Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

L'Etat condamné à indemniser des victimes de maltraitance en Afrique du Sud


Une Sud-africaine montre le portrait de sa soeur, décédée suite au traitement d'un hôpital psychiatrique, à Johannesburg, le 2 février 2017.

Le gouvernement sud-africain a été condamné lundi à verser 1,2 million de rands (près de 90.000 euros) à chacune des familles de la centaine de malades mentaux morts de mauvais traitements ou faute de soins dans des conditions qui ont choqué le pays.

Ce scandale avait éclaté fin 2016, lorsqu'un rapport officiel révélait qu'un total de 144 malades mentaux étaient morts après avoir été transférés en urgence d'un hôpital privé de Johannesburg vers des ONG ni habilitées ni préparées à les recevoir.

Les autorités provinciales ont expliqué avoir mis fin au contrat qui les liaient à cet établissement et ordonné le déplacement de plus de 1.700 malades pour des raisons budgétaires.

>> Lire aussi : En Afrique du Sud, la mort d'une centaine de malades mentaux fait scandale

Le président d'un tribunal arbitral saisi du dossier a jugé lundi cette décision "irrationnelle et inconstitutionnelle".

Dans son jugement, le juge Dikgang Moseneke a longuement dénoncé un "carnage", une "terrible histoire de morts et de tortures", un "manque total de dignité" envers les victimes.

Ces derniers mois, les familles des victimes ont décrit par le menu devant ce tribunal les détails des maltraitances infligées à leurs proches. "Un animal n'aurait pas été traité comme ça", a résumé la soeur d'une victime, Sandra de Villiers.

Tous les responsables provinciaux de la santé convoqués à la barre se sont confondus en excuses et se sont renvoyés la responsabilité du désastre.

Le juge Moseneke a sévèrement épinglé lundi leur défense "contraire à la vérité".

"J'ai conclu (qu'ils) avaient menti en plaidant l'ignorance en ce qui concerne le nombre de victimes", a-t-il martelé. "La mort et les tortures infligées aux victimes ont pour origine (leur) utilisation arrogante et irrationnelle de leur autorité (...) Malgré les mises en garde (...) ils ont continué leur projet".

En parallèle de cette procédure civile, la police a ouvert une enquête criminelle, qui pourrait aboutir à un procès pénal contre plusieurs des responsables mis en cause.

"Mes services ont fourni à la police toutes les preuves (...), elle doit faire son travail", a conclu le juge Moseneke.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG