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Descente de police aux sièges de deux candidats à la présidentielle

Biram Ould Dah Ould Abeid, candidat à la présidentielle de 2019.

La police mauritanienne a effectué lundi soir une descente aux sièges de deux candidats d'opposition à l'élection présidentielle, qui contestent la victoire du candidat du pouvoir, et a fermé l'un d'eux, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Les quatre opposants en lice dans ce scrutin ont rejeté les résultats provisoires accordant la victoire au premier tour à l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, estimant "inévitable" la tenue d'un second tour, le 6 juillet, entre l'un d'entre eux et M. Ghazouani.

Ils ont annoncé leur intention de les contester par tous les moyens légaux et de manifester pacifiquement pour obtenir satisfaction. Ils réclament notamment la publication des résultats "bureau par bureau", consultables depuis lundi soir sur le site de la Commission nationale électorale indépendante (Céni).

Selon les résultats annoncés dimanche soir par la Céni, M. Ghazouani, a obtenu 52,01% des suffrages, devant quatre opposants, dont le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%), l'ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%) et le journaliste Baba Hamidou Kane (8,71%).

Lundi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et militants de l'opposition aux abords du sièges des partis de MM. Ould Abeid et Kane, selon des témoins.

Les sièges des deux partis, proches l'un de l'autre, étaient déserts mardi matin et des traces d'affrontements, barrages de pierres et pneus brûlés, étaient visibles, a constaté un correspondant de l'AFP.

"La police est arrivée au siège du candidat Biram et a jeté des grenades lacrymogènes à l'intérieur, brisant vitres et portes, ce qui a rendu le siège impraticable", a déclaré à l'AFP le porte-parole de M. Ould Abeid, Hammada Ould Lehbouss.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu de source gouvernementale.

"Nous dénonçons les attaques contre les sièges de Kane Hamidou Baba et celui de Biram Dah Abeid", a déclaré ce dernier lundi soir lors d'une conférence de presse improvisée devant le siège de son parti avec les trois autres candidats de l'opposition.

Il a dénoncé le déploiement de forces de sécurité dans plusieurs grandes villes du pays, y voyant "un état de siège qui ne dit pas son nom".

Le siège du parti de M. Kane, une des nombreuses formations dissoutes en mars faute de résultats électoraux suffisants, a été fermé par la police, selon les mêmes sources.

Les Mauritaniens ont voté en nombre le 22 juin - 62,66% de participation - pour la première transition entre deux présidents élus dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, avant son élection en 2009. Il ne pouvait se représenter après deux mandats.

Cinq rhinocéros d'un zoo tchèque réinstallés au Rwanda

L'un des cinq rhinocéros d'un zoo tchèque réinstallés au Rwanda, le 25 juin 2019.

Cinq rhinocéros noirs, une sous-espèce en danger critique, ont été réinstallés avec succès lundi dans le parc national de l'Akagera, au Rwanda, après un long voyage en provenance d'un zoo de la République tchèque, ont annoncé des responsables du parc.

C'est la deuxième fois que des rhinocéros sont transférés au Rwanda. En 2017, l'Afrique du Sud avait offert à Kigali 17 rhinocéros noirs, un don qui avait permis de réintroduire ces animaux qui avaient disparus depuis plus d'une décennie au Rwanda à cause d'un braconnage intensif.

Cette population initiale de rhinocéros noirs a atteint 20 individus dans ce parc, situé dans l'est du pays et considéré comme un excellent habitat pour ces animaux.

"Cette réussite unique marque l'aboutissement d'un effort international sans précédent pour améliorer les perspectives de survie d'une sous-espèce de rhinocéros en danger critique dans la nature", a déclaré Jes Gruner, qui dirige le Parc national de l'Akagera.

"Leur arrivée marque aussi une étape importante dans la redynamisation en cours de l'Akagera et souligne l'engagement du pays dans la préservation" de la nature, a-t-il ajouté.

Les rhinocéros avaient commencé leur voyage dimanche, après des mois de préparation au Safari Park Dvůr Králové, en République tchèque.

Les deux mâles et les trois femelles, nécessaires à l'élargissement du patrimoine génétique dans le parc, vivront dans des espaces fermés, afin de favoriser leur adaptation et leur taux de survie.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il reste environ 5.000 rhinocéros noirs à l'état sauvage, ce qui les place parmi les animaux les plus menacés du monde.

Le Rwanda a aussi réintroduit des lions d'Afrique du Sud en 2015 alors qu'ils avaient disparu dans le pays depuis une quinzaine d'années.

"Grâce à une décennie seulement d'un management marqué par une meilleure application des lois et des initiatives fortes des communautés et en matière économique, le braconnage a été pratiquement éliminé, des espèces clés, dont les lions et les rhinos, sont revenues, l'accent a été mis sur un soutien important à la préservation et le tourisme est dynamique, conduisant l'Akagera à être autofinancé à 80%", a souligné dans un communiqué l'organisation African Parks qui a assisté à l'installation des rhinocéros.

Le Rwanda, qui a connu un essor spectaculaire depuis le génocide ayant fait 800.000 morts en 1994, ambitionne de devenir l'une des cinq premières destinations de safari et d'attirer davantage de touristes, notamment pour admirer les gorilles des montagnes.

Il a accueilli 1,3 million de visiteurs en 2017 et le tourisme est le secteur rapportant le plus de devises au pays, selon des chiffres officiels.

CAN 2019: Naby Keïta, un retour providentiel pour la Guinée

Le Guinéen Naby Keïta lors d'un match à Liverpool, le 26 avril 2019.

Pour la Guinée, son retour compte comme une victoire: Naby Keïta a contredit son entraîneur à Liverpool Jürgen Klopp, qui avait annoncé son forfait pour la CAN, en se rétablissant à temps pour rejoindre le Syli national, qui espère aller loin avec sa star.

Samedi, 62e minute: le milieu, après deux mois d'absence, remplace Mady Camara. Son impact est immédiat. Quatre minutes plus tard, François Kamano égalise pour sauver un point face à la surprise Madagascar (2-2) pour ses débuts.

"Son entrée nous a fait mal, évidemment. La Guinée est une très belle équipe", a reconnu le coach adverse Nicolas Dupuis. Avec son maître à jouer de retour, elle devient aussi un sérieux outsider, avant un beau test face au Nigeria, mercredi à Alexandrie.

"Il donne beaucoup, c'est un leader à sa manière. On a besoin de lui. Il nous fait profiter de son expérience des gros matches. Avec lui, c'est un plus", a déclaré à l'AFP l'attaquant de Dijon Sory Kaba.

CAN-2019: Koulibaly à "200% avec le Sénégal"
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Chez les Reds comme à la CAN, Keïta, 24 ans, vit dans l'ombre médiatique de l'Egyptien Mohamed Salah et du Sénégalais Sadio Mané. Mais Klopp, qui a déboursé 60 millions d'euros pour l'attirer de Leipzig, en a fait un titulaire dès sa première saison en Angleterre, dans un rôle plus défensif qu'en Bundesliga.

"C'est un très bon joueur, et il l'a montré depuis le début de la saison. Avec lui, on s'inscrit dans le long terme. De belles choses vont encore arriver", a déclaré le technicien allemand, au sujet de la progression de son joueur qui a découvert l'Europe, en Ligue 2, avec Istres.

Dépasser les quarts

Avec 33 matches, pour trois buts, le natif de Conakry ne s'est pas laissé impressionner par le lourd numéro qu'il porte, le 8, celui de la légende d'Anfield Steven Gerrard. Mais une blessure aux adducteurs en mai l'a éloigné de la finale de Ligue des champions gagnée contre Tottenham (2-0).

A en croire Klopp qui avait annoncé "une mauvaise nouvelle pour la Guinée", le joueur a failli tirer une croix sur la CAN. Le suspense a duré deux mois, jusqu'à sa réapparition sur la pelouse à Alexandrie, au plus grand soulagement du pays de 12 millions d'habitants qui vit pour son Syli.

En 2015, pour sa découverte de la compétition, Keïta avait débuté sur le banc lors de l'élimination par le Ghana (3-0) en quarts de finale, un stade qui n'a plus été dépassé par sa sélection depuis 1976. Non-qualifié en 2017, il revient avec une nouvelle génération, aux côtés de l'attaquant de Bordeaux Kamano ou du défenseur de Francfort Simon Falette.

C'est lui qui marque le but de la victoire face à la Côte d'Ivoire (3-2) à Abidjan lors des qualifications, un succès qui en dit long sur le potentiel de la Guinée.

Aller loin? "On va essayer de sortir d'abord de notre poule un peu difficile. On verra pour la suite", a commenté le Red, interrogé par la CAF.

Après avoir annoncé à tort le forfait de son milieu, Klopp pourra suivre son parcours en Egypte, avec un détail intéressant: en quarts de finale, Keïta pourrait croiser la route de Mohamed Salah.

Human Rights Watch accuse les séparatistes camerounais de torturer des civils

Quelques personnes marchent dans les rues de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, pour dénoncer la tentative de sécession des deux régions anglophones du Cameroun, le 31 juillet 2018. (Twitter/Mimi237)

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé des tortures et autres exactions perpétrées contre des civils par des groupes séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun, confrontées à un conflit armé depuis plus d'un an.

"Une fois de plus, des documents circulent qui confirment les allégations selon lesquelles les séparatistes armés commettent des exactions à l’encontre des civils", a affirmé Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW cité dans un communiqué daté de lundi de l'organisation de défense des droits de l'homme.

Dans le texte, HWR affirme avoir visionné une vidéo, filmée mi-mai, montant "des séparatistes armés torturant un homme dans une école abandonnée dans la région du Nord-Ouest du Cameroun".

"La victime a été enlevée, passée à tabac et a subi des brûlures dans une école abandonnée", a rapporté l'ONG.

Dans la vidéo, la victime, qui est en sous-vêtements, est forcée par quatre séparatistes à "s’asseoir sur des morceaux de papier enflammés (avant d'être frappée) à coups de bâton et de machette", selon HRW. On y voit aussi les séparatistes menacer la victime de "la +laver à l’essence+".

"Les séparatistes armés ont également torturé des dizaines de personnes", a poursuivi l'ONG.

HWR "a documenté de nombreux cas de torture par des séparatistes armés d’employés de la Cameroon Development Corporation, qui travaillent dans les bananeraies de la compagnie près de Tiko, dans la région du Sud-Ouest", a-t-elle indiqué, soulignant que "les employés ont été passés à tabac ou mutilés parce qu’ils avaient refusé de participer à une grève générale".

Rapatriement volontaire des réfugiés camerounais au Nigeria
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Le 18 juin, à Bafut, dans le nord-ouest, les séparatistes ont enlevé au moins 40 personnes, dont des femmes et des enfants, qu'ils ont "frappés et détroussés" avant de les libérer, selon HWR.

"Les dirigeants séparatistes devraient donner immédiatement à leurs combattants et à leurs partisans l’ordre de cesser ces attaques", a plaidé M. Mudge.

Dans son communiqué, HWR a préconisé "des sanctions ciblées aux chefs séparatistes qui portent une responsabilité pour les abus commis, notamment les actes de torture et les occupations d’écoles".

Depuis le début de la crise en 2016, la plupart des écoles ont fermé en raison du blocus imposée par les séparatistes.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur et dans lequel les civils sont pris en tenaille.

Des éléments des forces armées sont, eux aussi, régulièrement accusés d'être l'auteur d'exactions contre de civils.

Cette crise a déjà poussé plus de 530.000 personnes à quitter leur foyer, selon des chiffres de l'ONU. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Funérailles en Ethiopie pour le chef d'état-major assassiné

Vue de la place devant le théâtre national d'Éthiopie où le drapeau national est à moitié abaissé alors que la nation pleure à Addis-Abeba, le 24 juin 2019.

Des funérailles ont été organisées mardi à Addis Abeba pour le chef d'état-major de l'armée éthiopienne, assassiné samedi par son garde du corps, un incident apparemment lié à ce que les autorités ont qualifié de tentative de coup d'Etat contre le gouvernement d'une région du nord-ouest.

La présidente Sahle-Work Zewde et le Premier ministre Abiy Ahmed, qui ont essuyé quelques larmes, étaient présents à cette cérémonie retransmise en direct à la télévision EBC, proche du pouvoir, durant laquelle le cercueil contenant la dépouille du général Seare Mekonnen a été recouvert d'un drapeau éthiopien.

La salle où était organisée cette cérémonie était par ailleurs remplie principalement de soldats en uniforme.

Samedi, le chef d'état-major des forces armées éthiopiennes a été tué par son garde du corps à son domicile d'Addis Abeba alors qu'il menait une opération en à une attaque menée dans l'après-midi à Bahir Dar (nord-ouest) contre une réunion de hauts responsables de la région Amhara.

Le président de cette région, Ambachew Mekonnen, un de ses conseillers et le procureur général régional, Migbaru Kebede, qui participaient à cette réunion, ont été tués lors de cette attaque.

Selon les autorités, les incidents de Bahir Dar et Addis Abeba étaient coordonnés. Elles évoquent une tentative de coup d'Etat contre le gouvernement de la région Amhara, une des neuf régions du pays dessinées sur les bases d'un fédéralisme ethnique.

Un coup d'état manqué selon les autorités éthiopiennes
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Mais les observateurs mettent en doute la théorie du coup d'Etat manqué, estimant que ce dernier implique généralement d'importants mouvements de troupes, ou la prise de contrôle de points stratégiques, comme les aéroports ou les médias.

Les autorités accusent le chef de la sécurité de la région Amhara, Asaminew Tsige, tué lundi à Bahir Dar par des policiers alors qu'il était en fuite, d'être derrière les attaques.

Les observateurs pensent que M. Asaminew, un nationaliste amhara ayant ouvertement entrepris de former des milices ethniques, se serait senti sur la sellette en raison de sa rhétorique belliqueuse. Il aurait pour cette raison organisé au moins l'attaque de Bahir Dar.

Ils assurent également que ces deux attaques s'inscrivent dans le cadre des tensions politico-ethniques dont l'Ethiopie est le théâtre et qui ont fait plus de deux millions de déplacés.

Abiy Ahmed s'est efforcé depuis son entrée en fonction en avril 2018 de démocratiser le pays, légalisant des groupes dissidents et améliorant la liberté de la presse. Mais cet assouplissement a également permis une expression plus libre des tensions intercommunautaires.

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