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Afrique

mardi 29 janvier 2019

Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, lors d'une conférence de presse après une réunion avec le président ivoirien, le 4 mai 2018.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a lancé mardi à Freetown les activités de la commission d'enquête destinée à faire la lumière sur les cas de corruption dans le pays sous le régime de son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, une initiative dénoncée par l'ex-parti au pouvoir.

"Tous ceux qui sont appelés par la commission doivent obtempérer, quiconque refusera d'obtempérer, je le répète, fera face à la loi", a déclaré le président Bio, en fonctions depuis dix mois, lors d'une cérémonie de lancement.

Il s'était engagé lors de sa campagne à mener une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics. Les auditions de la commission, créée en octobre, doivent débuter le 4 février, pour une durée de six mois. Elles seront menées par trois juges, Biobele Georgewill (Nigeria), William Annan Atuguba (Ghana) et Bankole Thompson (Sierra Leone).

"Nous nous sommes préparés pour faire face à la force entière de la loi qui est meilleure que la guerre", a déclaré Alhaji Foday Yansaneh, secrétaire général de l'ex-formation au pouvoir l'APC, lors d'une conférence de presse, quelques heures après le lancement de la commission. "L'APC constate avec consternation que le président (Bio) a lancé la commission d'enquête sans prendre en compte nos préoccupations et les services de l'Etat".

"Notre position sur la commission d'enquête reste sacro-sainte", a de son côté dit le porte-parole de l'APC, Cornelius Deveaux, estimant qu'elle est "anticonstitutionnelle".

Les juges de la Commission doivent notamment entendre les ex-président et vice-présidents sous Koroma (septembre 2007 - avril 2018) et les chefs de départements et d'agences gouvernementales pendant cette période.

"La corruption est une menace au développement national. On ne peut pas arrêter la lutte contre (ce fléau)", a ajouté le chef de l'Etat sierra-léonais.

"La commission d'enquête n'est pas une chasse aux sorcières mais une reddition des comptes démocratiques et une lutte contre l'impunité", a déclaré le ministre de la Justice, Priscilla Schwartz, en allusion à des critiques de l'ex-pouvoir.

Plusieurs ex-responsables ont été arrêtés ces derniers mois, à la suite de la publication le 4 juillet d'un rapport accablant sur la "corruption galopante" sous l'administration Koroma.

L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.

Avec AFP

Le président français Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, le 24 octobre 2017 à l'Elysée.

Le président français Emmanuel Macron a terminé mardi sa visite en Egypte par un nouvel entretien avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, après avoir appelé au "dialogue entre les religions" durant des rencontres avec les autorités musulmanes et coptes.

Au troisième et dernier jour de sa visite officielle en Egypte, M. Macron s'est entretenu avec le président égyptien pour la deuxième fois, alors qu'il se trouvait à l'aéroport où son avion pour Chypre l'attendait.

L'entretien, non prévu au programme, a duré 45 minutes, selon la présidence française, retardant le départ de M. Macron. Rien n'a filtré sur la teneur des échanges.

La veille, lors d'une conférence de presse, les deux hommes avaient exprimé leurs désaccords sur la question particulièrement sensible des droits humains.

Avant cette rencontre, plusieurs ONG avaient demandé à M. Macron de suspendre les ventes d'armes susceptibles de servir à la répression d'opposants.

Lundi, M. Sissi a démenti de telles pratiques. Mais, mardi, Amnesty International a maintenu ses affirmations: "contrairement aux propos du président al-Sissi, les véhicules blindés transférés par la France ont bel et bien été utilisés dans le cadre de la répression en Égypte".

L'ONG a par ailleurs pris "acte des déclarations du président Emmanuel Macron, déclarant que +l'utilisation des blindés doit être exclusivement militaire+".

Au cours de la visite de M. Macron, destinée à renforcer le partenariat entre Paris et Le Caire, une trentaine d'accords et contrats ont été signés, pour plusieurs centaines de millions d'euros.

- "Dialogue entre les religions" -

Mardi matin, lors d'une rencontre avec le pape orthodoxe copte Tawadros II au Caire, M. Macron a aussi plaidé pour "le dialogue entre les religions", une "solution" face à un monde en "crise".

Il a en outre assuré que le rôle de la France dans la région était d'agir "encore davantage pour accompagner l'ensemble des chrétiens d'Orient".

"Sur ce point, j'ai décidé qu'une nouvelle conférence se tiendrait à Paris", a-t-il déclaré sans autre précision. Selon une source diplomatique, il s'agira d'une conférence sur les minorités religieuses d'Orient.

M. Macron s'est rendu à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, cible d'un attentat anti-copte en décembre 2016 ayant fait 29 morts et revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Depuis fin 2016, les attentats anti-coptes se sont multipliés, tuant plus d'une centaine de personnes. Les coptes représentent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, avec environ 10% des quelque 100 millions d'habitants en Egypte.

Peu après, M. Macron a aussi rendu visite à Ahmed al-Tayeb, Grand imam de l'institution sunnite d'Al-Azhar. Selon la présidence française, les deux hommes ont échangé sur "la place de l'islam dans le monde et plus particulièrement en France".

M. Macron a enfin déjeuné avec des membres de la société civile "actifs dans les domaines de la protection judiciaire des détenus, la liberté de la presse, l'égalité femmes-hommes et la défense des enfants", a indiqué la présidence française sans révéler leurs noms.

"Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes sur l'évolution de la situation en Égypte et l'ont remercié pour les messages passés dans le cadre de sa visite", a-t-elle dit.

Élu président en 2014, un an après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, M. Sissi a remporté un deuxième mandat en 2018 et est à la tête d'un régime considéré comme autoritaire et ultra-répressif par ses opposants et les défenseurs des droits humains.

Parallèlement, mardi, Yehya Hussein Abdel Hadi, un opposant connu, a été arrêté à son domicile, a dit à l'AFP son avocat Negad el-Boraï. La veille, cinq autres militants ont été arrêtés au Caire, selon le secrétaire général de leur parti nassériste al-Karama.

Ces arrestations n'ont pas été confirmées par les autorités égyptiennes, qui ont en revanche annoncé mardi de leur côté l'arrestation de 54 membres de la confrérie des Frères musulmans, interdite en Egypte.

M. Macron s'est rendu mardi après-midi à Chypre pour le Med7, un sommet des pays du sud de l'Union européenne.

Avec AFP

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