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La France pas impliquée dans les négociations pour libérer les otages au Mali

Sophie Petronin, franco-suisse, enlevée dans la région de Gao le 24 décembre 2016 et libérée en octobre 2020.

La France n'a pas été impliquée dans les négociations menées par Bamako pour obtenir la libération de quatre otages dont la Française Sophie Pétronin et l'homme politique malien Soumaïla Cissé, en échange de la libération de prisonniers, a confirmé mardi la ministre des Armées Florence Parly.

"Nous avons eu l'occasion de remercier les autorités maliennes qui sont à l'origine de cette libération et qui ont planifié et conduit l'opération", a souligné Mme Parly lors d'une audition devant la commission Défense du Sénat.

"Cette négociation a été conduite par le Mali et la décision de libérer des jihadistes en particulier appartient aux seules autorités maliennes qui ont jugé que cela était indispensable pour obtenir la libération de Soumaïla Cissé", a insisté la ministre française.

Du côté de la France, dont 5.100 militaires sont déployés au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane, "notre détermination est intacte pour continuer la lutte contre le jihadisme et contre le terrorisme dans la région", a souligné Mme Parly. "Il n'y a aucune ambiguïté de ce côté et nos partenaires maliens et sahéliens le savent".

"Ce que nous savions, c'est que les autorités maliennes étaient très déterminées à obtenir la libération de Soumaïla Cissé. Des négociations pour sa libération ont été ouvertes il y a plusieurs mois par les autorités maliennes de l'époque (sous la présidence d'Ibrahim Boubacar Keïta, renversé par un coup d'Etat en août) et les nouvelles autorités maliennes ont marqué leur détermination à les faire aboutir", a-t-elle détaillé.

"Nous avons appris dimanche 4 octobre au soir qu'un transfert de prisonniers vers Tessalit (nord-est du Mali, ndrl) avait commencé, et nous avons constaté que ces négociations étaient parvenues à leur terme et avaient permis la libération non seulement de Soumaïla Cissé mais également de notre compatriote Sophie Pétronin", 75 ans, enlevée le 24 décembre 2016 à Gao (nord du Mali), a conclu la ministre.

Le gouvernement français n'avait jusqu'ici donné aucun détail sur les circonstances de cette libération, mais plusieurs sources avaient indiqué à l'AFP que Paris n'avait pas été associé à cette opération.

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L'attentat de la Terrasse à Bamako en 2015 est une "vengeance" pour les caricatures, selon l'accusé

Charlie Hebdo à Berlin, le 1er décembre 2016.

Le jihadiste mauritanien Fawaz Ould Ahmed, dit "Ibrahim 10", a reconnu mercredi être l'auteur de l'attentat du bar-restaurant La Terrasse à Bamako qui avait fait cinq morts en mars 2015, se disant "fier" d'avoir agi "par vengeance" après la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo.

"C'est nous qui l'avons fait, (le groupe jihadiste) Al-Mourabitoune. On n'a pas honte, on est fiers. Par vengeance du prophète, après ce qu'ils ont fait à Charlie Hebdo. C'est les photos, les caricatures", a-t-il déclaré devant la Cour d'assises de Bamako, qui l'interrogeait au deuxième jour de son procès.

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Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015

Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015.

Le procès des auteurs présumés des attentats de l'hôtel Radisson Blu et du restaurant La Terrasse en 2015 à Bamako s'est ouvert mardi dans la capitale malienne, en présence du principal accusé mais en l'absence des représentants des victimes occidentales.

Principal accusé, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed (ou Ahmeida), alias "Ibrahim 10", lieutenant du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, dont la présence était incertaine jusqu'à la dernière minute, a été amené sur le banc des accusés par des hommes cagoulés.

L'homme, né dans les années 1970 à Nouakchott, est accusé d'avoir tué avec un fusil d'assaut un Français, un Belge et trois Maliens le 6 avril 2015 dans le restaurant La Terrasse, une action pour "venger le prophète" perpétrée dans la foulée des attentats contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo, selon l'enquête.

Il est également soupçonné d'avoir "planifié et fait exécuter" l'attaque, le 20 novembre de la même année, contre l'hôtel de luxe Radisson Blu. Deux hommes avaient alors "tiré sur tout ce qui bouge", tuant 20 personnes, dont 14 étrangers, avant d'être abattus.

De nombreuses parties civiles maliennes étaient présentes à l'ouverture du procès, mais nul proche de victimes occidentales, selon le journaliste de l'AFP.

Une retransmission par visioconférence a toutefois été mise en place.

"Il s'agit d'une retransmission en direct pour que les parties civiles françaises puissent suivre, mais en aucun cas d'un enregistrement. Seulement du direct", a expliqué le président de la Cour.

Le procès, dont la durée n'a pas été précisée, se déroule dans les locaux de la Cour d'appel, dans le sud de Bamako. Des soldats d'élite étaient placés dans et autour du bâtiment.

Fawas Ould Ahmed est apparu vêtu d'un long boubou gris. Ses cheveux crépus et une barbe fournie cachaient sa fine balafre sur le visage.

A la question, "Avez-vous un avocat?", il a répondu qu'il "ne le connaissait pas". Au Mali, dans les affaires de terrorisme, de nombreux accusés se voient commettre un avocat d'office, souvent le matin même du procès.

"Ibrahim 10" a déclaré préférer s'exprimer en arabe. "Un traducteur traduira", a répondu la cour.

Sa présence était entourée d'incertitudes, après des rumeurs ayant indiqué qu'il faisait partie des quelques 200 détenus libérés début octobre en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin et l'homme politique malien Soumaïla Cissé.

Seul un de ses deux co-accusé était également présent à l'ouverture du procès.

Jean-Yves Le Drian en visite à Bamako

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