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Turquie: 10 universitaires au tribunal pour "propagande terroriste"


Le President turque Recep Tayyip Erdogan (Image d'archives)

Le procès de dix universitaires accusés de "propagande terroriste" pour avoir signé une pétition critiquant les opérations militaires dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie s'est ouvert mardi à Istanbul.

Il s'agit de la première vague de procédures judiciaires visant 146 universitaires. Les prévenus sont jugés séparément et risquent jusqu'à sept ans et demi de prison.

Les universitaires comparaissaient pour "propagande terroriste" pour avoir signé en janvier 2016 une pétition dénonçant le "massacre", selon eux, de civils kurdes par les forces de sécurité turques pendant des opérations contre les rebelles du PKK dans le sud-est du pays.

Après la rupture d'un cessez-le-feu à l'été 2015, de violents combats entre forces de sécurité turques et rebelles kurdes ont embrasé plusieurs villes du sud-est de la Turquie. Selon des ONG, les affrontements urbains ont fait plusieurs victimes civiles.

"En Turquie, il y a un prix à payer pour le simple fait d'user de sa liberté d'expression", dit à l'AFP l'un des signataires de la pétition, Ahmet Bek. "Nous allons voir quel est ce prix".

Plus de 1.100 intellectuels turcs et étrangers avaient signé cette pétition, suscitant la fureur du président Recep Tayyip Erdogan, qui avait qualifié leur acte de "trahison". Plus de 1.000 autres personnes ont paraphé le texte par la suite.

Dans la foulée, plusieurs centaines d'universitaires avaient été limogés et des procédures judiciaires déclenchées dans toute la Turquie, ravivant dans ce pays comme à l'étranger les critiques sur les atteintes à la liberté d'expression.

Signe de la préoccupation des pays occidentaux, plusieurs diplomates européens, dont l'ambassadeur de France en Turquie, ont assisté à l'ouverture des procès mardi.

"Rien, dans cette pétition, ne justifie une accusation aussi absurde", selon Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. "La liberté académique ne tient plus qu'à un fil en Turquie", s'alarme-t-il dans un communiqué.

Ces procès s'ouvrent dans un contexte de fortes pressions contre les milieux universitaires depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

Le putsch avorté a été suivi de purges tous azimuts qui ont aussi frappé l'éducation avec, notamment, le remplacement de plusieurs recteurs d'universités.

(Avec AFP)

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