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Turquie: le renforcement des pouvoirs d'Erdogan soumis au Parlement samedi


Le president turque, Recep Tayyip Erdogan

Une réforme constitutionnelle visant à instaurer en Turquie le système présidentiel que réclame l'actuel chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan, sera soumise au Parlement samedi, a déclaré vendredi le Premier ministre Binali Yildirim.

"Nous allons présenter notre proposition de réforme de la Constitution demain à la Grande Assemblée nationale de Turquie", a déclaré M. Yildirim lors d'un discours à Zonguldak (nord-ouest).

Ce texte doit recueillir l'aval d'au moins 330 députés (sur 550) pour pouvoir être soumis à un référendum. Le parti au pouvoir AKP et la formation de droite nationaliste MHP, qui soutient le texte, totalisent ensemble 355 voix à l'hémicycle.

Une consultation populaire pourrait se tenir dès le mois de mars, a déclaré le vice-Premier ministre Nurettin Canikli lors d'un entretien à la chaîne A Haber vendredi.

La proposition de réforme prévoit le transfert de l'essentiel du pouvoir exécutif du Premier ministre au président de la République, une fonction essentiellement honorifique dans l'état actuel de la Constitution.

Premier chef de l'Etat turc élu au suffrage universel, en 2014, Recep Tayyip Erdogan n'a eu de cesse d'exhorter le gouvernement à réformer la Constitution pour instaurer un régime présidentiel, citant l'exemple de la France et des Etats-Unis.

Les dirigeants turcs affirment qu'un tel système est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l'Etat.

"Si Dieu le veut, le système présidentiel (...) va mettre fin à la période des coalitions" gouvernementales et doter la Turquie d'un "exécutif fort", a déclaré vendredi M. Yildirim.

Mais l'idée d'un renforcement de M. Erdogan inquiète ses opposants, qui accusent le président de dérive autoritaire, en particulier depuis la tentative de putsch du 15 juillet.

Après le coup de force, les autorités turques ont déclenché de vastes purges qui, allant au-delà de la chasse aux putschistes présumés, ont visé les milieux prokurdes et les médias.

L'ampleur de ces mesures suscite l'inquiétude de l'Occident, notamment de l'Union européenne, dont les relations avec la Turquie se sont dégradées ces derniers mois.

Avec AFP

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