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La double tragédie des veuves de soldats et policiers afghans

Policiers dans un centre de formation de la province de Laghman en Afghanistan, le 10 septembre 2012.

Veuve et grand-mère, Janat Bibi n'a plus un seul adulte mâle sur lequel compter dans la famille: les talibans ont tué son fils et ses deux petits-fils en attaquant leur poste de police.

Ces meurtres constituent une double tragédie dans les familles de policiers et soldats afghans les plus pauvres, qui perdent en même temps leurs proches et leur principal moyen de subsistance.

Bibi et les autres veuves de la famille bataillent dur, désormais, pour assurer la survie de 12 enfants dans ce village isolé de Shemol, à 70 km de Jalalabad, la capitale du Nangarhar (est), où l'emploi, déjà rare pour les hommes, est pratiquement inexistant pour les femmes.

"Nous n'avons pas reçu la moindre aide du gouvernement depuis la mort de mon fils et de mes petits-enfants. Ils étaient les seuls gagne-pain de cette grande famille", raconte la veuve de 65 ans, fondant en larmes dans sa maison de pierre et de terre.

Bibi, veuve depuis l'invasion soviétique dans les années 80, avait soutenu la décision des hommes de rejoindre les forces de police dans la province troublée de Zabul (sud-est), malgré les risques encourus.

Les forces de sécurité afghanes subissent de lourdes pertes face aux insurgés talibans mais les salaires cumulés des trois hommes de la famille apportaient 36.000 afghanis (530 dollars) par mois, bien plus qu'ils ne pouvaient espérer à Shemol.

Depuis que leur père est mort, les enfants de la famille de Bibi doivent travailler aux champs avec leur mère au lieu d'aller à l'école.

Un sort que partagent les autres enfants de ce village de 4.500 âmes dont 900 hommes environ - 20% de la population - ont rejoint l'armée ou la police.

"Les pertes augmentent", confie un membre du conseil provincial, Amir Mohammad, affirmant que les corps ont été ramenés "par dizaines" au village ces derniers mois.

Parmi les 330.000 membres des forces de sécurité afghanes, la plupart viennent de villages comme Shemol, sans perspective économique dans un pays tourmenté par la guerre depuis près de 40 ans. Ce qui pousse les hommes de ces villages à jouer leur vie pour un maigre revenu.

Le nombre de victimes n'a cessé d'augmenter depuis que l'Otan a retiré la majorité de ses troupes fin 2014 et le bilan devient vertigineux. Plus de 2.500 soldats et policiers ont été tués au cours des quatre premiers mois de l'année, selon les observateurs du Congrès américain (Sigar).

Conséquence: de plus en plus de femmes sont veuves, et particulièrement vulnérables dans cette société conservatrice qui les considère comme des fardeaux et les expose à la violence.

Illettrées le plus souvent, interdites de travailler en dehors de chez elles par leurs maris et belles-familles, elles se retrouvent totalement démunies une fois l'époux disparu.

Les veuves des soldats et policiers tués en opération sont censées recevoir le salaire de leur conjoint jusqu'à ce qu'elles se remarient ou que leurs enfants aient 18 ans. Mais beaucoup de femmes ignorent leurs droits, selon un rapport de l'ONU.

Elles doivent soumettre des documents aux autorités prouvant leur lien de parenté avec le défunt, indique le ministère du Travail. "Aux descendants de se faire connaître, personne n'est abandonné", affirme un porte-parole, Abdul Fatah Ahmadzai.

Toutefois, selon l'association "Help for Afghan Heroes", qui soutient quelque 5.000 familles des forces afghanes tuées ou blessées, la corruption prive souvent ces femmes de leur dû.

"On leur demande de verser un pot-de-vin pour enregistrer leur demande mais la plupart n'ont pas un sou", s'insurge Nasreen Sharar, responsable de l'ONG.

La famille de Malekzada, un policier tué lui aussi à Zabul par les talibans il y a deux ans, subit la même situation désespérée que Bibi.

A 27 ans, le jeune homme a laissé derrière lui une femme, une vieille mère et deux enfants qui se démènent pour trouver de quoi vivre et manger à Shemol.

"Chaque jour de l'aube à la nuit nous travaillons à trier les céréales. Personne ne nous a aidés depuis la mort de mon fils. La vie est vraiment difficile", explique sa mère.

Les hommes avaient rejoint la police "pour gagner leur vie et servir leur pays", souligne Bibi, mais la famille n'a même pas reçu une attestation officielle de leurs services - sans parler d'aide financière.

Bibi est cependant sans regret. "Je suis prête à envoyer d'autres petits-enfants dans la police, pour notre pays", assure-t-elle.

Avec AFP

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Accès à l'eau potable : l'Onu dresse le bilan des oubliés

2019 UN World Water day campaign.

Alors que l'eau va se raréfier, la demande pour cette ressource vitale va exploser: comment gérer cette contradiction ? Devant ce défi majeur, L'ONU fait le bilan des laissés pour compte.

Conséquence de la croissance démographique, du développement économique et de l'évolution des modes de consommation, la demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d'ici 2050, constatent ONU-Eau et l'Unesco dans leur rapport annuel sur l'eau. Dans le même temps, le changement climatique risque de compliquer l'accès à l'eau potable avec les sécheresses et les inondations.

L'accès insuffisant à une eau potable de qualité et le manque de services d'assainissement des eaux usées coûtent cher en vie humaine, avec 780.000 décès causés par la dysenterie et le choléra chaque année, bien plus que les victimes de conflits, de séismes et d'épidémie, selon le rapport.

En 2015, environ 844 millions de personnes n'avaient pas accès à un service d'eau potable sûr et seuls 39% de la population mondiale disposait de services d'assainissement sûrs.

"L'accès à l'eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées", regrette Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, dans un communiqué.

L'objectif de développement durable défini par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), qui prévoit "d'ici à 2030 un accès universel et équitable à l'eau potable, à un coût abordable", pourrait ne pas être atteint.

Les sources de pollution sont les matières fécales, les pesticides ou nitrates issus de l'agriculture, mais aussi les "polluants émergents" comme les résidus de médicaments.

Qui sont les personnes qui souffrent le plus de cette situation? Les situations divergent beaucoup d'une région du monde à l'autre, mais les auteurs ont relevé un point commun: "Les plus démunis sont assujettis le plus à la discrimination", constate le rédacteur en chef du rapport Richard Connor.

- Investir plus -

Le rapport distingue "la situation des pauvres en milieu urbain, des pauvres en milieu rural et les personnes déplacées de force".

"Dans les pays les moins avancés, 62% des citadins vivent dans des bidonvilles et n'ont très souvent pas accès aux services d'eau ou d'assainissement", indique M. Connor. Ces habitants doivent s'approvisionner en eau auprès de vendeurs ambulants et de camions citernes et peuvent payer leur eau "dix fois plus cher" que leurs concitoyens plus riches qui ont l'eau du robinet, selon M. Connor.

Pour autant, "la majorité des personnes ayant accès à des sources d'eau potables non améliorées et qui n'ont pas accès à des services élémentaires d'assainissement vivent dans des zones rurales", précise le rapport. Les infrastructures y sont en effet insuffisantes.

Les femmes sont souvent désavantagées dans l'accès à l'eau. Dans des milieux ruraux, "la charge d'aller chercher de l'eau incombe aux femmes et aux filles de manière disproportionnée", "un travail non rémunéré et non reconnu", souligne le rapport.

Une situation particulière est celle des réfugiés. Fin 2017, 68,5 millions de personnes étaient déplacées de force à cause de conflits ou de persécutions. Ces populations "se heurtent souvent à des obstacles pour accéder aux services élémentaires en approvisionnement en eau et d'assainissement" et "les déplacements de masse exercent une pression sur les ressources et sur les services qui s'y rapportent", ajoute le rapport.

Pour répondre à ces défis, l'ONU n'apporte pas de solutions miracles, mais esquissent quelques pistes. "Les gens fortunés qui payent très peu doivent commencer à payer plus pour que l'accès soit universel", suggère Richard Connor.

Les Etats, mais aussi les acteurs privés, doivent investir massivement dans les infrastructures. Les besoins sont estimés à 114 milliards de dollars annuels, trois fois ce qui est dépensé actuellement, sans prendre en compte les coûts de fonctionnement et d'entretien.

L'une des vedettes de Game of Thrones a un sosie pakistanais

Le co-réalisateur George R.R. Martin dans la première saison de HBO's "Game of Thrones"

Le serveur pakistanais Rozi Khan n'avait jamais entendu parler de la série américaine Game of Thrones, ni d'un de ses principaux personnages Tyrion Lannister, jusqu'à ce que la ressemblance entre les deux hommes lui vale son heure de gloire.

Agé de 25 ans, Rozi Khan ressemble tant à l'acteur Peter Dinklage, qui joue le rôle d'un noble spirituel et audacieux depuis le lancement de la série en 2010, qu'on l'arrête souvent pour une photo ou un selfie.

"Cela ne me dérange pas. Beaucoup de photos de moi ont été prises. C'est pourquoi je suis devenu très connu partout", affirme-t-il.

Khan et Dinklage n'ont pas seulement les mêmes pommettes saillantes, barbe épaisse et cheveux ondulés. Ils font aussi la même taille : environ 1,35 mètre.

Si l'acteur a les yeux bleus quand ceux du serveur sont marrons, si le nez de l'Américain est plus droit et sa peau plus claire, Rozi Khan ne peut plus circuler tranquillement depuis que des photos des deux hommes, le visage côte à côte, ont envahi les réseaux sociaux.

"Où que j'aille, quelqu'un me dit toujours : "Monsieur, qui est l'homme avec vous sur Facebook ? " Je réponds qu'il est mon ami. "Il vous ressemble. Alors je dis qu'il est mon frère", sourit Rozi Khan, vêtu d'un habit et d'un chapeau traditionnels pakistanais.

Game of Thrones a remporté 47 Emmy awards, plus qu'aucune autre série dans l'histoire de la télévision américaine, dont deux pour Peter Dinklage en tant que meilleur second rôle (2015 et 2018).

L'acteur américain de 49 ans, près du double de son sosie pakistanais, a également ravi en 2012 un Golden globe, l'une des principales récompenses de cinéma aux Etats-Unis.

Quand la huitième et dernière saison de la série culte démarrera le 17 avril prochain, Rozi Khan servira vraisemblablement des plats de mouton et des curries d'épinard dans le restaurant où il travaille à Rawalpindi, grande ville voisine de la capitale Islamabad.

"Il y a toujours une foule ici, mais la fréquentation a augmenté à cause de lui", se félicite son patron Malik Aslam Pervez, qui le décrit comme un travailleur acharné.

"Quand il prend un jour de congé ou qu'il est malade, les gens le cherchent et demandent où il se trouve. Ils se mettent en colère. Ils l'aiment", ajoute-t-il.

Les clients ont ainsi l'impression d'être servis par un Tyrion Lannister en chair et en os.

"Quand je le vois, je suis heureux. J'ai l'impression d'avoir rencontré le vrai Lannister", se réjouit Zain Hadri, 20 ans.

Game of Thrones, une série médiévale et fantastique, raconte dans sa première saison l'histoire de familles nobles luttant pour le contrôle du Trône de fer. Tyrion, méprisé par sa famille, est surnommé "singe démoniaque", "le gnome" ou encore "Demi-homme".

Né à Mansehra, dans le nord du Pakistan, Khan voudrait rencontrer Dinklage. "Il a ma taille, dit-il, donc je l'aime beaucoup."

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