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Un sénateur américain accusé d'enterrer le rapport sur la torture par la CIA


Des journalistes interviewent le président de la commission du Renseignement du Sénat, le sénateur Richard Burr, R-N.C., à Washington, le 10 mai 2017.

Des élus démocrates ont accusé vendredi un sénateur républicain de vouloir enterrer un rapport secret sur le programme controversé de torture par la CIA dans les années 2000, en demandant les copies de ce document.

Selon ces élus d'opposition, le sénateur républicain Richard Burr, qui préside la commission du Renseignement du Sénat, a discrètement demandé aux agences gouvernementales cette semaine de lui envoyer les copies du "rapport complet sur le programme d'interrogatoire et de détention de la CIA", rédigé en 2014 par cette commission.

Huit copies répertoriées auraient été transmises à la Maison Blanche et à diverses agences gouvernementales.

M. Burr a expliqué vendredi qu'il voulait les récupérer en raison des informations sensibles qu'elles contiennent. "Comme la commission le fait avec toutes les informations classifiées et tenues secrètes (je) prendrai les mesures nécessaires pour protéger les sources et les méthodes sensibles contenues dans ce rapport", a-t-il écrit dans un communiqué.

Mais les démocrates craignent que l'élu ne veuille détruire toutes les copies de ce rapport et que la vérité sur ce programme de la CIA, mis en place après les attaques du 11 septembre 2001, ne voit jamais le jour.

"Aucun sénateur (...) n'a le pouvoir d'effacer l'histoire. Je pense que c'est l'intention du président (Burr) dans cette affaire", a dénoncé la sénatrice démocrate Diane Feinstein qui avait ordonné ce rapport en 2009 quand elle présidait la même commission.

Un autre démocrate de cette commission, Ron Wyden, a estimé que l'initiative de M. Burr ne servait qu'un objectif: ouvrir la voie à des mensonges pour justifier un programme de torture dangereux et illégal".

Ce rapport de 6.700 pages détaille les méthodes d'interrogatoire et les conditions de détention très controversées de suspects d'Al-Qaïda comme Abou Zoubaydah, le premier membre influent présumé du réseau islamiste capturé par les Américains après le 11-Septembre, en utilisant des techniques interdites comme la simulation de noyade ou la privation de sommeil pour obtenir des aveux.

Un résumé de 528 pages avait rendu public en décembre 2014 mais la version complète - classifiée - comprend des détails sur les méthodes, les participants et les lieux.

Richard Burr cherche à récupérer des copies du rapport depuis qu'il a pris la présidence de la commission en 2015.

Jusqu'à présent trois copies lui sont revenues en provenance de la CIA, du bureau de l'inspecteur général de la CIA, et du bureau du directeur du renseignement, ont indiqué à l'AFP des sources parlementaires.

Le président sortant Barack Obama, qui craignait que ce rapport soit enterré, a conservé une copie pour sa librairie présidentielle de Chicago. Mais elle restera classifiée jusqu'en 2029.

Avec AFP

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