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Les donateurs mobilisent 4,4 milliards de dollars pour la Syrie


Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, et l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, participent à une conférence de presse après une réunion sur le thème «Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région», le 24 avril 2018.
Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, et l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, participent à une conférence de presse après une réunion sur le thème «Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région», le 24 avril 2018.

Les donateurs internationaux réunis à Bruxelles ont recueilli 4,4 milliards de dollars (3,6 mds EUR) en faveur de la Syrie pour l'année 2018, a annoncé mercredi le responsable des affaires humanitaires et des secours d'urgence de l'ONU.

"Ma meilleure estimation est que d'ici la fin de la journée nous aurons obtenu des engagements pour 2018 à hauteur de 4,4 milliards de dollars", a déclaré Mark Lowcock, lors d'une conférence de presse.

"C'est un bon début, même si nous aurions souhaité davantage", a soutenu M. Lowcock, en précisant que les Etats-Unis, un des plus importants contributeurs, n'avaient pas encore précisé le montant de leur engagement. "Nous allons devoir opérer des choix", a-t-il averti.

>> Lire aussi : Réunion du G7 sur fond de confrontation avec Moscou, Téhéran et Pyongyang

Les organisateurs de la conférence espéraient recueillir au total 9 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) pour 2018. L'ONU avait chiffré les besoins à 3,5 milliards de dollars (2,8 mds d'euros) pour l'aide humanitaire en Syrie et à 5,6 (4,5 mds d'euros) pour soutenir les réfugiés dans les pays voisins.

"Les montants promis (mercredi) sont loin d'être négligeables. (...) Nous aurons des promesses supplémentaires d'ici à la fin de l'année", a assuré le responsable onusien.

Un accord des Etats membres de l'Union européenne est attendu sur la facilité financière pour les réfugiés en Turquie, dont le montant est de trois milliards d'euros sur deux années.

Certains donateurs comme l'Allemagne et la France ont pris des engagements sur plusieurs années. "Les promesses pour les années 2019 et suivantes atteignent 3,4 milliards de dollars", a ainsi précisé Mark Lowcock.

Règlement politique

L'Union européenne souhaite consacrer la seconde journée de la conférence pour relancer les pourparlers de Genève. Les négociations n'ont guère progressé en huit cycles, car le régime de Bachar al-Assad n'est guère pressé de traiter avec ses opposants, divisés et affaiblis sur le terrain.

Le soutien militaire de Moscou et de Téhéran lui a permis de reprendre l'offensive et de s'emparer de plusieurs zones rebelles.

La Russie, l'Iran et la Turquie ont lancé un processus rival à Astana, la capitale du Kazakhstan, en mai 2017.

La haute-représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini et Staffan de Mistura ont tous deux appelé Moscou, Téhéran et Ankara à faire plus pour parvenir à un cessez-le-feu, mais leurs demandes sont restées sans réponses.

"Le message principal est que la Syrie n'est pas un échiquier, ce n'est pas un jeu géopolitique", a soutenu mardi Mme Mogherini.

Moscou a défendu à plusieurs reprises son allié syrien à l'ONU, notamment contre les accusations occidentales d'avoir lancé une attaque chimique le 7 avril à Douma, un ancien fief rebelle, près de Damas.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont mené des frappes le 14 avril contre trois sites servant, selon eux, au programme d'armement chimique du régime syrien.

"En exerçant son veto de l'ONU 12 fois sur la Syrie, (la Russie) a donné un feu vert à Assad pour perpétrer des atrocités contre son propre peuple", a accusé Penny Mordaunt, ministre britannique du Développement.

"Nous sommes ici pour répondre aux besoins humanitaires urgents en Syrie et dans l'ensemble de la région, mais nous savons tous ici que la seule solution pour mettre fin aux souffrances est un règlement politique qui apporte la paix", a plaidé Mme Mordaunt.

"Sans une transition politique crédible et durable, il ne saurait être question du financement de la reconstruction en Syrie", doit pour sa part rappeler le secrétaire d'Etat français auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

La France va également mettre en garde ses partenaires: "Nous devons dire non, empêcher la communauté internationale de devenir complice de ces crimes, ce qu'elle ne manquerait pas de devenir si elle s'engageait sur la voie des incitations économiques ou du financement d'actions de relèvement précoce dans les zones sous contrôle du régime", selon Paris.

Une réunion des membres du Conseil de sécurité de l'ONU dans une ferme isolée en Suède le week-end dernier a fait baisser la "température", mais n'a pas réussi à trouver une solution politique, a reconnu mardi Staffan de Mistura.

Avec AFP

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