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Le président de la Sierra Leone lance les activités de la commission anticorruption

Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, lors d'une conférence de presse après une réunion avec le président ivoirien, le 4 mai 2018.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a lancé mardi à Freetown les activités de la commission d'enquête destinée à faire la lumière sur les cas de corruption dans le pays sous le régime de son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, une initiative dénoncée par l'ex-parti au pouvoir.

"Tous ceux qui sont appelés par la commission doivent obtempérer, quiconque refusera d'obtempérer, je le répète, fera face à la loi", a déclaré le président Bio, en fonctions depuis dix mois, lors d'une cérémonie de lancement.

Il s'était engagé lors de sa campagne à mener une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics. Les auditions de la commission, créée en octobre, doivent débuter le 4 février, pour une durée de six mois. Elles seront menées par trois juges, Biobele Georgewill (Nigeria), William Annan Atuguba (Ghana) et Bankole Thompson (Sierra Leone).

"Nous nous sommes préparés pour faire face à la force entière de la loi qui est meilleure que la guerre", a déclaré Alhaji Foday Yansaneh, secrétaire général de l'ex-formation au pouvoir l'APC, lors d'une conférence de presse, quelques heures après le lancement de la commission. "L'APC constate avec consternation que le président (Bio) a lancé la commission d'enquête sans prendre en compte nos préoccupations et les services de l'Etat".

"Notre position sur la commission d'enquête reste sacro-sainte", a de son côté dit le porte-parole de l'APC, Cornelius Deveaux, estimant qu'elle est "anticonstitutionnelle".

Les juges de la Commission doivent notamment entendre les ex-président et vice-présidents sous Koroma (septembre 2007 - avril 2018) et les chefs de départements et d'agences gouvernementales pendant cette période.

"La corruption est une menace au développement national. On ne peut pas arrêter la lutte contre (ce fléau)", a ajouté le chef de l'Etat sierra-léonais.

"La commission d'enquête n'est pas une chasse aux sorcières mais une reddition des comptes démocratiques et une lutte contre l'impunité", a déclaré le ministre de la Justice, Priscilla Schwartz, en allusion à des critiques de l'ex-pouvoir.

Plusieurs ex-responsables ont été arrêtés ces derniers mois, à la suite de la publication le 4 juillet d'un rapport accablant sur la "corruption galopante" sous l'administration Koroma.

L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.

Avec AFP

Nouvel entretien Macron-Sissi et visite aux chefs religieux

Le président français Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, le 24 octobre 2017 à l'Elysée.

Le président français Emmanuel Macron a terminé mardi sa visite en Egypte par un nouvel entretien avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, après avoir appelé au "dialogue entre les religions" durant des rencontres avec les autorités musulmanes et coptes.

Au troisième et dernier jour de sa visite officielle en Egypte, M. Macron s'est entretenu avec le président égyptien pour la deuxième fois, alors qu'il se trouvait à l'aéroport où son avion pour Chypre l'attendait.

L'entretien, non prévu au programme, a duré 45 minutes, selon la présidence française, retardant le départ de M. Macron. Rien n'a filtré sur la teneur des échanges.

La veille, lors d'une conférence de presse, les deux hommes avaient exprimé leurs désaccords sur la question particulièrement sensible des droits humains.

Avant cette rencontre, plusieurs ONG avaient demandé à M. Macron de suspendre les ventes d'armes susceptibles de servir à la répression d'opposants.

Lundi, M. Sissi a démenti de telles pratiques. Mais, mardi, Amnesty International a maintenu ses affirmations: "contrairement aux propos du président al-Sissi, les véhicules blindés transférés par la France ont bel et bien été utilisés dans le cadre de la répression en Égypte".

L'ONG a par ailleurs pris "acte des déclarations du président Emmanuel Macron, déclarant que +l'utilisation des blindés doit être exclusivement militaire+".

Au cours de la visite de M. Macron, destinée à renforcer le partenariat entre Paris et Le Caire, une trentaine d'accords et contrats ont été signés, pour plusieurs centaines de millions d'euros.

- "Dialogue entre les religions" -

Mardi matin, lors d'une rencontre avec le pape orthodoxe copte Tawadros II au Caire, M. Macron a aussi plaidé pour "le dialogue entre les religions", une "solution" face à un monde en "crise".

Il a en outre assuré que le rôle de la France dans la région était d'agir "encore davantage pour accompagner l'ensemble des chrétiens d'Orient".

"Sur ce point, j'ai décidé qu'une nouvelle conférence se tiendrait à Paris", a-t-il déclaré sans autre précision. Selon une source diplomatique, il s'agira d'une conférence sur les minorités religieuses d'Orient.

M. Macron s'est rendu à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, cible d'un attentat anti-copte en décembre 2016 ayant fait 29 morts et revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Depuis fin 2016, les attentats anti-coptes se sont multipliés, tuant plus d'une centaine de personnes. Les coptes représentent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, avec environ 10% des quelque 100 millions d'habitants en Egypte.

Peu après, M. Macron a aussi rendu visite à Ahmed al-Tayeb, Grand imam de l'institution sunnite d'Al-Azhar. Selon la présidence française, les deux hommes ont échangé sur "la place de l'islam dans le monde et plus particulièrement en France".

M. Macron a enfin déjeuné avec des membres de la société civile "actifs dans les domaines de la protection judiciaire des détenus, la liberté de la presse, l'égalité femmes-hommes et la défense des enfants", a indiqué la présidence française sans révéler leurs noms.

"Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes sur l'évolution de la situation en Égypte et l'ont remercié pour les messages passés dans le cadre de sa visite", a-t-elle dit.

Élu président en 2014, un an après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, M. Sissi a remporté un deuxième mandat en 2018 et est à la tête d'un régime considéré comme autoritaire et ultra-répressif par ses opposants et les défenseurs des droits humains.

Parallèlement, mardi, Yehya Hussein Abdel Hadi, un opposant connu, a été arrêté à son domicile, a dit à l'AFP son avocat Negad el-Boraï. La veille, cinq autres militants ont été arrêtés au Caire, selon le secrétaire général de leur parti nassériste al-Karama.

Ces arrestations n'ont pas été confirmées par les autorités égyptiennes, qui ont en revanche annoncé mardi de leur côté l'arrestation de 54 membres de la confrérie des Frères musulmans, interdite en Egypte.

M. Macron s'est rendu mardi après-midi à Chypre pour le Med7, un sommet des pays du sud de l'Union européenne.

Avec AFP

Le Parlement du Mozambique donne son feu vert à l'arrestion d'un ex-ministre

Ericino de Salema, avocat, défenseur des droits humains et commentateur très critique du gouvernement, enlevé en plein centre de Maputo, Mozambique, 29 mars 2018. (Facebook/Ericino de Salema)

Le Parlement mozambicain a autorisé mardi l'arrestation du député et ex-ministre des Finances Manuel Chang, actuellement détenu en Afrique du Sud dans le cadre d'un vaste scandale de corruption.

Manuel Chang, 63 ans, a été arrêté le 29 décembre à l'aéroport de Johannesburg sur requête de la justice américaine. Il est sous le coup d'une double demande d'extradition vers les Etats-Unis et le Mozambique.

Selon un document de la Cour suprême mozambicaine dont l'AFP a obtenu une copie, l'ancien grand argentier du pays est poursuivi dans son pays pour fraude, corruption, blanchiment d'argent et détournement de fonds publics.

Manuel Chang étant député, il ne peut être formellement arrêté au Mozambique qu'après autorisation du Parlement.

"Nous nous sommes prononcés en faveur de la demande" de la justice mozambicaine, a expliqué à la presse le numéro 2 du parlement, Antonio Amelia.

Cette décision a été approuvée par les députés du parti au pouvoir, le Frelimo, tandis que les représentants de la principale formation d'opposition, la Renamo, se sont abstenus, estimant qu'elle visait à faire obstruction à la justice américaine.

Les Etats-Unis lui reprochent d'avoir donné son feu vert, à partir de 2012, à des prêts frauduleux à des sociétés publiques mozambicaines. Ces opérations ont donné lieu au versement d'au moins une centaine de millions de dollars de pots-de-vin, dont 5 millions au seul Manuel Chang.

La révélation de ces prêts a précipité le Mozambique dans sa pire crise financière depuis son indépendance en 1975.

M. Chang a demandé sa libération conditionnelle.

La justice sud-africaine doit se prononcer sur cette requête jeudi et étudier le 5 février la demande d'extradition de l'ancien ministre vers le Mozambique.

Avec AFP

Khartoum annonce la libération de toutes les personnes détenues

Des journalistes soudanais manifestent contre les restrictions des libertés de la presse à Khartoum, au Soudan, le 15 novembre 2017.

Les autorités soudanaises ont annoncé la libération de toutes les personnes détenues dans le cadre du mouvement de contestation contre le président Béchir au Soudan, où de nouvelles manifestations ont toutefois été dispersées mardi.

Plus tôt, le chef adjoint de l'état-major a de son côté souligné que les forces armées soudanaises (SAF) étaient "prêtes à faire face à toutes sortes de menaces", sans en préciser la nature, selon l'agence officielle Suna, dans une première prise de position au sein de l'institution militaire depuis le début du mouvement.

Le Soudan, qui rencontre des difficultés économiques et fait régulièrement face à des pénuries, est secoué depuis le 19 décembre par des manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Rapidement, le mouvement s'est transformé en contestation du pouvoir du président Omar el-Béchir, qui dirige le Soudan d'une main de fer depuis un coup d'Etat soutenu par les islamistes en 1989.

Le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression des manifestations et a détenu depuis décembre plus de 1.000 manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes, selon des ONG.

"Le chef du Service national du renseignement et de la sécurité (Salah Ghosh) a émis un ordre de libération de toutes les personnes détenues lors des incidents en cours", a toutefois annoncé mardi dans un communiqué le ministère de l'Information.

Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient appelé mi-janvier le Soudan à libérer les activistes "arbitrairement" détenus, les Américains mettant dans la balance la poursuite de l'amélioration des relations bilatérales.

Le département d'Etat avait également demandé à Khartoum de "permettre une enquête crédible et indépendante sur les morts et les blessés parmi les manifestants".

- "Deuil des morts" -

Selon un bilan officiel, trente personnes ont perdu la vie depuis le début du mouvement. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts.

Mardi, de nouveaux rassemblements ont été dispersés par les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène à Khartoum et dans la ville voisine de Omdourman.

A Port-Soudan (nord-est), des membres de tribus ont organisé un sit-in pour réclamer la démission d'Omar el-Béchir et commémorer la mort, il y a 14 ans, de 21 membres des tribus Beja, tués au cours de manifestations visant à réclamer au pouvoir central une meilleure répartition des ressources.

"Nous ne faisons pas que le deuil des morts de 2005, nous faisons aussi celui de ceux qui sont morts dans le soulèvement depuis décembre", a déclaré à l'AFP Abdallah Mussa, militant issu d'une tribu Beja.

Lundi, l'Association des professionnels soudanais, à la tête du mouvement, avait appelé à de nouveaux rassemblement dans tout le pays, y compris dans les Etats en conflit du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Aucune manifestation n'a toutefois eu lieu dans ces zones.

- "Complot de l'ennemi" -

Le président Béchir a refusé de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des "conspirateurs".

Selon des analystes, ce mouvement de contestation est le plus important défi auquel le chef de l'Etat soudanais est confronté en trois décennies.

Plus tôt dans la journée de mardi, le général Essameddine Mubarak, chef adjoint de l'état-major, a confirmé devant des officiers à Omdourman que les forces armées étaient "prêtes à répondre à tout complot de l'ennemi", sans soutenir toutefois explicitement le président soudanais.

L'Arabie saoudite a exprimé à son tour sa "solidarité avec la République du Soudan qui fait face à des défis économiques", selon l'agence officielle saoudienne SPA, citant un compte-rendu du conseil des ministres.

D'après SPA, une délégation saoudienne s'est rendue au Soudan la semaine dernière pour renforcer les liens commerciaux entre les deux pays qui sont également alliés au sein de la coalition progouvernementale intervenant contre les rebelles Houthis au Yémen.

Le Qatar, en conflit diplomatique avec plusieurs pays de la région dont l'Arabie saoudite, avait apporté dès la semaine passée son soutien à Khartoum, au même titre que le voisin égyptien, dimanche lors d'une visite de M. Béchir au Caire.

Lundi, Moscou a reconnu que des "instructeurs" russes étaient présents aux côtés des forces gouvernementales au Soudan, le Kremlin ajoutant que cette présence "dans le cadre des relations bilatérales russo-soudanaises" était "absolument légitime".

Avec AFP

Session extraordinaire des magistrats nigérians autour de l'affaire Onnoghen

Des manifestants devant le secrétariat de Barreau du Nigéria après la suspension du président de la Cour Suprême Walter Onnoghen, Abuja, Nigeria, le 28 janvier, 2019.

Les représentants des magistrats nigérians se sont rencontrés mardi en session extraordinaire pour discuter d'une position commune autour de l'affaire Onnoghen, le président de la Cour Suprême du pays démis de ses fonctions à moins de trois semaines de l'élection présidentielle.

"Compte tenu de la gravité de la situation, le Conseil rendra sa décision finale (...) dans les 7 jours ouvrables prochains, pour donner le temps aux personnes concernées de répondre" des accusations qui pèsent contre elles, a indiqué le porte-parole du Conseil National Judiciaire (NJC).

"Le Conseil tiendra une nouvelle session le 11 février 2019", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le juge Walter Onnoghen a été suspendu de ses fonctions vendredi par le président Muhammadu Buhari, après deux semaines de polémique sur son procès pour fraude mené par une Cour spéciale qui l'accuse de ne pas avoir déclaré des comptes bancaires en devises.

Sa suspension par l'exécutif a été jugée inconstitutionnelle par l'opposition ainsi que par les observateurs de l'élection présidentielle, prévue le 16 février.

Le NJC est l'autorité qui aurait dû d'abord mener une enquête en interne avant de communiquer ses résultats au Sénat. Seuls les 2/3 des votants au Sénat peuvent renvoyer le président de la Cour Suprême, selon la Constitution du Nigeria.

Le NJC explique avoir reçu des plaintes contre M. Onnoghen pour non-déclaration de ses revenus et de son patrimoine, mais aussi contre son remplaçant le juge Ibrahim Tanko Muhammad, désigné par le chef de l'Etat lui-même, et qui a accepté cette nomination hors de toute procédure constitutionnelle.

Le syndicat des magistrats avait qualifié la suspension du juge Onnoghen de "coup d'Etat contre l'appareil judiciaire" et appelé ses membres à boycotter les tribunaux pendant deux jours. Le mouvement n'a que partiellement été suivi.

Les élections de février s'annoncent très disputées entre le président sortant, candidat du Congrès des Progressistes (APC), et le principal mouvement de l'opposition, le Parti populaire démocratique, représenté par Atiku Abubakar, un ancien vice-président.

Avec AFP

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