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Paris va dissoudre les Loups Gris, mouvement ultra-nationaliste turc

Le drapeau national turc.

Le gouvernement français va prononcer mercredi la dissolution du mouvement ultra-nationaliste turc des Loups Gris lors d'un Conseil des ministres, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, dans un contexte de forte tension entre Paris et Ankara.

Il s'agit d'"un groupement de fait particulièrement agressif pour ne pas dire plus", a assuré Gérald Darmanin, dont l'annonce intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre France et Turquie autour du traitement des musulmans en France.

Le groupuscule des Loups Gris a été notamment pointé du doigt après des incidents ayant opposé la semaine dernière communautés turque et arménienne à Décines-Charpieu, près de Lyon (est). Les tensions entre les deux communautés sont exacerbées par la guerre dans la région indépendantiste du Haut-Karabakh, opposant l'Arménie et l'Azerbaidjan, soutenu par la Turquie.

Mercredi soir, les forces de l'ordre étaient intervenues à Décines-Charpieu pour empêcher 250 membres de la communauté turque d'en "découdre" avec les Arméniens. Quelques heures avant, une rixe entre les deux communautés avait fait 4 blessés, dont un grave.

Une inscription "Loups Gris" a par ailleurs été taguée sur le mémorial du génocide et le Centre national de la mémoire arménienne près de Lyon, profanés dans la nuit de samedi à dimanche.

Ce groupe ultranationaliste, dont le signe de ralliement est un pouce joint au majeur et à l'annulaire, est réputé proche du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est récemment interrogé sur "la santé mentale" d'Emmanuel Macron.

Les Loups Gris ont notamment fait parler d'eux dans les années 70 et 80, lors d'actions violentes contre des militants de gauche.

Lors de son audition à l'Assemblée, M. Darmanin a également indiqué que la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), annoncée dans la foulée de l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre, serait examinée "dans 15 jours".

Le professeur d'histoire Samuel Paty a été décapité le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne, par un jeune Tchétchène radicalisé, pour avoir montré des caricatures de Mahomet en cours.

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L'Allemagne suspend ses opérations militaires au Mali

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Le destin tragique d’un Nigérian handicapé battu à mort en plein jour en Italie

L’éditorialiste de La Stampa a ainsi dénoncé "le crépuscule de la civilisation occidentale" au lendemain du drame, rappelant le triste record du pays en matière de traitement des immigrés.

Alika Ogorchukwu, vendeur ambulant handicapé de 39 ans, a succombé aux assauts de son agresseur, sous le regard indifférent de plusieurs témoins. Le drame, survenu en période électorale, relance la question du sort peu enviable des immigrés en Italie.

Vendredi, 29 juillet, vers 14 h, un handicapé de nationalité nigériane, vendeur de rue dans la ville italienne de Civitanova Marche, interpelle un passant et lui propose, en vain, d’acheter ses produits.

Après avoir progressé de quelques mètres, le passant retourne sur ses pas et poursuit le vendeur. Il se saisit de sa béquille, le reverse avant de le rouer de coups, jusqu’à la mort. Au moins quatre personnes présentes sur place ont filmé la scène qui aura duré entre trois et quatre minutes, à l’aide de leur téléphone portable, selon les témoignages.

Homicide

Cette confrontation a sonné le glas pour Alika Ogorchukwu. L’homme de 39 ans, vivant en Italie depuis une dizaine d’années avec son épouse Charity Oriachi et leur fils de huit ans, avait perdu l’usage de sa jambe gauche après un accident de la route en 2021, à en croire la chaîne Sky.

Cet épisode l’avait contraint à abandonner son emploi d’ouvrier pour se convertir en vendeur itinérant, en plus de faire par moment la manche. Ce qui serait à l’origine de son passage à tabac, selon les premiers éléments de l’enquête. Ces derniers indiquent, en effet, que l’agresseur présumé, Filippo Ferlazzo, 32 ans, n’aurait pas apprécié l’insistante demande d’aumône d’Alika Ogorchukwu.

Suffisant pour le tabasser à mort ? L’avocat de l’accusé plaide des antécédents de troubles psychiatriques pour son client. Il entend demander une expertise médicale.

Incompréhension

Au-delà de la cruauté de l’agression, c’est l’indifférence, voire le cynisme des témoins qui émeut l’Italie. L’épouse de la victime, inconsolable, s’est notamment demandée pourquoi personne n’est allé au secours de son mari. "Il y avait assez de monde autour. Peut-être que si quelqu’un l’avait aidé, mon Alika serait toujours là", a-t-elle déclaré dans la presse, demandant justice pour son époux.

La police a, pour l’heure, exclu la thèse d’un acte motivé par des considérations de race. Mais pour la communauté noire d'Italie, l’affaire suinte le racisme. D’autant que la ville concernée a déjà connu par le passé plusieurs crimes commis sur des étrangers.

L’éditorialiste du quotidien turinois La Stampa a ainsi dénoncé "le crépuscule de la civilisation occidentale" au lendemain du drame, rappelant le triste record du pays en matière de traitement des immigrés.

En pleine campagne pour des législatives anticipées pour lesquelles l’extrême droite est favorite, la classe politique s’est saisie de l’affaire, chaque camp accusant l’autre d’instrumentaliser l’événement à des fins électorales.

Une voiture familiale couverte intégralement de panneaux solaires

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La start-up allemande Sono Motors présente à Munich la "Sion", une voiture familiale couverte intégralement de panneaux solaires. Ce véhicule promet d’être le transport de demain et devrait être produit en série au deuxième semestre 2023.

Des cellules et organes de porcs morts "revivent" quelques heures

L'équipe espère que cette technique testée sur des porcs pourra être utilisée pour "sauver des organes" en prolongeant leur fonctionnement.

Des scientifiques ont réussi à relancer la circulation sanguine et le fonctionnement durant quelques heures de cellules du corps de porcs décédés peu avant, selon une étude qui laisse espérer des utilisations médicales mais soulève aussi des questions éthiques.

En 2019, une équipe de chercheurs basée aux États-Unis avait stupéfié la communauté scientifique en réussissant à restaurer la fonction cellulaire dans le cerveau de porcs quelques heures après leur décapitation.

Dans leurs dernières recherches, publiées mercredi dans la revue Nature, ces mêmes scientifiques ont cherché à étendre cette technique à l'ensemble du corps de l'animal. Ils ont provoqué une crise cardiaque chez des porcs anesthésiés, ce qui a empêché le sang de circuler et privé leurs cellules d'oxygène – sans oxygène, les cellules des mammifères meurent.

Les nanorobots révolutionneront-ils la médecine ?
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Au bout d'une heure, ils ont injecté dans les corps morts un liquide contenant le sang des porcs (prélevé de leur vivant) et une forme synthétique d'hémoglobine – la protéine qui transporte l'oxygène dans les globules rouges. Ainsi que des médicaments qui protègent les cellules et empêchent la formation de caillots sanguins.

Le sang a recommencé à circuler et de nombreuses cellules se sont remises à fonctionner, y compris dans des organes vitaux comme le cœur, le foie et les reins, pendant les six heures suivantes.

La mort, "processus réversible"?

"Ces cellules fonctionnaient des heures après alors qu'elles n'auraient pas dû fonctionner. Cela montre que la disparition des cellules peut être stoppée", a déclaré lors d'un point presse Nenad Sestan, auteur principal de l'étude et chercheur à l'Université de Yale.

Au microscope, il était difficile de différencier un organe normal et sain d'un organe traité post-mortem, a ajouté David Andrijevic, co-auteur de l'étude, également de Yale.

L'équipe espère que cette technique, baptisée OrganEx, pourra être utilisée pour "sauver des organes" en prolongeant leur fonctionnement, a-t-il expliqué. De quoi potentiellement sauver la vie de personnes en attente d'une greffe.

OrganEx pourrait aussi permettre de nouvelles formes de chirurgie en donnant "plus de marge de manœuvre médicale", selon Anders Sandberg, de l'université d'Oxford. Mais cette technique soulève nombre de questions, médicales, éthiques, voire philosophiques.

Elle pourrait "accroître le risque que les personnes réanimées soient ensuite incapables de sortir d'un état d'assistance vitale", a alerté Brendan Parent, bioéthicien à la Grossman School of Medicine de l'Université de New York, dans un commentaire publié en parallèle par Nature.

Pour Sam Parnia, du département de médecine de la même université, cette étude "vraiment remarquable" montre aussi que "la mort est un processus biologique traitable et réversible des heures après".

"Préoccupation majeure"

Au point que la définition médicale de la mort pourrait nécessiter une mise à jour, a jugé Benjamin Curtis, philosophe spécialisé dans l'éthique à l'Université britannique de Nottingham Trent.

"Vu cette étude, de nombreux processus que nous pensions irréversibles ne le seraient pas", a-t-il dit à l'AFP. "Et, selon la définition médicale actuelle de la mort, une personne pourrait ne pas être vraiment morte avant des heures", certains processus perdurant un temps au-delà de l'arrêt des fonctions corporelles.

Cette découverte pourrait aussi susciter un débat sur l'éthique de telles procédures. D'autant que presque tous les porcs ont effectué des mouvements puissants avec leur tête et leur cou pendant l'expérience, selon le récit de Stephen Latham, l'un des auteurs de l'étude. "C'était assez surprenant pour les gens dans la salle", a-t-il confié à des journalistes.

L'origine de ces mouvements reste inconnue, mais il a assuré qu'à aucun moment une activité électrique n'avait été enregistrée dans le cerveau des animaux, excluant ainsi une reprise de conscience.

Ces mouvements de têtes sont néanmoins "une préoccupation majeure", a estimé Benjamin Curtis, car des recherches récentes en neurosciences ont suggéré que "l'expérience consciente peut se poursuivre même lorsque l'activité électrique dans le cerveau ne peut pas être mesurée".

"Il est donc possible que cette technique ait causé des souffrances aux porcs et qu'elle fasse souffrir des êtres humains si elle était utilisée sur eux", a-t-il ajouté, appelant à davantage de recherches.

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