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La jeunesse haïtienne manifeste contre le pouvoir en place

Manifestation des jeunes contre la corruption à Port-au-Prince le 18 novembre 2018.

Plusieurs milliers de personnes dont une large majorité de jeunes ont manifesté dimanche dans les principales villes d'Haïti pour dénoncer la corruption et pour réclamer la démission immédiate du président Jovenel Moïse, malmené dans la capitale au cours de commémorations officielles.

Tapant sur une assiette vide avec une cuillère, Jérome Blanc Roger a défilé à Port-au-Prince pour exprimer sa frustration à l'égard du chef de l'État mais également des inégalités.

"Pendant sa campagne électorale, Jovenel (Moïse) avait promis qu'il allait mettre à manger dans nos assiettes et de l'argent dans nos poches mais voyez, après bientôt deux ans qu'il est au pouvoir, mon assiette et mes poches sont toujours vides" témoigne ce jeune de 23 ans en retournant les poches de son jean.

"Il faut mettre fin à l'exploitation de la minorité bourgeoise qui profite depuis plus de 200 ans : il faut qu'eux acceptent de moins gagner pour que le peuple puisse vivre un peu mieux", explique Jérome Blanc Roger.

L'appel à manifester, lancé par plusieurs organisations de la société civile, visait à l'origine à maintenir la pression pour aboutir à un procès dans le cadre du dossier Petrocaribe. Né sur les réseaux sociaux, le mouvement Petrocaribe Challenge a multiplié les manifestations depuis le mois d'août.

Depuis 12 ans, Haïti bénéficie du programme Petrocaribe, mis en place à l'initiative de l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez, qui permet à plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'acquérir des produits pétroliers à un prix avantageux et de payer leurs factures sur 25 ans à un taux d'intérêt de 1%.

En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du Sénat haïtien sur le mauvais usage de près de deux milliards de dollars de ce fonds avaient épinglé une douzaine d'anciens ministres, du parti actuellement au pouvoir, mais jamais les rapports n'avaient été suivis de poursuites judiciaires.

Si la restitution des fonds et le jugement des responsables corrompus figuraient parmi les revendications des manifestants dimanche, la grande majorité a surtout exigé le départ immédiat du pouvoir de Jovenel Moïse.

"Si on avait un vrai président, la jeunesse n'aurait pas eu à s'exiler et à souffrir au Chili ou au Brésil, à subir des humiliations et travailler pour quasiment rien. Il doit démissionner immédiatement", réclame Richard Sauveur, 20 ans.

L'aire métropolitaine de Port-au-Prince a été totalement paralysée par le cortège, qui a semé nombre de barricades enflammées sur son passage mais est est globalement resté pacifique.

Dans le département du Nord, la police nationale a confirmé la mort par balle d'un jeune, sans que l'origine du tir ait pu être confirmée. Le bilan complet de la journée de mobilisation ne sera fourni que lundi matin.

Avec AFP

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Plan de relance européen: Lisbonne et Madrid veulent un accord en juillet

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez assistent à un sommet d'urgence des dirigeants de l'Union européenne sur l'immigration au siège de la Commission européenne à Bruxelles, en Belgique, le 24 juin 2018.

Les chefs des gouvernements portugais et espagnol ont appelé lundi leurs partenaires européens à adopter en juillet le plan de relance de l'UE destiné à surmonter la crise provoquée par la pandémie de coronavirus.

"Si nous voulons surmonter cette crise rapidement (...), nous devons trouver cet accord avec urgence", a déclaré le Premier ministre portugais Antonio Costa, à l'issue d'un entretien avec son homologue espagnol Pedro Sanchez.

"Je sais que ça va être une négociation difficile mais nous devons parvenir à un accord en juillet, lors du conseil des 17 et 18 juillet, portant sur le plan de relance et sur le budget pluriannuel", a insisté M. Sanchez lors d'une conférence de presse commune à Lisbonne.

Le prochain conseil européen, le premier sommet en face à face des 27 dirigeants de l'Union après le confinement, portera sur l'adoption à l'unanimité du plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par la Commission européenne.

Cette proposition, jugé "intelligente et équilibrée" aussi bien par M. Costa que M. Sanchez, est adossée au budget à long terme de l'Union européenne (2021-2027) d'un montant de 1.100 milliards d'euros.

Le plan de relance, qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, les plus touchés par la crise du Covid-19, suscite de nombreuses réserves chez quatre pays surnommés "les frugaux": Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark.

Après avoir reçu son homologue espagnol, Antonio Costa doit rencontrer mardi à Lisbonne le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, et prévoit ensuite de se rendre lundi prochain à La Haye pour s'entretenir avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

En parallèle, M. Sanchez s'est dit "raisonnablement optimiste" au sujet de la candidature de sa ministre de l'Economie Nadia Calviño à la présidence de l'Eurogroupe.

L'Espagnole, qui cherche à succéder au Portugais Mario Centeno, a le soutien de Lisbonne, a confirmé lundi M. Costa.

Tuberculose: Johnson & Johnson va baisser le prix d'un médicament

Un médecin examine un patient atteint de tuberculose dans un hôpital gouvernemental pour la tuberculose à Allahabad, en Inde, le 24 mars 2014. (AP Photo / Rajesh Kumar Singh)

Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a annoncé qu'il baisserait à compter de lundi le prix de la bédaquiline, un médicament contre la tuberculose, une revendication de longue date des ONG.

Fin 2012, la bédaquiline (commercialisée sous le nom de Sirturo) est venue renforcer l'arsenal thérapeutique dont disposent les médecins face à la tuberculose, après son autorisation par l'agence américaine des médicaments (FDA).

Ce traitement est devenu en outre le premier médicament contre la tuberculose à être homologué en 40 ans.

Le groupe Johnson & Johnson va mettre la bédaquiline à la disposition du partenariat international Halte à la tuberculose au prix de 340 dollars américains (300 euros) par traitement de six mois dans 135 pays, contre 400 dollars précédemment.

Cette "initiative vise à toucher en 2020 au moins 125.000 patients et pourrait permettre aux programmes nationaux de lutte contre la tuberculose dans les pays à faible et moyen revenu d'économiser jusqu'à 16 millions de dollars", a indiqué dans un communiqué le partenariat Halte à la tuberculose.

Cette baisse, réclamée par les organisations non gouvernementales, "devrait permettre à davantage de personnes atteintes de formes multirésistantes de tuberculose d'accéder à ce médicament salvateur", a souligné Médecins Sans Frontières dans un communiqué.

L'ONG a précisé que l'accord allait faire baisser le prix de la bédaquiline à 1,50 dollar par jour, un montant qu'elle juge encore trop élevé. L'an dernier, elle avait lancé une campagne internationale pour exhorter le laboratoire américain à amener le prix à 1 dollar par jour dans les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire.

La tuberculose se transmet par voie aérienne et est l'une des 10 premières causes de mortalité dans le monde, selon l'OMS. En 2018, 10 millions de personnes l'ont contractée dans le monde et 1,5 million en sont mortes (dont 251.000 porteuses du VIH).

Droits humains: Londres sanctionne 25 entités russes et 20 saoudiennes

Un espace de la sainte mosquée réservée aux femmes à la Mecque, Arabie saoudite, 8 septembre 2017. (VOA/Siriki Barro)

Le Royaume-Uni a annoncé lundi des sanctions contre 49 personnes et organisations, notamment russes et saoudiennes, dans le cadre d'un nouveau mécanisme mis en place par Londres pour punir les violations des droits humains.

Une liste noire a été publiée par le ministère des Affaires étrangères. Elle comprend notamment 25 Russes accusés d'être impliqués dans la mort en détention en 2009 de Sergueï Magnitski, juriste du fonds d'investissement Hermitage Capital. Parmi eux figure Alexandre Bastrykine, patron du puissant Comité d'enquête, organisme dépendant directement du Kremlin chargé des principales enquêtes.

La liste inclut aussi 20 Saoudiens soupçonnés d'avoir joué un rôle dans l'assassinat de l'éditorialiste Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul.

Y figurent aussi deux généraux birmans soupçonnés d'exactions envers la minorité musulmane des Rohingyas et deux organisations impliquées dans "du travail forcé, de la torture et des meurtres dans les camps de Corée du Nord".

Devant les députés, le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab a décrit ces sanctions comme "un outil permettant de viser les auteurs (de violations des droits humains, ndlr) sans punir plus largement la population d'un pays".

Elles "envoient un message clair du peuple britannique à ceux qui ont du sang sur leurs mains, aux hommes de main des despotes, aux sbires des dictateurs: ils ne peuvent pas venir dans ce pays acheter des propriétés sur King's Road, venir faire leurs achats de Noël à Knightsbridge ou siphonner leur argent sale via les banques britanniques", a-t-il averti en référence à des quartiers chic de Londres, prisés des riches visiteurs étrangers.

Ce mécanisme permet au Royaume-Uni, centre financier où transitent ou sont placés des actifs appartenant à de nombreuses grandes fortunes de la planète, d'adopter de manière autonome des sanctions spécifiques aux droits humains, indépendant de l'ONU ou de l'Union européenne. Cela constitue une première pour le Royaume-Uni depuis sa sortie de l'UE en janvier dernier.

"Cela va permettre au Royaume-Uni de travailler de manière indépendante avec des alliés comme les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et l'Union européenne", a précisé la diplomatie britannique.

Hausse des malades du coronavirus en Inde et aux Etats-Unis

Hausse des malades du coronavirus en Inde et aux Etats-Unis
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Sida: des progrès compromis par l'épidémie de Covid-19

Des professionnelles du sexe dans le quartier rouge de Harare au Zimbabwe, le 12 juin 2020. À mesure que le coronavirus se propage en Afrique, il menace de plus en plus ceux qui gagnent leur vie dans la rue, y compris les professionnel (le) s du sexe.

Le nombre de morts liées au sida a continué de baisser l'an dernier et l'accès aux traitements s'améliore, mais l'épidémie de Covid-19 risque de mettre ces progrès à mal dans les mois à venir, avertit lundi l'Onusida dans son rapport annuel.

En 2019, 690.000 personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida, contre 770.000 personnes en 2018. C'est entre deux et trois fois moins qu'au pic de l'épidémie en 2004 (1,7 million de morts).

De même, la proportion de séropositifs qui ont accès aux traitements antirétroviraux ne cesse d'augmenter année après année.

Deux-tiers des séropositifs dans le monde (25,4 millions sur 38) suivent désormais ces traitements, qui permettent de ne plus transmettre le virus du sida s'ils sont pris correctement. C'est la plus haute proportion jamais atteinte, et c'est environ dix fois plus qu'au milieu des années 2000.

Mais l'épidémie de Covid-19 risque de provoquer un retour en arrière, craint l'agence de l'ONU dédiée à la lutte contre le sida.

"Selon les estimations d'une récente modélisation, une interruption totale de thérapie antirétrovirale pendant six mois pourrait entraîner plus de 500.000 morts supplémentaires de maladies opportunistes liées au sida (comme la tuberculose) en Afrique subsaharienne en 2020-2021", selon l'Onusida, qui avait déjà attiré l'attention sur ces estimations en mai, avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"À l'heure où la propagation du nouveau coronavirus menace de submerger les capacités du système de santé, alors que le confinement réduit les déplacements et place l'économie sous tension, les personnes vivant avec le VIH et les plus exposées au risque de le contracter subissent l'interruption des services de santé et de lutte contre le VIH", poursuit le texte.

- Inégalités -

"Cette interruption pourrait empêcher la riposte mondiale au VIH d'atteindre ses engagements pour 2020", met en garde l'Onusida.

Cet objectif est résumé par la formule 90-90-90: que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90% aient une charge virale indétectable.

En 2019, ces proportions se montaient respectivement à 81%, 82% et 88%, avec des disparités régionales.

En outre, l'Onusida s'alarme des potentielles conséquences du confinement et des fermetures de frontières sur "la production et la distribution des médicaments".

"On estime que le coût final des traitements antirétroviraux produits en Inde (où est fabriquée la majeure partie des médicaments génériques, ndlr) pourrait être de 10% à 25% plus élevé que leur prix normal", selon le rapport.

"Comme l'épidémie de VIH avant elle, la pandémie de Covid-19 met en évidence les fragilités de notre monde, parmi lesquelles des inégalités économiques et sociales persistantes et des investissements de santé publique tristement inadaptés", écrit dans l'introduction le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

En 2019, quelque 1,7 million de nouvelles infections au virus du sida ont eu lieu dans le monde, soit une baisse de 23% depuis 2010.

"Cela s'explique en grande partie par une diminution conséquente de 38% dans l'est et le sud de l'Afrique, mais dans le même temps, les infections au VIH ont augmenté de 72% en Europe de l'est et en Asie centrale, de 22% au Moyen-Orient et dans le nord de l'Afrique et de 21% en Amérique latine", souligne la directrice exécutive de l'Onusida, l'Ougandaise Winnie Byanyima.

"Nous n'arriverons pas à atteindre nos objectifs pour 2020, réduire à moins de 500.000 le nombre de morts liés au sida et le nombre de nouvelles infections", déplore-t-elle.

Le rapport de l'Onusida est publié alors que s'est ouverte lundi la Conférence internationale sur le sida, organisée cette année à distance et via vidéo à cause de l'épidémie de Covid-19.

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