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Un accusé meurt après avoir avalé du "poison" au TPI pour l'ex-Yougoslavie


Slobodan Praljak buvant du poison devant le TPIY à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, le 29 novembre 2017.

Slobodan Praljak est mort après avoir avalé du "poison", au moment de son verdict devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye.

L'ex-haut responsable des forces croates de Bosnie, Slobodan Praljak, 72 ans, est mort dans un hôpital de La Haye après avoir commis cet acte dans la salle d'audience 1 du TPIY, a annoncé l'agence officielle croate Hina.

"Praljak n'est pas un criminel", "je rejette votre verdict", a déclaré M. Praljak, debout, avant de sortir une fiole de sa poche et d'en avaler le contenu. Son avocat a aussitôt indiqué qu'il s'agissait de "poison". L'accusé a commis cet acte juste après la confirmation par le tribunal de sa condamnation à 20 ans de prison.

Son décès a été annoncé par plusieurs médias croates, dont la chaîne privée N1 et les principaux quotidiens Jutarnji List et Vecernji List avant d'être confirmé par Hina, qui cite une source proche de l'accusé.

Alors que le tribunal s'apprêtait à rendre son dernier jugement avant de fermer ses portes en décembre, l'audience a été suspendue après cet incident inédit. Des secouristes se sont précipités à l'intérieur du tribunal survolé par un hélicoptère.

La salle d'audience dans laquelle s'est déroulé l'incident est désormais une "scène de crime", et "une enquête a été ouverte par la police néerlandaise", a annoncé le juge président Carmel Agius lors de la reprise de l'énoncé du jugement mercredi après-midi, dans une autre salle du TPIY.

- Incident inédit -

L'incident s'est produit au cours d'une audience en appel qui concernait six ex-dirigeants et chefs militaires des Croates de Bosnie, accusés notamment de crimes de guerre durant le conflit croato-musulman (1993-1994) qui a éclaté durant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Il s'est produit juste après que les juges eurent confirmé la condamnation à 25 ans de prison contre l'ex-dirigeant des Croates de Bosnie, Jadranko Prlic. 40 ans de prison avaient été requis contre lui. Il avait été condamné en 2013 à 25 ans de prison en première instance pour avoir mené le transfèrement de musulmans lors de la guerre de Bosnie et pour avoir eu recours à des meurtres, viols et destructions de biens civils, des actes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Siégeant à La Haye, le TPIY devait se prononcer ce mercredi pour la toute dernière fois avant de baisser le rideau, après près d'un quart de siècle consacré à juger ceux qui ont commis les pires atrocités en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Ce n'est pas la première fois qu'un incident de ce genre se produit au TPIY. En 2006, l'ex-chef des Serbes de Croatie, Milan Babic, 50 ans, condamné à 13 ans de prison pour des exactions commises pendant la guerre de 1991-1995 en Croatie, s'était suicidé dans la prison du TPIY à La Haye.

Il s'agissait du second détenu du tribunal à mettre fin à ses jours, après un autre Serbe de Croatie, Slavko Dokmanovic, en juin 1998.

La semaine dernière, Ratko Mladic, l'ancien chef des forces serbes de Bosnie, condamné à la perpétuité la semaine dernière, notamment pour génocide, avait quant à lui été très énervé lors de l'énoncé de son verdict. Il avait été expulsé par force de la salle d'audience du TPIY et n'était pas dans le box des accusés au moment de la lecture du verdict.

Jadranko Prlic, qui a notamment été "Premier ministre" de la Herceg-Bosna, entité autoproclamée par des nationalistes croates, était jugé avec cinq autres ex-chefs de cette "République", condamnés en première instance à des peines allant de dix à vingt ans de prison, toutes confirmées en appel lors de la reprise de l'audience mercredi.

Comme pour M. Prlic, quarante ans de détention avaient été requis à l'encontre de trois d'entre eux: Bruno Stojic, son ancien ministre de la Défense, Milivoj Petkovic, ancien responsable des forces armées de la Herceg-Bosna, et Slobodan Praljak.

Ils avaient été reconnus coupables d'une "entreprise criminelle commune" pour imposer une domination croate. Si la guerre de Bosnie a essentiellement opposé les musulmans aux Serbes, Croates et musulmans se sont également combattus.

L'image la plus symbolique de la guerre qui opposa en 1993 et 1994 Croates catholiques et Bosniaques musulmans fut la destruction du "Stari Most", le pont ottoman de Mostar, ville encore aujourd'hui peuplée de Bosniaques et de Croates.

Avec AFP

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