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Plainte contre les pompiers pour lenteur dans l'incendie meurtrière en Sibérie

Une femme pleure lors des funérailles d'une victime de l'incendie dans un centre commercial, Kemerovo, Russie, le 28 mars 2018

Des proches de victimes ayant péri dans l'incendie d'un centre commercial en Sibérie ont porté plainte contre les pompiers, qu'ils accusent de ne pas avoir agi assez rapidement le jour du drame.

Au moins trois personnes ont saisi le parquet de la région de Kemerovo, où s'est produite la tragédie dimanche, pour mettre en cause "l'inaction des secours et des membres des forces de l'ordre lors de l'opération de sauvetage", a indiqué un porte-parole du parquet régional à TASS.

"Le Parquet a reçu les plaintes et est en train de les examiner. Les proches des victimes vont être interrogés pour établir la chronologie des événements", a confirmé à l'AFP un militant de Kemerovo, Maxime Outchvatov.

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L'incendie a fait au moins 64 morts dont 41 enfants.

Selon la plainte, dont des extraits ont été publiés par le journal RBK, l'une des plaignantes, Nadejda Vostrikova, qui a perdu cinq de ses proches dans l'incendie, raconte avoir reçu le jour du drame un appel téléphonique de sa fille lui disant qu'elle était prise au piège dans une des salles du cinéma situé au dernier étage du centre commercial, qui était fermée à clé.

Lorsqu'elle se rend sur les lieux, Nadejda Vostrikova voit quatre pompiers inactifs.

"Je me suis mise à genoux et je leur ai demandé: +les gars, sauvez mes enfants+. Ils m'ont répondu avec indifférence: +On ne peut pas vous aider, on attend la brigade des secouristes+", indique-t-elle dans sa plainte, selon RBK.

Une autre plainte citée par le journal rapporte un dialogue similaire entre un proche de victimes et des pompiers qui déclarent ne pas avoir le "matériel approprié" pour pouvoir entrer en toute sécurité dans le cinéma.

D'autres pompiers seraient ensuite "lentement" arrivés sur les lieux, trop tard pour sauver les victimes prises au piège, qui ne répondaient déjà plus au téléphone, selon la plainte.

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"Je considère le travail des pompiers lors de la première heure comme de l'inaction et du mépris de la vie humaine", affirme Nadejda Vostrikova.

"Il reste encore des questions sur la manière dont l'incendie a été éteint. D'après ce que je sais, ils ont commencé à éteindre les flammes sur le toit après une heure et demi et les pompiers sont arrivés près du bâtiment après 40 minutes", affirme dans des images diffusées à la télévision un autre proche de victimes, Igor Vostrikov.

"Quelqu'un a pris la décision de fermer la porte (de la salle de cinéma) et d'attendre les secours. Mais comme on le sait, les secours ne sont pas arrivés", a-t-il encore déclaré.

Quatre jours après ce drame, la colère n'est pas retombée en Russie, de nombreuses personnes étant choquées des nombreuses "violations flagrantes" constatées par les enquêteurs, qui ont permis que des enfants se retrouvent bloqués dans des salles fermées à clé, tandis que le système d'alarme incendie était en panne.

Certains manifestent ouvertement cette colère sur les réseaux sociaux ou dans la rue, tandis que l'opposition dénonce la corruption qui a, selon elle, permis à ce drame de se produire.

Le comité d'enquête a annoncé jeudi l'arrestation d'un responsable du ministère des Situations d'urgence en Sibérie, accusé d'avoir reçu des pots-de-vin pour fermer les yeux sur des infractions à la sécurité anti-incendie dans des entreprises.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam

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