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Soudan: "l'impunité" doit cesser pour les auteurs de crimes au Darfour (ONG)


Des déplacés à Abu Shouk, près d'el-Fasher, la capitale de l'Etat du Nord Darfour, le 26 mai 2005.

Des organisations de défense des droits humains ont appelé mercredi les autorités de transition au Soudan à mettre un terme au "règne de l'impunité" en traduisant en justice les responsables des crimes commis au Darfour, 16 ans après le déclenchement d'un conflit meurtrier.

Le Soudan est gouverné par des autorités chargées d'assurer la transition vers un régime civil depuis un accord conclu en août entre l'armée et les meneurs d'un mouvement de contestation ayant entraîné la destitution d'Omar el-Béchir en avril.

Le nouveau gouvernement a promis de pacifier les régions en conflit, dont le Darfour, où une guerre sanglante entre rebelles et forces progouvernementales a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU.

Dans un rapport intitulé "Darfour, le règne de l'impunité doit cesser", la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et d'autres ONG estiment que les responsables des crimes n'ont toujours pas été jugés par "manque de volonté politique nationale et régionale".

Les nouvelles autorités à Khartoum doivent "montrer que la transition ne fera pas perdre de vue les crimes passés" et qu'elles prendront "en compte les demandes de justice et de paix durable de la population", a affirmé Arnold Tsunga, directeur pour l'Afrique de la Commission internationale des juristes et ancien vice-président de la FIDH.

"Plus de 10 ans après que la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre Omar el-Béchir et trois autres responsables pour crimes (...), dont des crimes sexuels à grande échelle, personne n'a été arrêté", déplorent les ONG.

M. Béchir, condamné samedi pour corruption, est en outre sous le coup de deux mandats d'arrêts, émis en 2009 et 2010 par la CPI, pour "crimes de guerre", "crimes contre l'humanité" et "génocide" au Darfour.

A ce jour, le gouvernement de transition n'a pas autorisé l'extradition de l'ex-dirigeant à La Haye, où siège la CPI.

"Sans que justice soit rendue et sans réparation pour les victimes, les crimes internationaux, dont les crimes sexuels, continueront au Soudan, empêchant toute réelle transition politique démocratique", préviennent les ONG, qui regrettent que "les survivants du Darfour continuent de souffrir des conséquences d'un conflit ayant commencé en 2003".

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