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Le niveau de vie s'améliore aux Etats-Unis, mais pas pour tout le monde

Un centre d'embauche à Uniondale, New York (7 oct. 2014)

Un nouveau rapport souligne qu'un grand nombre de familles, particulièrement les moins aisées et celles issues de minorités, se sentent "exclues du progrès économique".

Le niveau de vie des Américains s'est un peu amélioré en 2015 mais un sur deux n'a pas de quoi faire face à des dépenses imprévues de 400 dollars et presque un quart des travailleurs doivent cumuler au moins deux emplois, selon une enquête de la banque centrale (Fed) publiée mercredi.

"En dépit de signes d'amélioration, 46% (des Américains) affirment qu'ils auraient du mal à réunir 400 dollars pour des dépenses d'urgence et 22% des travailleurs jonglent avec deux emplois ou plus", a souligné Lael Brainard, gouverneure de la Réserve fédérale.

Ce "rapport sur le bien-être économique des ménages aux Etats-Unis" est la troisième enquête annuelle de la banque centrale qui a interrogé près de 5.700 personnes.

Quelque 69% des Américains affirment vivre "confortablement" ou "correctement", contre 65% en 2014 et 62% en 2013. Mais 31%, soit 76 millions d'entre eux, "peinent à joindre les deux bouts".

La gouverneure de la Banque centrale américaine, Janet Yellin, lors d'une déposition au Congrès
La gouverneure de la Banque centrale américaine, Janet Yellin, lors d'une déposition au Congrès

Malgré cette amélioration qualifiée de "modeste", ils sont plus nombreux à être moins optimistes sur leurs futurs revenus: 23%, au lieu de 29% en 2014, s'attendent à gagner davantage l'année prochaine.

Comme en 2014, presque un tiers n'ont pas d'économies pour la retraite ni de plan de retraite privée ou auquel l'employeur contribue.

Ce manque d'épargne retraite est particulièrement criant chez les Noirs (60%) et les Hispaniques (57%).

Le rapport souligne aussi qu'un grand nombre de familles, particulièrement les moins aisées et celles issues de minorités, se sentent "exclues du progrès économique".

Ainsi 43% de ceux qui gagnent en-dessous de 40.000 dollars par an ne sont pas bancarisés ou utilisent d'autres formes de services financiers comme les comptoirs d'encaissement de chèques.

Un tiers rapportent aussi que leurs revenus varient d'un mois sur l'autre, cette volatilité des rémunérations entraînant des difficultés financières pour 42% d'entre eux.

Au cours de 2015, plus d'un Américain sur cinq a eu d'importantes dépenses de santé à honorer de sa poche et cela a engendré des dettes pour 46% d'entre eux.

Au rang des améliorations, 51% des propriétaires estiment que la valeur de leur maison a progressé l'année dernière et 43% jugent que cela devrait continuer cette année.

L'enquête a aussi interrogé les Américains sur leurs études. Parmi ceux qui ont suivi des études dans une université privée ou à but lucratif, un sur deux (49%) regrettent leur choix comparé à 28% pour ceux qui sont diplômés d'une institution publique ou à but non lucratif.

La moitié des Américains de moins de trente ans ayant suivi des études se sont endettés pour cela, rappelle le rapport.

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La crise du coronavirus fait exploser le chômage parmi les Américains

Les gens font la queue pour obtenir de l'aide en matière d'allocations de chômage au guichet unique du One-Stop Career Center à Las Vegas (Nevada), le 17 mars 2020. (Photo: AP)

Le nombre de nouveaux demandeurs d'allocations chômage a explosé aux Etats-Unis en une semaine, du jamais vu, sous l'effet des mesures draconiennes prises par les autorités pour endiguer la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus

Près de 6,65 millions de personnes ont poussé la semaine dernière les portes des agences pour l'emploi, s'ajoutant aux 3,3 millions de personnes de la semaine précédente.

Sur deux semaines, ce sont ainsi près de 10 millions de personnes qui se sont inscrites pour recevoir une allocation chômage.

L'épidémie de Covid-19 touche désormais l'ensemble des 50 Etats américains, et si tous les secteurs sont concernés, les services et la restauration sont en première ligne, selon l'enquête publiée jeudi par le département du Travail.

Jeudi, plus de 85% de la population américaine était appelée à rester confinée, obligeant certains travailleurs, notamment indépendants, à cesser leur activité.

Jour après jour, les fermetures d'entreprises, temporaires ou définitives, se multiplient tandis que des plans de départ émergent, comme celui annoncé jeudi par le constructeur aéronautique Boeing, un des piliers de l'économie américaine.

Les demandes d'allocations "resteront probablement à des niveaux historiquement élevés pendant des semaines", ont commenté les économistes de Barclays dans une note.

Ces chiffres record ne reflètent pas le niveau habituel du chômage dans le pays puisque les personnes malades, en quarantaine ou au chômage technique peuvent désormais prétendre à une allocation chômage, de même que les travailleurs indépendants.

Ces mesures d'aides sociales ont été actées par un gigantesque plan de relance de l'économie de plus de 2.200 milliards de dollars, ratifié la semaine dernière par Donald Trump. Elles ont eu pour effet de gonfler les chiffres.

A l'inverse, certains demandeurs pourraient sortir des statistiques dans les semaines à venir à la faveur d'une autre mesure prévue par ce plan: 350 milliards de dollars de prêts aux petites entreprises.

Ainsi les patrons des entreprises de moins de 500 salariés pourront, dès vendredi, aller voir leur banquier pour demander un prêt, qui sera effacé par l'Etat fédéral si l'entreprise s'engage à garder ses salariés ou à réembaucher ceux qu'elle aurait déjà licencié.

Joe Biden, probable candidat démocrate pour l'élection présidentielle de novembre, a estimé que "Donald Trump n'est pas responsable du coronavirus, mais il est responsable d'avoir échoué à préparer notre nation".

Recherches Google "dossier de chômage"

Le taux de chômage aux Etats-Unis pour le mois de mars sera publié vendredi mais il couvre surtout la période d'avant le confinement massif.

Il devrait s'établir à 4%, estiment les analystes, qui n'attendent pour ce mois-ci qu'une légère augmentation par rapport à février, où il était tombé à 3,5%, son plus bas niveau en 50 ans.

En revanche, les économistes se montrent nettement plus pessimistes pour avril, qui reflètera davantage les effets de la pandémie.

"Dans un contexte où de vastes pans de l'économie restent fermés et où les mesures de confinement ont été renforcées, le rythme des licenciements pourrait s'accélérer", alerte ainsi Rubeela Farooqi, chef économiste de High Frequency Economics (HFE).

"Les recherches Google +dossier de chômage+ (...) ont diminué, mais restent très élevées", relève pour sa part Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics.

Il table ainsi sur un nombre total "potentiel de 16 à 20 millions" de licenciements sur mars et avril, soit un "taux de chômage de 13 à 16%".

La crise du coronavirus a paralysé des pans entiers de l'économie partout dans le monde, mettant à l'arrêt entreprises et usines. Les importations aux Etats-Unis de biens en provenance de Chine ont ainsi diminué de 16,7% en février, selon des données également publiées jeudi par le ministère du Commerce.

Les entreprises américaines ont même, en mars, recommencé à détruire des emplois, ce qui n'était quasiment jamais arrivé depuis 10 ans, a montré mercredi une enquête de la firme de services aux entreprises ADP, qui ne porte toutefois que sur le début du mois.

Le virus a fait 5.607 morts aux Etats-Unis, et contaminé 234.462 personnes, selon le décompte de l'Université américaine Johns Hopkins, qui fait référence.

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Coronavirus: Boeing annonce un plan de départs volontaires

Un Boeing 737 MAX est vu lors d'une visite médiatique de l'usine Boeing à Renton, Washington, États-Unis, le 7 décembre 2015. (Photo: REUTERS/Matt Mills McKnight)

Le patron de Boeing a annoncé jeudi la mise en oeuvre d'un plan de départs volontaires afin de permettre au géant de l'aéronautique de faire face à l'impact de la pandémie de coronavirus et de préserver l'essentiel pour préparer la reprise.

"Nous prenons des mesures -- y compris ce plan de départs volontaires -- sur la base de nos connaissances à ce jour. Ces mesures vont nous mener jusqu'à la reprise à condition que nous ne soyons pas confrontés à d'autres défis", écrit Dave Calhoun dans un message à tous les employés du groupe.

Le secteur aéronautique est parmi les premières victimes économiques de la pandémie de Covid-19. Boeing était déjà englué dans la crise de son 737 MAX, interdit de vol après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

"Nous faisons tout ce que nous pouvons pour protéger l'avenir de notre activité", assure M. Calhoun, soulignant que l'entreprise continuait à servir ses clients, que ce soit dans le domaine de l'aviation civile, de la défense ou de l'espace.

Mais qu'il était essentiel selon lui de "maintenir la stabilité de (la) chaîne d'approvisionnement pour être prêt à redémarrer une fois que la pandémie sera terminée".

"Cela signifie surtout que nous devons faire tout notre possible pour garder notre équipe intacte. Nous ne pouvons pas retourner à la normale après la crise si nous n'avons pas les gens et les savoir-faire nécessaires", ajoute-t-il.

Boeing n'a donné aucun détail sur la taille de son plan de départs volontaires, mais a précisé que les employés qui choisiraient de partir pourraient bénéficier d'une couverture santé pendant un certain temps, un aspect très important aux Etats-Unis, où il n'y a pas de couverture santé universelle, comme en Europe par exemple.

Le géant de Seattle et sa chaîne de fournisseurs représentent au total 2,5 millions d'emplois aux Etats-Unis, selon Boeing.

Le constructeur emploie plus de 150.000 personnes à travers le monde, dont 70.000 dans le seul Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis.

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