la cathédrale de San Juan, dimanche.

Donald Trump est attendu mardi à Porto Rico pour une visite avec son épouse Melania. Samedi, le président américain avait fustigé les critiques sur la gestion de la crise et certains responsables Portoricains qui "veulent que l'on fasse tout pour eux".

"Cela me blesse beaucoup que le président des Etats-Unis s'exprime comme cela. Je ne sais pas s'il a conscience de la douleur des êtres humains", renchérissait Hilda Lopez, une vieille dame à la voix noué par des sanglots.

Dix jours après le passage de l'ouragan Maria sur l'île américaine, une grande partie des habitants de Porto Rico vivent toujours sans électricité, sans accès à l'eau et sans moyens de communication, internet ou réseau téléphonique.

A la chaleur étouffante s'ajoutent les pénuries et la crainte des pilleurs. Les résidents passent leurs journées dans de longues files d'attente pour acheter de la glace, du carburant, de l'eau et la nourriture encore disponible.

Le président américain s'est malgré tout félicité dimanche sur Twitter du "super boulot" accompli par son administration "dans une situation presque impossible" et a qualifié les critiques de "fake news" (fausses informations, ndlr) et "d'ingrats politiquement intéressés".

La maire de San Juan, Carmen Yulin Cruz - que Donald Trump a nommément accusé samedi de faire preuve "d'un leadership médiocre" - a rétorqué que le président semble "cherchait une excuse pour les choses qui ne vont pas".

Les déclarations de Donald Trump ont également donné lieu à de vives réactions à Washington, jusque dans les rangs de son propre parti.

"Quand les gens sont en plein dans une catastrophe, vous ne commencez pas à les critiquer", s'est indigné sur CNN le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, ancien rival de Donald Trump dans la primaire républicaine en 2016.

Le sénateur Bernie Sanders, ancien candidat à l'investiture démocrate, a de son côté jugé "inqualifiable" qu'un président "parlant de son club de golf, joue au golf avec ses amis milliardaires (et) attaque la maire de San Juan, qui essaie d'apporter à l'île de l'électricité, de la nourriture, de l'eau, du carburant".

"Je ne sais pas dans quel monde Trump vit", a-t-il ajouté sur CNN.

Le président américain a passé le week-end dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, près de New York. Il devait également remettre dimanche le trophée du vainqueur du tournoi de golf de la Coupe des Présidents.

- 'Beaucoup à faire' -

L'administration Trump a envoyé dimanche plusieurs responsables fonctionnaires sur les télévisions américaines pour marteler le message selon lequel les secours avancent d'un bon pas.

"L'administration a fait un travail extraordinaire pour fournir de l'aide et des services aux gens" de Porto Rico, a assuré Gary Cohn, le conseiller économique de la Maison Blanche, sur Fox News. "Nous travaillons à toute vitesse."

Le directeur de l'agence fédérale de secours (Fema), Brock Long, a offert une évaluation légèrement plus prudente, indiquant à la chaîne ABC que "nous avons encore beaucoup à faire". "Nous remportons des succès dans certains domaines et dans d'autres nous subissons des revers", a-t-il reconnu, "mais nous progressons".

La Fema est sous forte pression en raison des ouragans successifs qui ont frappé les États-Unis au Texas et en Floride, en plus de Porto Rico, ces dernières semaines.

Brock Long a souligné que quelque 3.200 routes ou ponts avaient été endommagés à Porto Rico, compliquant la tâche des secouristes.

Le Pentagone a dépêché un navire-hôpital qui doit arriver mercredi à San Juan.

Interrogé sur une éventuelle rencontre avec Donald Trump pendant sa visite, Carmen Yulin Cruz a répondu sur la chaîne ABC: "S'il demande à me rencontrer, bien sûr, je le rencontrerai".

Avec AFP

Manifestation à Washington pour une plus grande justice raciale

Une manifestation pour plus de justice raciale, à New York, 14 août 2017.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi à Washington pour réclamer une plus grande justice raciale après une série de brutalités policières contre des Noirs non sanctionnées par la justice.

Des groupes de jeunes gens brandissant des pancartes se sont rassemblés calmement dans un square de la capitale américaine, avant de défiler vers le Capitole, où siègent les parlementaires américains. Ils ont été rejoints sur le trajet par un autre groupe, la "Marche pour les femmes noires", avant d'atteindre le Mall, cette grande esplanade du centre de Washington bordant le Capitole et la Maison Blanche.

"Le fait que ça se passe au Capitole, et devant Trump, fait partie" des raisons pour lesquelles Jenny, une fonctionnaire de 44 ans, indique avoir décidé de participer pour la première fois à une manifestation de ce genre. "La seule façon pour qu'il voie quoi que ce soit, c'est de se planter devant lui", a-t-elle ajouté en référence au président américain Donald Trump, qui passait le week-end dans son golf de Bedminster dans le New Jersey, près de New York.

"Nous avons un système judiciaire qui maintient les Noirs et les Hispaniques dans la servitude à perpétuité", a affirmé à l'AFP Maurice Cook, 46 ans, un des organisateurs de cette manifestation ayant reçu le soutien de plusieurs associations et organisations nationales comme "Black Lives Latter" ou la grande organisation féministe NOW.

Sur son site, l'organisation M4RC (March for racial justice) explique appeler à "une révision de la législation, des politiques et des pratiques qui aggravent les inégalités, déshumanisent les gens de couleur et qui maintiennent une suprématie blanche".

- Justice à deux vitesses -

La date a été choisie pour commémorer le Massacre d'Elaine, dans l'Arkansas (sud), le conflit racial le plus meurtrier des Etats-Unis. Le 30 septembre 1919, de 100 à 240 Noirs avaient été tués au cours d'émeutes après la tentative d'un groupe de fermiers afro-américains de créer un syndicat. Les suites judiciaires n'avaient visé que des Noirs.

Plusieurs affaires emblématiques ces dernières années ont donné l'image d'un justice américaine à deux vitesses, toujours défavorable à la communauté afro-américaine.

Le 12 septembre, le ministère américain de la Justice a ainsi décidé de ne pas engager de poursuites contre six agents de la police de Baltimore, dans le cadre de l'enquête fédérale ouverte après la mort de Freddie Gray, un jeune Noir mortellement blessé dans un fourgon de police en 2015.

Trois jours plus tard, un juge de Saint-Louis dans le centre des Etats-Unis, exonérait un ancien officier de police, blanc, des accusations de meurtre contre Anthony Lamar Smith, trafiquant de drogue présumé, noir, tué en 2011 au terme d'une course-poursuite avec la police.

Le verdict avait provoqué des manifestations à Saint-Louis, lieu d'émeutes en 2014 après la mort de Michael Brown, un jeune 18 ans non armé, tué par un policier blanc qui avait échappé à toutes poursuites pénales.

Avec AFP

Porto Rico : Trump sermonne les autorités qui "veulent qu'on fasse tout pour eux"

Le président Donald Trump répond aux questions des journalistes à Washington, 29 septembre 2017.

Le président des Etats-Unis Donald Trump s'en est pris samedi aux autorités de Porto Rico "incapables de mettre leurs employés au travail pour aider" en réponse aux critiques sur la lenteur de l'aide fédérale après le passage de l'ouragan Maria sur ce territoire américain.

"Ils veulent que l'on fasse tout pour eux, alors que ce devrait être un effort de toute la communauté. 10.000 employés fédéraux en ce moment sur l'île font un travail fantastique", s'est exclamé Donald Trump sur Twitter, depuis son golf de Bedminster dans le New Jersey (nord-est) où il passe le week-end.

"Quel médiocre leadership de la part de la maire de San Juan et d'autres à Porto Rico" territoire administré par les Etats-Unis, a-t-il ajouté.

La polémique enfle depuis plusieurs jours aux Etats-Unis sur le manque de coordination des secours pour venir en aide à l'île de Porto Rico, dévastée il y a plus d'une semaine par l'ouragan Maria qui a fait au moins 16 morts et des dégâts matériels considérables.

La maire de San Juan, Carmen Yulin Cruz, a été particulièrement virulente sur la mise en place jugée chaotique de l'aide de l'Etat fédéral. Elle arborait vendredi sur les chaînes de télévision américaines un tee-shirt noir avec l'inscription "Aidez-nous. Nous sommes en train de mourir".

"Je ne peux pas comprendre que la plus grande nation du monde ne puisse pas organiser la logistique pour une petite île", avait-elle lancé lors d'une conférence de presse.

"J'ai en assez d'être polie. J'ai en assez d'être politiquement correcte. Je suis folle de rage", avait-elle ajouté.

L'ouragan Maria a causé des dégâts immenses sur les infrastructures, avec notamment des coupures d'eau, d'électricité et des télécommunications pendant plusieurs jours.

Les premières cargaisons d'aide - vivres, eau, carburant, générateurs - ne sont pas parvenues aussi vite que pour le Texas et la Floride, touchés respectivement par les ouragans Harvey et Irma fin août et début septembre.

Les détracteurs de Donald Trump l'accusent de négliger Porto Rico où la distribution de l'aide serait notamment ralentie par un manque de coordination au sein des services de secours.

Le président doit se rendre mardi sur l'île, un territoire administré par les Etats-Unis et dont les habitants sont des citoyens américains.

Avec AFP

Démission du ministre de la Santé de Trump critiqué pour ses vols privés

Tom Price, ministre américain de la Santé.

Tom Price, ministre américain de la Santé empêtré dans un scandale lié à l'utilisation d'avions privés pour ses déplacements gouvernementaux, a démissionné vendredi, a annoncé la Maison Blanche.

M. Price "a présenté sa démission et le président (Donald Trump) l'a acceptée", a indiqué l'exécutif américain dans un communiqué.

Quelques minutes plus tôt, M. Trump avait laissé entendre que les heures de M. Price dans son gouvernement étaient comptées.

"Je ne suis pas content, je peux vous le dire", avait-il déclaré lors d'un échange avec les journalistes depuis les jardins de la Maison Blanche, affirmant avoir été "déçu" par son ministre.

Politico, qui a révélé l'affaire, avait décompté pas moins de 26 déplacements de Tom Price en avions privés depuis le début de l'année, pour un total dépassant 400.000 dollars.

En cause, notamment, un aller-retour entre Washington et Philadelphie dans un avion affrété pour 25.000 dollars, alors qu'il existe de nombreux vols entre les deux villes de la côte Est.

Face à la polémique, le ministre a annoncé jeudi soir qu'il rembourserait les frais correspondant à son siège et s'est engagé à ne plus voyager que sur des lignes régulières. En vain.

Cet orthopédiste de 62 ans, qui fut élu de la Géorgie (sud-est) à la Chambre des représentants, paye aussi probablement le mécontentement de Donald Trump sur l'échec de la réforme d'Obamacare, loi emblématique de son prédécesseur démocrate.

En annonçant la nomination de M. Price dans son gouvernement, le président américain avait affirmé qu'il était "exceptionnellement qualifié pour mener à bien notre engagement d'abroger et de remplacer l'Obamacare".

Toutes les tentatives en ce sens ont depuis échoué au Congrès.

Avec AFP

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