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L'opposant Maurice Kamto arrêté

Le Camerounais Maurice Kamto annonce sa victoire à la présidentielle camerounaise en conférence de presse à Yaoundé, le 8 octobre 2018. (VOA/Bagassi Koura)

L'opposant camerounais Maurice Kamto, arrivé deuxième à l'élection présidentielle d'octobre et qui revendique toujours la victoire dans les urnes, a été arrêté lundi soir à Douala, a annoncé à l'AFP Emmanuel Simh, vice-président de son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

"M. Kamto a été arrêté au domicile d'Albert Dzongang (un de ses soutiens), il a été conduit à la police judiciaire de Douala", a déclaré M. Simh, confirmant une information d'une source proche des autorités de Douala.

Albert Dzongang et Christian Penda Ekoka, un économiste soutien de Maurice Kamto, ont aussi été arrêtés au domicile du premier lundi soir, a indiqué M. Simh à l'AFP.

Contactées par l'AFP, les autorités n'ont pas donné suite.

Après l'arrestation de M. Kamto, environ 300 personnes se sont massées autour de la maison de M. Dzongang, selon un journaliste de l'AFP sur place. Des tirs en l'air ont dispersé la foule.

Une "réunion de crise" est en cours au MRC, dont plusieurs cadres et soutiens ont été arrêtés depuis samedi.

Le parti avait appelé à des marches contre la réélection de Paul Biya, 85 ans dont 36 au pouvoir. Depuis l'annonce des résultats fin octobre, Maurice Kamto n'a cessé de dénoncer un "hold-up électoral".

Samedi, 117 personnes ont été arrêtées lors de ces marches, dans plusieurs villes du pays dont Yaoundé, Douala et Bafoussam.

L'ex-directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul-Eric Kingue, et le célèbre rappeur pro-Kamto Valsero font partie des personnes interpellées samedi.

"Le MRC a franchi la ligne rouge et a débordé le seuil de la tolérance", avait déclaré samedi soir le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga-Nji, en conférence de presse.

L'ex-candidat du MRC Maurice Kamto revendique toujours la victoire après être officiellement arrivé deuxième dans les urnes (14,23% des suffrages) derrière Paul Biya, réélu avec 71,2% des voix.

Depuis 1982, Paul Biya règne en maître absolu au Cameroun, où il a tout verrouillé pour assurer son maintien à la tête du pays, s'appuyant sur l'administration et sur un parti-Etat, le RDPC, qu'il a créé en 1985.

Avec AFP

Au Caire, Macron et Sissi assument leurs désaccords sur les droits humains

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l'Elysée , à Paris, le 24 octobre, 2017.

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont défendu chacun leur vision des droits humains lundi au Caire, au deuxième jour d'une visite destinée à renforcer le "partenariat stratégique" entre les deux pays.

D'un ton courtois mais ferme, les deux dirigeants ont assumé leur désaccord, d'abord au cours d'un tête-à-tête de deux heures dans le palais présidentiel de l'Ittihadiya, puis devant les journalistes au cours d'une conférence de presse dominée par cette question des droits humains.

Le sujet, sensible, a été évoqué non seulement pour l'Egypte mais aussi pour la France, Emmanuel Macron étant appelé à défendre l'usage de la force lors des manifestations des "gilets jaunes".

"On peut se dire les choses de manière très franche (...) sans considérer qu'on vient ni donner des leçons ni déstabiliser", a estimé M. Macron.

Le président français avait donné le ton lundi en annonçant qu'il allait parler "plus ouvertement" avec M. Sissi de la question des droits humains en Egypte, où les autorités font l'objet de vives critiques des ONG internationales.

En octobre 2017, lorsqu'il avait reçu son homologue égyptien à Paris, il avait refusé de lui "donner des leçons", ce qui avait été dénoncé avec force par ces organisations.

- "Pas comme l'Europe" -

Mais, depuis, "les choses ne sont pas allées dans la bonne direction" en Egypte, a déploré lundi Emmanuel Macron, car des "blogueurs, des journalistes et des activistes" ont été emprisonnés.

Or, "la stabilité et la paix durable vont de pair avec le respect des libertés de chacun, de la dignité de chacun et d'un Etat de droit", a-t-il avancé. Une "société civile dynamique, active, inclusive reste le meilleur rempart contre l'extrémisme et une condition même de la stabilité", a enchaîné le président français.

"N'oubliez pas que nous sommes dans une région troublée", lui a répondu Abdel Fattah al-Sissi, arrivé au pouvoir en 2013, deux ans après le Printemps arabe. "Le projet d'établir un Etat religieux" n'a "pas réussi en Egypte", a-t-il rappelé en faisant référence à la présidence de l'islamiste Mohammed Morsi (2012-13), renversé par l'armée.

Pour l'ex-chef de l'armée, "nous ne sommes pas comme l'Europe ou comme l'Amérique (...), on ne peut pas imposer à toutes les sociétés un seul chemin".

D'ailleurs, "les blogueurs parlent un langage tout à fait différent de la réalité que nous vivons", a ajouté M. Sissi, en soulignant que l'Egypte ne serait "pas construite par les blogueurs mais par le travail, l'effort et la persévérance".

"Les 2,5 millions" d'Egyptiens qui naissent chaque année "ont besoin d'écoles, de nourriture et de soins médicaux", a-t-il avancé.

- Près d'un milliard d'euros -

Emmanuel Macron avait pris soin de préciser qu'il était conscient des immenses défis auxquels fait face ce pays de 100 millions d'habitants, confronté notamment à la menace de groupes jihadistes.

"Je ne mésestime rien de toutes les difficultés de rebâtir un Etat, de développer une économie, et donc je ne fais aucun raccourci, je ne donne aucune leçon", a-t-il souligné.

Plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), avaient mis la pression sur le chef de l'Etat français en l'appelant lundi à "délivrer un discours fort sur la situation catastrophique des droits humains" en Egypte, "en demandant la libération de tous les prisonniers injustement détenus".

Elles ont aussi exigé "la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international".

M. Sissi a assuré que cela n'était pas le cas.

L'Egypte est devenue le troisième client de vente d'armements pour la France, qui a obtenu quelque six milliards d'euros de commandes depuis 2015, dont la vente de 24 avions de combat Rafale.

La visite n'a pas donné lieu à de nouvelles commandes militaires mais une trentaine d'accords et de contrats commerciaux ont été signés, pour près d'un milliard d'euros. Figure notamment un protocole d'accord entre Vinci et les autorités égyptiennes pour la construction de 5,6 km de tunnel pour le métro du Caire.

Paris espère également profiter de la construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à l'est du Caire, que les deux dirigeants ont brièvement visité dans l'après-midi.

Emmanuel Macron terminera sa visite mardi par une visite aux deux principaux responsables religieux du pays, le grand imam de la mosquée Al-Azhar et le pape copte Tawadros II.

Avec AFP

Des poupées noires, diversité et estime de soi

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Sous-nutrition aggravée en Afghanistan, Centrafrique, RDCongo, Soudan du Sud et Yémen

Le Programme alimentaire mondial (PAM) distribue l'aide aux enfants malnutris au Tchad, le 10 avril 2010.

La situation nutritionnelle en Afghanistan, République centrafricaine, République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et Yémen s'est aggravée fin 2018, selon un rapport publié lundi par la FAO et le PAM.

Dans ce cinquième document remis depuis 2016 au Conseil de sécurité, les auteurs soulignent que la situation dans les pays ayant le plus besoin d'une aide alimentaire montre que le lien entre conflit et faim demeure trop persistant et mortel.

A la différence des Etats où la sous-nutrition s'est aggravée, quelques améliorations ont été enregistrées en Somalie, en Syrie et dans le Bassin du Lac Tchad grâce à un meilleur contexte sécuritaire, note le rapport.

Au total, près de 56 millions de personnes à travers ces huit zones de conflit ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence et d'assistance afin de soutenir leurs moyens d'existence, précisent les auteurs.

"Ce rapport démontre clairement l'impact des violences armées sur les vies et les moyens d'existence de millions d'hommes, de femmes, de garçons et de filles piégés au milieu des conflits", souligne dans ce document José Graziano da Silva, patron de la FAO, en dénonçant "des niveaux de faim inacceptables au 21e siècle".

"Nous devons améliorer et faciliter l'accès aux zones de conflit de manière à pouvoir atteindre davantage de civils qui ont besoin de notre aide", estime de son côté David Beasley, directeur du PAM.

Selon le rapport, les actes de violence contre le personnel humanitaire sont en hausse, entrainant parfois une suspension des opérations et privant d'aide des populations vulnérables.

En 2018, des travailleurs humanitaires et des établissements ont été la cible d'attaques dans tous les pays couverts par le rapport.

Une détérioration importante de la sécurité alimentaire lors de la saison creuse cette année --juin à août 2019-- est attendue dans le Bassin du Lac Tchad, dont le nord-est du Nigeria, les régions du lac Tchad et de Diffa au Niger, où les militants de Boko Haram sont actifs. Trois millions de personnes devraient être confrontées à une situation d'insécurité alimentaire aiguë, estime aussi le document.

Une militante anti-Kabila met fin à une année de clandestinité

Les évêques de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) lors d'un point de presse à Kinshasa, 11 janvier 2017. (Top Congo/VOA)

Une responsable du collectif des catholiques organisateurs des marches anti-Kabila en 2017 et 2018, Leonnie Kandolo, a exprimé lundi sa "joie" de recouvrer la liberté après plus d'un an de clandestinité en République Démocratique du Congo.

"J'ai été en clandestinité pendant une année et 23 jours, privée de liberté, j'ai recouvré ma liberté après le discours du nouveau chef de l'État", Félix Tshisekedi, a déclaré Leonnie Kandolo. "J'ai été sous mandat d'arrêt, ça été levé, je suis chez moi, avec mes enfants, mes amis, je suis dans une très grande joie".

"Le combat pour lequel je me suis battue a été gagné", a estimé Mme Kandolo. Il s'agissait "d'un combat d'idées, pour le respect de la constitution, d'un État de droit". "La Constitution n'a pas été modifiée, les élections ont été organisées, nous avons un nouveau président de la République. Je suis contente", a expliqué Mme Kandolo.

Mme Kandolo était l'une des porte-parole des laïcs catholiques réunis sous la bannière d'un Comité laïc de coordination (CLC), organisateur des marches réclamant le départ du président Joseph Kabila du pouvoir après la fin de son mandat en 2016. Le CLC demandait à M. Kabila de dire publiquement qu'il n'allait pas briguer un troisième mandat en RDC.

Pendant ces marches organisées fin 2017 et début 2018, les fidèles marchaient avec des bibles à la main, après la messe du dimanche. Ces manifestations réprimées dans le sang, ont fait une quinzaine de morts, selon l'ONU.

Âgé de 47 ans (dont 18 au pouvoir), M. Kabila a finalement cédé son fauteuil à l'opposant Félix Tshisekedi le 25 janvier 2019 au lendemain de sa prestation de serment à l'issue de la présidentielle organisée le 30 décembre.

Le CLC organise une célébration eucharistique mardi qui sera présidée par l'archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, en présence des familles de victimes tuées dans la répression de ces marches.

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