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Le Tchad est à la traîne pour son accès à internet

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Le Tchad est à la traîne pour son accès à internet

L'atelier national des indicateurs des télécommunications à N'Djamena au Tchad. (VOA/ André Kodmadjingar)

Au Tchad, l’ARCEP, l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes a publié son enquête sur les indicateurs des télécommunications. Selon les enquêteurs, dans la sous-région, le Tchad est à la traîne en matière d’accès au réseau internet.

Les données présentées par l’autorité tchadienne en charge de la régulation des communications sont sans appel.

Jean Jacques Massima Landji, représentant de l'UIT pour l'Afrique et Madagascar.
Jean Jacques Massima Landji, représentant de l'UIT pour l'Afrique et Madagascar.

Le taux d’accès à internet est très faible en comparaison aux autres pays de la sous-région comme le souligne Jean Jacques Massima Landji, représentant de l’UIT, l’Union Internationale des Télécommunications pour l’Afrique centrale et Madagascar : "On note moins de 7% de la pénétration des ménages et des populations d’accès à internet. Cela va évidemment s’améliorer avec l’internet mobile 4G. Les gens auront plus accès à l’internet grâce à leur téléphone."

Se connecter à Internet coûte si cher au Tchad que certains internautes se tournent vers des réseaux camerounais où les prix peuvent être jusqu'à 15 fois moins cher. Pour Henri Numbi, consultant à l’UIT et régulateur de la RDC, cela représente un manque à gagner pour les distributeurs d’internet mais aussi pour l’Etat tchadien.

Il appelle à plus de coopération entre les deux pays : "Une réduction de puissance aux frontières pourrait être envisagée. La RDC a neuf pays frontaliers et nous avons des réunions régulières pour résoudre ce problème. Cela doit être faisable au niveau tchadien", nous a-t-il confié.

Kobobé Onsou, chargé des statistiques et de l'observatoire du marché des télécommunications de l'ARCEP Tchad.
Kobobé Onsou, chargé des statistiques et de l'observatoire du marché des télécommunications de l'ARCEP Tchad.

​Le chargé des statistiques et de l’observatoire du marché des télécommunications de l’ARCEP Kobobé Onsou a affirmé à VOA Afrique que les fibres optiques permettraient une véritable amélioration du réseau : "la cherté de la connexion s’explique aussi par la bande passante internationale. Comme la fibre optique ne fonctionne pas bien, les opérateurs continuent d'acheminer le trafic grâce aux satellites mais cela coûte très cher".

"Donc nous pensons que si nous arrivions à activer la fibre optique via le Soudan, les communications seront moins chères au Tchad."

La crise économique et financière que traverse le Tchad atteint de plein fouet le secteur telecom qui souffre également des différentes taxes imposées par l’Etat.

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Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron

Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron
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La France et ses alliés sahéliens tiennent sommet contre les jihadistes

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani à son arrivée à l'aéroport de Ouagadougou, le 13 septembre 2019, à la veille du début du sommet du G5 en Afrique de l'Ouest. (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

Les présidents de cinq pays du Sahel et de la France sont arrivés mardi à Nouakchott pour faire le point sur leur combat contre les jihadistes six mois après avoir décidé d'intensifier l'effort commun pour reconquérir le terrain perdu dans la région.

L'hôte mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et ses homologues burkinabè, malien, nigérien, tchadien et français tiennent sommet six mois après s'être réunis à Pau (sud-ouest de la France) sous la pression d'une série de revers des armées de la région face aux jihadistes, de la mort de 13 soldats français et de remises en question de l'intervention française.

Ils se retrouvent dans le contexte inédit de la pandémie qui a longtemps fait douter de leur présence physique à cette réunion d'un jour. Malgré les masques et la profusion de précautions sanitaires, le climat est annoncé moins tendu que six mois plus tôt.

Emmanuel Macron, à son atterrissage pour son premier déplacement hors d'Europe depuis le début de l'épidémie, a déclaré que la France et ses alliés avaient "durant ces six derniers mois connu de vrais succès dans la lutte contre le terrorisme avec la neutralisation de chefs redoutés". Il a salué une "montée en gamme de l'intervention des armées sahéliennes".

Le sommet visera à "consolider (les) acquis", a-t-il dit, tout en affirmant la nécessité de "faire davantage en matière de retour de l'Etat", en particulier "au Mali, au Burkina, dans un contexte - on le sait - très compliqué".

Sahéliens et Français revendiquent les lourdes pertes infligées aux jihadistes en 2020 et la forte baisse des leurs.

Les experts, toutefois, continuent à dresser un sombre tableau. Chacun conserve à l'esprit la précarité de la situation et des gains réalisés, qui peuvent être annihilés en l'absence de progrès sur des fronts autres que militaire, comme la reconstruction civile ou la réconciliation.

De telles avancées sont jugées indispensables pour sortir la sous-région de la spirale des violences commencée en 2012 dans le nord du Mali.

Nouakchott est présenté, côté français, comme l'occasion de préparer l'avenir sur la lancée de Pau et de poursuivre l'effort consistant à associer à la lutte le plus grand nombre de partenaires, en particulier européens, par exemple au sein de Takuba, un groupement de forces spéciales censées accompagner les Maliens au combat.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel, M. Macron, et des représentants d'organisations internationales (Union africaine, Francophonie, ONU, Union européenne) s'entretiendront d'abord à huis clos.

- "Gouvernement complaisant" -

Motif de satisfaction pour la France, la réunion sera ensuite élargie aux chefs de gouvernement allemand, espagnol et italien, par visioconférence pour la plupart.

A Pau, les présidents s'étaient entendus pour resserrer les rangs et de concentrer leur action contre l'organisation Etat islamique dans la "zone des trois frontières" (Mali, Burkina, Niger) sous un commandement conjoint de la force française Barkhane et de la Force antijihadiste du G5 Sahel.

Depuis, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5.100. Elle et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la "neutralisation" de centaines de jihadistes.

Autre succès enregistré: dans le nord du Mali, où les forces spéciales françaises, aiguillées par un drone américain, ont tué le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal.

Ces succès n'empêchent pas les groupes jihadistes d'étendre leur emprise au Burkina, qui s'enfonce dangereusement. Au Burkina, au Mali, au Niger, les accusations d'exactions contre les civils se multiplient contre les armées nationales.

La communauté internationale suit aussi avec préoccupation les évolutions politiques.

Au Burkina, des zones entières menacent d'être privées à la fin de l'année du scrutin présidentiel, qui risque donc d'être contesté. On élira aussi un nouveau président au Niger en 2020. Quant au Mali, son président est confronté à une contestation intérieure dont l'issue inquiète ses voisins ouest-africains et ses alliés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour un an la mission de plus de 13.000 Casques bleus au Mali.

Le vote a été l'occasion pour les Etats-Unis de dire que "la sécurité continue à se détériorer au Mali où les groupes terroristes étendent leur territoire, alimentent les conflits intercommunautaires et tuent qui bon leur semble". Ils s'en sont aussi pris à un "gouvernement complaisant".

Mort de 44 détenus au Tchad: une ONG dénonce des "mauvais traitements"

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008. AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

Quarante-quatre prisonniers morts en détention au Tchad en avril après une offensive contre le groupe jihadiste Boko Haram étaient de simples civils et ont succombé à des "mauvais traitements", asphyxiés dans une cellule exigüe, affirme une ONG locale, ce que dément lundi le gouvernement.

Mi-avril, les autorités avaient annoncé la mort de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale, sur 58 "membres de Boko Haram" prisonniers.

Selon N'Djamena, ils avaient été capturés durant une vaste offensive de l'armée en représailles à une attaque du groupe jihadiste qui avait tué une centaine de soldats le 31 mars dans la presqu'île de Bohoma.

Cette dernière est située sur le lac Tchad, vaste étendue d'eau et de marécages truffée d'îles servant de repaires aux jihadistes, lesquels multiplient les attaques meurtrières.

Le parquet avait assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes et le ministre de la Justice, Djimet Arabi, avait alors évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

Une version rejetée par la Convention tchadienne des droits de l'Homme (CTDDH) dans un rapport daté de samedi.

Selon cette ONG, lors de cette opération de représailles, "l'armée tchadienne s'est livrée à toutes sortes d'exactions voire des atrocités" en exécutant systématiquement tous ses prisonniers, combattants ou civils soupçonnés d'aider Boko Haram.

A la fin de l'opération, commandée directement sur place par le président Idriss Déby Itno, le pouvoir avait annoncé la mort d'un millier de jihadistes et de 52 militaires mais n'avait pas évoqué de prisonniers.

"Les autorités s'étaient rendu compte trop tard qu'il n'y avait pas de prisonniers", commente l'ONG, pour qui l'arrestation de 58 hommes n'a été annoncée que cinq jours plus tard.

Il fallait donc "absolument trouver quelque chose pour faire croire à l'opinion nationale et internationale que l'armée tchadienne sait épargner les vies des prisonniers ennemis", écrit la CTDDH.

L'ONG affirme que ces 58 détenus étaient "des paysans et villageois arbitrairement arrêtés pour faire office de +prisonniers+", sur "instructions de dernière minute".

Selon la CTDDH, les 44 sont morts d'asphyxie, déshydratés après que les 58 détenus eurent été entassés sans nourriture ni eau dans une cellule de 6 mètres sur 3 quasiment sans aération, dans une chaleur dépassant parfois les 50 degrés.

"On ne donnera pas de crédit à un rapport qui ne répond aucunement à la réalité", a commenté lundi le ministre Djimet Arabi, interrogé par l'AFP.

Selon lui, les prisonniers étaient bien "membres de Boko Haram", et les autorités vont rendre public un rapport sur leur décès "dans les prochains jours".

Débat autour de l'élévation du président tchadien à la dignité de "maréchal"

Le général d'armée Idriss Déby Itno élevé à la dignité du Maréchal, à N'Djamena, le 26 juin 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les députés ont élevé le week-end dernier le général d’armée Idriss Déby Itno à la dignité de "maréchal" du Tchad. Une distinction qui intervient en marge du vote de la résolution portant édification d’une stèle à la mémoire des soldats martyrs du 23 mars 2020 à Bohoma.

C’est une initiative d’un député de l’opposition Ibni Daoud, 5e vice-président de l’assemblée nationale, pendant la plénière examinant la possibilité d’édifier une stèle à Bohoma, en mémoire des soldats tués par les éléments de Boko Haram le 23 mars dernier.

L'élévation du président Deby au titre de maréchal ne fait pas l'unanimité
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Au même moment, plusieurs responsables militaires qui ont participé à l’opération surnommée "colère de Bohoma" recevaient des mains du chef de l’Etat leur décoration.

"Si les morts sont honorés et les vivants récompensés, qu’en est-il du président lui-même qui a risqué sa vie? Il lui faut une distinction spéciale", a déclaré le député Ibni Daoud dans la salle. La majorité prend la balle au rebond et propose une résolution séante tenante qui a abouti à l'élévation du président Deby Itno au rang de maréchal du Tchad.

Une distinction qui ne fait pas l'unanimité.

Pour Saleh Kebzabo, député de l’opposition, pense que ce titre de maréchal est "ridicule".

"Si j’étais à sa place, je n’accepterais pas cette distinction parce que cela ne s’est pas passé dans l’unanimité ou dans le consensus de l’Assemblée nationale et je lui conseille de la refuser", a déclaré M. Saleh Kebzabo qui a boycotté la séance parce que selon lui, le sujet n'était même pas inscrit à l’ordre du jour.

Dénonçant un "passage en force", il ajoute que le règlement intérieur exige que les députés soient notifiés au moins trois jours avant tout vote, ce qui n'était pas pas le cas.

Béral Mbaikoubou, un autre député de l’opposition, dit ne pas avoir "cerné clairement l’aspect exceptionnel dans le rôle que le président a joué".

Mais pour les caciques du parti au pouvoir, cette distinction traduit la volonté de tout le peuple tchadien.

C'est le cas du président du groupe parlementaire du parti au pouvoir, Kolotou Tchaïmi, qui se réjouit de cette distinction. Pour lui, elle "retrace le parcours exceptionnel d’un homme d’Etat qui a mis son talent et sa vie au service de la nation".

Il qualifie "d’inédit" le fait que le chef de l’Etat tchadien soit "le seul président en exercice qui ait pris une arme lui-même, descendre sur le terrain et combattre au même titre qu’un simple soldat".

Pour Maitre Jean-Bernard Padaré, porte-parole du parti au pouvoir et ancien ministre de la justice, il faut dédramatiser l'affaire. "C’est un titre purement honorifique, qui n’a aucune incidence sur sa vie militaire, ni demi-dieu, ni quoi que ça soit mais juste un témoignage de satisfaction", explique-t-il.

Certains citoyens estiment que la législature actuelle est illégale et n’a pas qualité d’attribuer le titre de "maréchal" au président car le mandat de ces mêmes députés est largement dépassé.

L'élévation du président Deby au titre de maréchal ne fait pas l'unanimité

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