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Trois Syriens jugés pour un projet d'attentat de l'EI à Düsseldorf


La carte de l'Allemagne avec l'indication de ses grandes villes dont Düsseldorf.

Trois Syriens ont comparu mercredi en Allemagne pour un projet d'attentats coordonnés en 2016 à Düsseldorf (ouest), au nom du groupe Etat islamique, révélé après la reddition de l'un d'eux à la police française.

Saleh A., 25 ans, Hamza C., 27 ans, et Mahood B., 25 ans, seront jugés sous haute sécurité au moins jusqu'en décembre, accusés d'avoir été mandatés par le groupe jihadiste pour perpétrer deux attentats à la veste piégée et tirer sur des passants dans la vieille ville de Düsseldorf.

Ce mode opératoire, proche de celui des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015, avait été expliqué par Saleh A. à la police française, à laquelle il s'était livré en février 2016, entraînant l'arrestation de ses deux coaccusés le 2 juin suivant à Düsseldorf.

D'après l'accusation, Saleh A. s'était vu confier début 2014 par la direction de l'EI à Raqa, fief syrien du groupe jihadiste, la mission d'organiser avec Hamza C. une attaque à Düsseldorf, qu'il devait financer en vendant au Vatican une vidéo contenant des preuves de vie d'un prêtre enlevé par les jihadistes.

Selon le parquet fédéral, les deux hommes ont d'abord gagné la Turquie en mai 2014 "pour explorer les moyens de se rendre en Europe" et ont organisé le passage de plusieurs réfugiés avant de suivre la même route séparément, en mars et juillet 2015, jusqu'en Allemagne.

Après plusieurs mois dans la Ruhr, ils ont convaincu en janvier 2016 Mahood B. de se joindre à leur projet, avant de se rendre fin janvier à Paris, pour y chercher l'argent nécessaire à la suite de leur périple vers Rome.

Mais au lieu de poursuivre sa route, Saleh A. a alors poussé la porte d'un commissariat parisien, choisissant de révéler aux enquêteurs puis à la justice antiterroriste française les détails de son plan.

Incarcéré plusieurs mois en France, Saleh A. a finalement été remis à la justice allemande le 29 septembre dernier. Il est également jugé, parallèlement au projet d'attentat, pour avoir tué en février 2013 un soldat syrien qui venait d'abattre son frère à Tabqa (nord-est de la Syrie).

Il faisait alors partie du Front al-Nosra, branche d'Al Qaïda en Syrie, après avoir combattu le régime du président Bachar al-Assad dans un groupe de l'Armée syrienne libre, selon l'acte d'accusation.

Lorsque l'EI a pris Tabqa, à l'automne 2013, Saleh A. a d'abord refusé de prêter allégeance à l'organisation et a été envoyé dans un camp de rééducation, où il a rencontré Hamza C., avant de finir par rejoindre les rangs jihadistes.

Avec AFP

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