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L'étoile montante démocrate Beto O'Rourke va se lancer dans la présidentielle

Beto O'Rourke, ancien membre du Congrès au Texas, lors d'une interview avec Oprah Winfrey le 5 février 2019 à New York.

Le démocrate Beto O'Rourke, ancien parlementaire charismatique aux idées résolument marquées à gauche, va annoncer jeudi matin sa candidature à la présidentielle américaine, selon une chaîne de télévision de son Texas natal, KTSM.

A 46 ans, l'ancien élu de la Chambre des représentants "fera son annonce jeudi matin mais a confirmé par texto à KTSM mercredi après-midi qu'il voulait décrocher l'investiture démocrate", a écrit la chaîne de la ville d'El Paso sur son site mercredi soir. Il "est candidat à la présidentielle américaine".

Beto O'Rourke s'est forgé une grande notoriété à l'automne dernier lors de sa campagne pour tenter d'arracher un siège au Sénat américain. Il avait finalement perdu lors de ce scrutin en novembre 2018.

Mais après une campagne passionnée très remarquée, son bon résultat face au poids lourd républicain Ted Cruz, dans les terres conservatrices du Texas, l'a converti en sensation du parti démocrate.

Une notoriété appuyée par le profil atypique de cet ancien punk rocker à la grande silhouette dégingandée et qui renforce, avec une gestuelle particulière, ses discours parfois enflammés.

Mais alors que beaucoup s'attendaient à une annonce rapide de sa candidature à la présidentielle, Beto O'Rourke n'a pas caché ses doutes, partant sur les routes américaines en solitaire afin de réfléchir à son avenir politique, avait-il confié sur le site Medium.

Sa décision semble désormais bien être prise. "Vous pouvez probablement déduire que j'ai envie de me lancer", a-t-il confié au magazine Vanity Fair, dans un entretien accompagné de photos prises par Annie Leibovitz, portraitiste des célébrités, publié en ligne mercredi. "C'est vrai. Je pense que je serais bon", ajoute-t-il.

Autre signe révélateur: a prévu de se rendre dès jeudi dans l'Iowa, premier Etat qui votera lors de la primaire démocrate, en février 2020.

Avant lui, déjà 14 candidats se sont lancés dans la primaire démocrate pour tenter de battre Donald Trump en novembre 2020.

L'ancien vice-président Joe Biden fait de son côté encore durer le suspense, malgré des allusions très directes cette semaine à sa volonté de se lancer dans la course à la Maison Blanche.

Avec AFP

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Facebook se lance dans l'arène des cryptomonnaies avec "Libra"

Facebook fera-t-il entrer les cryptomonnaies dans le quotidien de ses quelque 2,7 milliards d'usagers? C'est en tout cas son intention avec "Libra", une monnaie virtuelle censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané.

En s'attaquant, dix ans après le bitcoin, au sulfureux domaine des cryptomonnaies, régulièrement sous le feu des projecteurs du fait de piratages et d'accusations de blanchiment d'argent, Facebook se lance un défi de taille, tant il fait lui-même l'objet d'une grave crise de confiance après une série de scandales autour de sa gestion des données personnelles.

Libra doit offrir à partir du premier semestre 2020 un nouveau moyen de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels: elle se veut la pierre angulaire d'un tout nouveau écosystème financier sans la barrière des différentes devises, un outil susceptible d'intéresser notamment les exclus du système bancaire, dans les pays émergents par exemple.

Les usagers disposeront sur leur smartphone d'un porte-monnaie numérique, "Calibra" --directement intégré par Facebook à ses services Messenger et WhatsApp--, pour faire leurs achats, envoyer ou recevoir de l'argent, ont expliqué à l'AFP des responsables du projet.

Mais Libra est un système "ouvert": son code informatique est libre de droits, ce qui signifie que tout développeur, entreprise ou institution peut l'intégrer à ses services.

L'arrivée de Facebook dans cette arène bouillonnante que sont les cryptomonnaies pourrait être un "tournant" pour ce secteur, selon Lou Kerner, investisseur et spécialiste reconnu des cryptomonnaies, car cela pourrait les populariser auprès du grand public.

Elle illustre aussi la volonté du réseau social de se diversifier au-delà de la publicité en ligne, la base de son modèle économique, lui-même fondé sur les données personnelles: "Ce pourrait être une des décisions les plus importantes de l'histoire de Facebook" pour trouver des nouveaux relais de croissance, selon les analystes de RBC.

Bien conscient d'être attendu au tournant, le groupe américain a aussi décidé de confier la gestion de Libra à une entité indépendante, basée à Genève (Suisse) et composée d'entreprises comme les émetteurs de cartes bancaires Mastercard et Visa, les services de paiement Stripe et PayPal, les entreprises de réservation de voitures Lyft et Uber, ou encore le réseau Women's World Banking, qui aide des femmes défavorisées de pays émergents à avoir accès aux services financiers.

Cela servira aussi à garantir la stabilité de cette nouvelle monnaie virtuelle, de façon à ce qu'elle échappe aux énormes fluctuations ayant contribué à ternir l'image de cryptomonnaies, comme le bitcoin.

- "Stabilité" -

Ce projet peut potentiellement permettre à plus d'un milliard de personnes "exclues du système bancaire" d'accéder au commerce en ligne et aux services financiers, assure Dante Disparte, de l'association Libra.

"Envoyer de l'argent à un ami ne devrait pas être plus difficile que de commander un Uber", abonde Peter Hazlehurst, responsable des activités "paiements" au sein d'Uber.

En confiant la gestion à une entité distincte, Facebook cherche à rassurer sur deux fronts: il ne sera pas aux manettes et tout sera fait pour que Libra ne soit pas victime des mêmes errements que le bitcoin, qui a attiré spéculateurs et criminels.

Les informations financières stockées dans Calibra seront strictement séparées des données personnelles détenues par Facebook et ne seront pas utilisées pour cibler de la publicité, a assuré Kevin Weil, un des responsables de Calibra.

Les devises utilisées pour acheter des Libra serviront de réserve et de garantie à la monnaie virtuelle, dont la valeur sera indexée sur un panier de monnaies traditionnelles.

Mais, du côté des Etats, on commence à s'interroger. Libra ne doit pas se transformer en projet de "monnaie souveraine", a mis en garde mardi le ministre français des Finances Bruno Le Maire, jugeant nécessaire que le géant américain présente des "garanties" à ce sujet. Le ministre a indiqué avoir demandé aux gouverneurs des banques centrales du G7 de plancher sur le sujet.

Comme les autres monnaies virtuelles, Libra repose sur la technologie de la "blockchain" (chaîne de blocs), sorte d'immense registre public et infalsifiable qui rend le transfert de devises virtuelles rapide, anonyme et sécurisé.

"Il se s'agit pas de faire confiance à Facebook, c'est de faire concrètement confiance aux entreprises fondatrices de l'association, qui est indépendante et démocratique", souligne Dante Disparte.

Libra est aussi un pari sur l'avenir de Facebook: le groupe ne gagnera pas directement d'argent avec Libra. Mais, à long terme, cela peut lui servir à attirer des utilisateurs et des annonceurs sur ses plateformes, ou à garder les actuels, et donc à renforcer ou créer des services payants ou financés par la publicité.

A Wall Street, Facebook gagnait un peu moins de 1,5% à 14H00 GMT.

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