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Omar Hassan Ahmed El Bechir, président du Soudan, lors de l'ouverture du sommet France-Afrique, le 15 février 2007.

Le Premier ministre soudanais a déclaré samedi que le mouvement de contestation antigouvernemental qui secoue le Soudan depuis la mi-décembre "devait être respecté", affirmant toutefois que seule une élection pourrait décider du sort du gouvernement.

Les manifestations déclenchées le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain se sont transformées en mouvement de contestation réclamant le départ du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 1989.

"A mon avis, la voix des manifestants doit être respectée", a dit Moutaz Mousa Abdallah à des journalistes dans la capitale Khartoum, appelant à considérer la contestation avec "un esprit d'ouverture".

"C'est un mouvement de jeunesse respectable", a estimé M. Abdallah, avant d'affirmer que selon lui et son gouvernement, "la seule manière de changer le gouvernement est de passer par des élections".

Nommé par le président Omar el-Béchir lors d'un remaniement ministériel en septembre 2018, M. Abdallah a affirmé que les attentes des manifestants pour une amélioration de leurs conditions économiques constituaient "une demande légitime".

Depuis des années, les Soudanais font face à des difficultés économiques croissantes. Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et plusieurs villes souffrent de pénuries de pain et de carburant.

Selon des analystes, cette contestation constitue le plus grand défi auquel est confronté M. Béchir, 75 ans, depuis son accession au pouvoir il y a trois décennies.

Le chef de l'Etat a répété ces dernières semaines que seule une élection pourrait assurer un changement du pouvoir, refusant de démissionner et imputant les violences lors des manifestations à des "conspirateurs".

"Nous sommes prêts à offrir un processus électoral transparent", a assuré le Premier ministre samedi.

Selon un bilan officiel, trente personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations. L'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch évoque toutefois 51 manifestants tués.

Avec AFP

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