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États-Unis

Fin de la grève paralysant les ports californiens de Long Beach et Los Angeles

Le terminal cargo de la compagnie Maersk au Port de Los Angeles
Sur la côte Ouest des Etats-Unis, le travail a repris dans les ports jumeaux de Long Beach et de Los Angeles en Californie, qui étaient en débrayage depuis le 27 novembre.

Les travailleurs syndiqués de ce grand complexe portuaire de fret - le plus grand du pays - ont ainsi mis fin à huit jours de grève.

Le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, a annoncé qu’un accord était intervenu entre les quelques 800 employés des ports jumeaux de Long Beach et de Los Angeles et la direction.

Le terminal ITS au port de Long Beach
Le terminal ITS au port de Long Beach
Les travailleurs syndiqués de ces ports accusaient les responsables de vouloir délocaliser leurs emplois à l'étranger. Les représentants des affréteurs et les exploitants des terminaux ont rétorqué qu'ils cherchaient simplement à embaucher les personnes dont ils ont besoin.


On ignore encore les termes de l’accord conclu, notamment en ce qui concerne les employés de bureau. Mais dans un communiqué, le syndicat International Longshore and Warehouse Union a dit que celui-ci « aidera à empêcher les emplois d'être sous-traités au Texas, à Taiwan ou ailleurs ».

Parmi les employés de bureau, Sal Chavez, l’un des grévistes redoutant la délocalisation des emplois. « Les emplois disparaissent de tous les bords, quittant le pays, et personne n’agit. Quelqu'un doit aller de l'avant et dire que nous avons besoin de garder ces emplois en Amérique, que c'est là où les emplois se trouvent. Ils appartiennent à notre terminal portuaire, ils appartiennent ici », affirme Sal Chavez.

Le mouvement de grève s’est amplifié lorsque 10.000 dockers syndiqués ont rejoint les employés de bureau et ont refusé de franchir le piquet de grève pour charger et décharger les navires. Dix des 14 terminaux à conteneurs des deux ports ont finalement été immobilisés, ce qui a obligé les affréteurs à s’orienter vers d'autres ports de Californie et du Mexique.

Environ 40 pour cent des importations entrent aux Etats-Unis par les ports de Los Angeles et de Long Beach, un commerce chiffré à environ 1 milliard de dollars par jour. Ce trafic pourrait être fragilisé par l’élargissement du canal de Panama, qui sera achevé en 2014.

Travaux de rénovation du Canal de Panama
Travaux de rénovation du Canal de Panama
A ce moment-là, nombre de navires qui aujourd’hui ne peuvent pas gagner l’Atlantique pourront poursuivre leur chemin et ne seront plus contraints de débarquer leurs marchandises en Californie, signale le professeur d’économie Kristen Monaco de l’Université d’Etat de Californie.

Néanmoins, ajoute-t-elle, vu l’efficacité de ces ports, qui sont reliés au reste du pays par un vaste réseau de voies ferrées et de routes, il se pourrait qu’ils conservent leur importance stratégique.

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A Washington, des manifestations émouvantes pour réclamer justice et équité

Des manifestants couchés à même le sol devant la police, au Capitole, le 3 juin 2020, en signe de solidarité. (Photo: Nanythe Talani)

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Washington pour crier leur ras-le-bol contre les brutalités policières à l’égard des minorités et exiger aussi la fin d’un système qui maintient ces dernières dans la précarité sur les plans social, économique, sanitaire et éducatif.

Il fait 26 degrés celsius en cette matinée du 3 juin 2020 à Washington, D.C., la capitale des États-Unis. La journée s’annonce chaude. Il y a exactement neuf jours depuis que l’Afro-Américain George Floyd est mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis dans le Minnesota, à plus de 1.782 km de Washington.

Pourtant rien n’entame la détermination des habitants de cette ville et ses environs à continuer à battre les pavés pour poursuivre leurs protestations contre les préjugés raciaux. Certains parents ont emmené leurs jeunes enfants.

“Je suis venue pour montrer ma solidarité. C’est important, même si je suis en train de protester contre quelque chose que je ne vais peut-être pas expérimenter. Participer à une revendication politique comme celle-ci est un grand privilège”, explique Sophie, de race blanche, qui étudie le théâtre et la psychologie dans une université dans le Michigan et qui aimerait aussi devenir activiste pour défendre des causes socio-politiques.

Protestation et pancartes

Les marcheurs brandissent des pancartes qui en disent long sur leur présence en ces lieux, malgré la chaleur qui fait déjà suer quelques uns. Certaines pancartes affichent les noms de nombreuses personnes mortes entre les mains de la police. D’autres ont écrit des slogans comme le légendaire “Black lives matter” (La vie des Noirs compte), “Desarm hate” (Désarmez la haine); “Silence is violence” (Le silence est une forme de violence) ou encore les derniers mots de George Flyod: “I can’t breathe” (Je ne peux pas respirer).

Les manifestants blancs affichent des messages qui expriment leur soutien à une cause qui touche prioritairement les Noirs.

Sophie, la jeune étudiante, pense que “les Blancs qui jouissent des privilèges doivent se positionner physiquement entre les policiers et ceux qu’ils brutalisent, parce que nous ne serons pas brutalisés au même degré”, explique-t-elle.

Les Hispaniques, qui font aussi partie des minorités subissant quasiment le même sort que les Afro-Américains, ne sont pas en marge du combat. On peut lire sur leurs pancartes: “Eres mi otro yo” (Tu es mon autre moi) ou “Tu pelea es mi pelea” (Ton combat, c’est mon combat).

Au-delà des violences de la police

Partie de Freedom Plaza, sur Pennsylvania Avenue à un jet de pierre de la Maison Blanche, la foule constituée d’environ un millier de personnes, selon les organisateurs, prend la direction de Capitol Hill, siège du Congrès. Des policiers encadrent la marche afin d’éviter des débordements qui ont déjà conduit à des casses de vitrines dans la ville et à des scènes de pillage et de violence dans plusieurs villes américaines lors des différentes marches.

Cependant, cette foule dans la rue, qui rassemble des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques, a des préoccupations plus nobles et des ambitions d’un changement positif de leur société. Elle ne revendique plus seulement l’arrêt des brutalités policières visant les Noirs. Elle réclame désormais le changement profond d’un système qui accorde des privilèges aux Blancs et précarise la vie des minorités ethniques.

Je ne suis pas venu seulement pour George Floyd, car ce n’est pas le premier Noir tué par la police. Je suis venu pour exprimer mon ras-le-bol contre le système”, affirme Josh, un natif de Washington, la trentaine. Il s’apprête à rejoindre les forces armées américaines en octobre.

Comme on pouvait s’y attendre, une horde de policiers est déployée autour du Capitole. C'est là même que siègent ceux et celles qui détiennent la clé du changement voulu par ces hommes, ces femmes et ces quelques enfants venus de partout, unis pour défendre une cause devenue une préoccupation nationale et une question qui transcende les limites raciales.

Des policiers solidaires

Entre les chants et les cris de revendications, les protestataires se couchent à même le sol, ou s’agenouillent pendant plusieurs minutes, pour honorer la mémoire des Afro-Américains et d'autres minorités ayant succombé sous la main de la police.

Pour montrer leur solidarité avec les manifestants en quête de justice sociale et pour se désolidariser de leurs collègues qui brutalisent les minorités, quelques policiers, Blancs et Noirs, mettent leurs genoux à terre, pendant quelques minutes.

Ces protestations changeront-elles quelque chose à la situation des minorités?

Alicia Forda, venue de Columbus dans l’Ohio, veut bien y croire: “Je suis ici pour que mon frère, mon père, mon fils, mon oncle, mon ami ne marchent plus dans la rue avec la peur d’être tués par la police”, explique-t-elle. Et d'ajouter: “Je veux que les miens se sentent en sécurité dans ce pays que nos ancêtres ont bâti. Je suis aussi ici pour que nous, les Noirs, soyons libérés de ces oppressions”.

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