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Les femmes de la préhistoire plus fortes que des championnes d'aviron


Squelette néolithique du musée Morave de Vedrovice, République Tchèque.

Il y a 7.000 ans en Europe centrale, elles avaient des bras plus puissants que les championnes d'aviron d'aujourd'hui, révélant leur participation active aux durs travaux agricoles du néolithique.

Des chercheurs de l'université de Cambridge estiment que la force physique de ces femmes résultait probablement de leur travail, à la seule force du poignet, pour labourer le sol et récolter les céréales puis faire de la farine en broyant des graines à l'aide de meules en pierre.

Pour leurs travaux publiés dans Science Advances, les scientifiques ont analysé l'humérus (l'os du bras situé entre l'épaule et le coude) ainsi que le tibia (l'os du bas de la jambe) de 45 femmes contemporaines jouant au football, faisant de la course à pied et de l'aviron. Ils ont ensuite analysé ceux d'un groupe de femmes au mode de vie plus sédentaire.

Puis les chercheurs ont comparé ces caractéristiques aux os des femmes qui vivaient au Néolithique.

"En analysant les os de personnes vivantes qui font régulièrement de l'exercice intensivement et en les comparant aux os anciens, il est possible d'en déduire les types de travaux que nos ancêtres faisaient", explique Alison Macintosh de l'université de Cambridge, principal auteur de ces travaux.

Pendant trois semaines d'entraînement des équipes d'aviron de Cambridge, au Royaume-Uni, cette chercheuse a fait des scanners des os des bras et des jambes des athlètes.

Les jeunes femmes, âgée d'une vingtaine d'années, s'entraînaient deux fois par jour, ramant en moyenne 120 kilomètres par semaine.

Les femmes de la préhistoire dont les os ont été analysés - près d'une centaine de spécimens - vivaient il y a entre 7.400 et 7.000 ans.

Si la force osseuse de leur tibia est similaire à celle des championnes d'aviron universitaires d'aujourd'hui, leur humérus était en revanche de 11 à 16% plus puissant que chez ces rameuses, et près de 30% plus fort que parmi les autres étudiantes de Cambridge.

Le surdéveloppement de la partie supérieure des bras était encore plus marqué chez les femmes de l'âge du bronze (il y a entre 4.300 et 3.500 ans) dont les humérus étaient de 9 à 13% plus solides que ceux des rameuses de Cambridge. Mais leur tibia étaient 12% plus faibles que chez ces athlètes.

L'explication possible passe par le broyage des graines de céréales avec de lourdes meules de pierre.

"Ces mouvements répétitif des bras pour frotter les deux pierres pendant des heures a probablement eu les mêmes effets que de ramer", estime Alison Macintosh.

Avec AFP

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