Liens d'accessibilité

Le Premier ministre limite la casse lors des législatives en Islande

  • VOA Afrique

Le Premier ministre Bjarni Benediktsson parle lors d'une conférence de presse à Reykjavik, Islande, le 15 septembre 2017.

Affaibli par les affaires, le Premier ministre islandais Bjarni Benediktsson a limité la casse aux législatives anticipées de samedi mais la dispersion des voix pourrait compliquer la recherche d'une coalition viable, selon des résultats encore partiels.

Les résultats définitifs de ce scrutin à un tour sont attendus dimanche. Après dépouillement de 81% des bulletins de vote à 10 heures GMT, aucun parti ne s'était assuré la majorité.

La participation s'est établie à 64,1%, au plus bas depuis 1944, selon la télévision publique Ruv.

Le Parti de l'indépendance du chef du gouvernement, le conservateur Bjarni Benediktsson, perdrait cinq sièges, en remportant 16 sièges sur 63 à l'Althingi, le Parlement monocaméral.

Il était talonné par le Mouvement Gauche-Verts de Katrin Jakobsdottir crédité de 11 sièges, suivi des sociaux-démocrates (7 sièges) et des Pirates (contestataires, 6 sièges). A un ou deux mandats près, ces chiffres ne devraient pas évoluer significativement.

Avec huit partis au total susceptibles de siéger --un record--, le paysage de la nouvelle assemblée ne préfigurera en rien la couleur du futur gouvernement.

La formation d'une majorité de droite ou de gauche pourrait prendre des semaines, voire des mois. Après les législatives d'octobre 2016, les négociations pour former une coalition avaient duré trois mois.

"Je me félicite que nous soyons en tête, mais les choses sont très compliquées. Je suis optimiste quant à notre capacité à former un gouvernement", a déclaré M. Benediktsson à l'AFP dans la nuit.

La gauche à l'affût

En tant que dirigeant du premier parti du pays, M. Benediktsson devrait recevoir mandat du président pour tenter de former une majorité.

Sa principale rivale Katrin Jakobsdottir aurait besoin d'au moins cinq alliés, selon des analystes, pour construire la majorité de 32 sièges nécessaire afin de détrôner les conservateurs.

"Je m'inquiète que nous ayons à affronter des discussions longues et interminables avec les tentatives pour former un gouvernement", a déclaré à l'AFP Arnar Thor Jonsson, professeur de droit à l'université de Reykjavik.

Selon des analystes, une coalition de trois partis dont les deux principaux permettrait d'assurer un gouvernement fort mais le Parti des indépendants et le Mouvement Gauche-Verts sont idéologiquement aux antipodes.

"Les Gauche-Verts devraient avaler leur fierté. Ce serait probablement le gouvernement le plus stable", estime Egill Helgason, commentatrice politique pour Ruv.

Interrogée par l'AFP après les premiers résultats partiels, Mme Jakobsdottir a gardé ouvertes toutes les options. "Tous les partis sont ouverts au dialogue", a-t-elle dit.

Le Centre, créé il y a à peine quelques semaines, recueillerait sept mandats, mais le CV de son dirigeant, l'ancien Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, qui a démissionné en 2016 après avoir été cité dans les Panama Papers, hypothèque sa participation à un cabinet.

Le Parti du peuple, une jeune formation populiste, devrait faire son entrée au Parlement avec environ quatre élus.

Il s'agit des quatrièmes législatives depuis la crise financière de 2008 qui avait plongé la nation nordique dans le marasme, mis au jour les liens étroits entre élites politiques et économiques, mais aussi fait émerger un mouvement populaire "anti-establishment".

Bien qu'elle ait été ministre dans le gouvernement de centre-gauche (2009-2013) chargé de gérer l'après-crise, Katrin Jakobsdottir fédère une partie de ce mécontentement.

Femme de gauche à la réputation de probité, cette ancienne journaliste de 41 ans jouit d'une grande popularité. Près d'un Islandais sur deux souhaite qu'elle soit Première ministre.

Affaires contre croissance

M. Benediktsson, cité dans les Panama Papers, accusé dans des enquêtes de presse d'avoir vendu des actifs à la veille de la crise de 2008 dans des circonstances douteuses, a tout misé sur son bilan économique.

Et de fait, les indicateurs sont au vert en Islande: après 7,2% en 2016, le pays nordique affiche encore une croissance vigoureuse (3,4% au deuxième trimestre), un taux de chômage quasi résiduel, des investissements et des touristes qui déferlent.

Ministre des Finances et de l'Economie entre 2013 et 2017, M. Benediktsson, héritier d'une famille fortunée de l'île, est devenu Premier ministre en janvier 2017 à la faveur de l'échec de la gauche à signer un programme de majorité à l'issue des législatives anticipées d'octobre 2016.

Mais sa coalition était tombée au bout de neuf mois après le retrait d'un petit parti, le Premier ministre étant accusé d'avoir couvert son père dans un sordide imbroglio judiciaire. Il avait dans la foulée convoqué de nouvelles législatives.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG