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Droits humains

En 10 jours, 49 prisonniers égyptiens ont été exécutés, selon Human Rights Watch

Un accusé en cage dans une salle d'audience de la prison de la Torah, dans le sud du Caire, en Égypte, le 22 août 2015.

L'Egypte a procédé à 49 exécutions en 10 jours en octobre, selon un décompte publié par Human Rights Watch jeudi, qui réclame aux autorités égyptiennes "l'arrêt immédiat" des mises à mort.

L'organisation de défense des droits humains, qui se fonde notamment sur des informations publiées dans les journaux pro-gouvernementaux, précise que "le gouvernement n'annonce habituellement jamais les exécutions, ni n'en informe les familles des prisonniers".

Parmi les personnes exécutées figurent 15 hommes accusés d'être impliqués dans trois affaires distinctes de violences politiques, précise HRW dans son communiqué.

Trois d'entre eux sont accusés d'avoir été impliqués dans l'attaque violente en 2013 d'un commissariat de Kerdassa, une banlieue du Caire réputée être un fief islamiste, selon HRW qui cite le Al-Shehab Center for Human Rights.

Dix autres ont été jugés coupables d'attaques revendiquées par le groupe jihadiste Ajnad Masr en 2014-2015, et deux autres pour une violente manifestation à Alexandrie en 2013.

Parmi ces 15 condamnés, 13 étaient détenus dans une prison cairote, qui a été le théâtre en septembre d'un incident violent au cours duquel quatre prisonniers et quatre gardiens ont été tués.

"L'habitude des autorités égyptiennes d'exécuter des détenus du couloir de la mort après des attaques contre des forces de sécurité rend l'arrêt des exécutions encore plus urgent", estime dans le communiqué Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord pour HRW.

Parallèlement, HRW rapporte que parmi les 34 autres personnes exécutées, dont deux femmes, certaines étaient accusées de faits criminels, comme des meurtres et des viols.

L'organisation estime que sous la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, élu en 2014, l'Egypte est devenue l'un des 10 pays pratiquant le plus les peines capitales.

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Le journaliste Hopewell Chin'ono arrêté pour un tweet libéré sous caution au Zimbabwe

Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chin 'ono s'entretient avec les médias après sa libération de prison, le 3 septembre 2020.

Un tribunal zimbabwéen a ordonné vendredi la libération sous caution d'un célèbre journaliste et lanceur d'alerte zimbabwéen, Hopewell Chin'ono, arrêté début novembre après un tweet critiquant l'intervention du gouvernement auprès de magistrats enquêtant sur une affaire de contrebande d'or.

Il était incarcéré depuis 17 jours dans une prison de haute sécurité, accusé d'avoir violé les conditions d'une précédente remise en liberté sous caution.

Hopewell Chin'ono, qui a remporté de nombreux prix de journalisme, avait auparavant été frappé d'une interdiction de tweeter des messages incitant à la violence ou encourageant des manifestations.

Selon les termes de sa nouvelle libération conditionnelle, il s'est vu interdire toute utilisation de son compte Twitter pour écrire des messages entravant le cours de la justice.

Son tweet portait sur l'arrestation fin octobre à l'aéroport de Harare d'Henrietta Rushwaya, une responsable du secteur minier, qui allait embarquer pour Dubaï avec six kilos d'or dans son bagage à main, d'une valeur de plus de 300.000 euros sur le marché international.

Le journaliste indiquait avoir été informé par le parquet de la prochaine libération sous caution d'Henrietta Rushwaya - qui avait affirmé aux policiers que l'épouse du président Emmerson Mnangagwa, Auxillia, et leur fils Collins, étaient les propriétaires présumés de cet or - compromettant la poursuite de l'enquête.

Cette affaire intervient alors que les autorités cherchent à neutraliser une importante contrebande d'or dans le pays, estimée autour de 100 millions de dollars par mois.

Hopewell Chin'ono, 49 ans, avait déjà été arrêté en juillet, et emprisonné pendant 45 jours, pour avoir, selon les autorités incité "à la violence publique" avant des manifestations antigouvernementales.

Des activistes américains insistent sur une limitation des pouvoirs de la police

Des activistes américains insistent sur une limitation des pouvoirs de la police
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Le gouvernement guinéen accuse Amnesty et HRW de "dénoncer les seuls gouvernements"

Un officier de police regarde les manifestants, alors qu'ils continuent de lancer des pierres et de bloquer les routes lors de manifestations de masse après la publication des résultats préliminaires à Conakry le 23 octobre 2020.

Le gouvernement guinéen a accusé Amnesty International et Human Rights Watch de "dénoncer systématiquement les seuls gouvernements", après de nouvelles critiques de ces dernières contre les agissements du pouvoir et des forces de sécurité autour de la récente présidentielle.

Dans un rapport publié jeudi, HRW évoque une "répression généralisée qui a fragilisé la crédibilité" de la présidentielle du 18 octobre.

La candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection. M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle.

Amnesty International a quant à elle accusé les forces de sécurité, dans un communiqué publié le 25 octobre, d'avoir tiré à l'arme de guerre et à balles réelles sur des manifestants lors des troubles post-électoraux.

HRW a dénombré au moins 12 morts, l'opposition parle de 49 morts, les autorités de 21, dont des membres des forces de sécurité. "Plusieurs dizaines de personnes pourraient avoir été tuées", disait Amnesty.

HRW montre à nouveau du doigt l'impunité des policiers et des gendarmes.

Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, le conseil des ministres affirme que le gouvernement préserve l'ordre et "s'astreint à le faire dans le respect des lois mais est seul paradoxalement interpellé par ces ONG". L'opposition, elle, se livre "à des actes de violence assumés", dit-il.

"Certaines ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, aux pratiques tendancieuses en dénonçant systématiquement les seuls gouvernements, confortent des opposants dans la conviction qu'ils sont affranchis de toute responsabilité", dit le gouvernement, qui parle "d'investigations partiales menées exclusivement à charge" par les ONG.

Tempête diplomatique après des arrestations au sein d'une ONG égyptienne

Un policier dans une rue du Caire, Egypte, le 25 mars 20

Une tempête diplomatique se déchaîne vendredi contre l'Egypte, après l'arrestation en moins d'une semaine de trois responsables d'une ONG locale de défense des droits humains, après une rencontre entre celle-ci et plusieurs ambassadeurs étrangers.

Depuis dimanche, les autorités ont arrêté trois cadres de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR): Mohamed Bachir, Karim Ennarah et Gasser Abdel Razek, après une visite en novembre à son bureau au Caire "d'un nombre d'ambassadeurs et de diplomates", selon l'ONG.

Accusés d'"appartenance à un groupe terroriste", de "diffusion de fausses informations" et d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", les trois hommes ont été placés en détention provisoire pour 15 jours --renouvelables jusqu'à deux ans, selon la loi égyptienne--, a indiqué l'EIPR.

Premier représentant diplomatique présent au Caire à réagir publiquement, l'ambassadeur irlandais Sean O Regan a tweeté vendredi la "grave préoccupation" de son pays face à ces arrestations, qui ont suivi une rencontre "faisant partie intégrante d'une pratique diplomatique normale".

Parallèlement, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab "a directement abordé le cas (des trois personnes arrêtées) avec son homologue égyptien", Sameh Choukri, a indiqué le Foreign Office.

Selon l'agence de presse italienne Adnkronos, l'ambassadeur d'Italie au Caire ainsi que plusieurs de ses homologues ont également adressé une lettre à M. Choukri, demandant la libération des membres de l'EIPR.

Mercredi, Rome avait déjà manifesté sa profonde préoccupation concernant ces arrestations et la grave détérioration des conditions des défenseurs des droits humains en Egypte.

Des responsables américains ont également attiré l'attention sur le sort de l'EIPR, un "exemple perturbant de la répression de l'Egypte sur les militants des droits de l'Homme", d'après le sénateur Chris Coons, pressenti pour le poste de secrétaire d'Etat sous Joe Biden.

L'EIPR "demande des comptes aux responsables et permet un changement démocratique. Ils doivent être respectés et protégés, ainsi que leur travail", a-t-il déclaré.

Pour l'heure, Le Caire fait profil bas mais son ministère des Affaires étrangères a rejeté mercredi la réaction de Paris, qui condamnait la première de ces arrestations.

Dans un communiqué, l'Egypte a qualifié celle-ci d'"ingérence" de la part de la France.

Selon des ONG, quelque 60.000 détenus en Egypte sont des prisonniers politiques.

Deux avocats camerounais, dont un opposant membre du MRC, en garde à vue

Maurice Kamto, chef du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) donne une conférence de presse à Paris, France, le 30 janvier 2020.

Deux avocats, dont un opposant engagé dans la défense des droits humains, sont en garde à vue depuis deux jours au Cameroun, notamment pour de présumés outrages à magistrat, ont annoncé vendredi à l'AFP deux de leurs confrères.

L'arrestation mercredi par la police judiciaire de Richard Tamfu et de Armel Tchuemegne à Douala, la capitale économique, a été confirmée à l'AFP par un responsable de la police qui a requis l'anonymat.

Me Tamfu est un membre actif du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), l'un des principaux partis de l'opposition à l'inamovible président Paul Biya. Les cadres et militants du MRC sont régulièrement la cible d'arrestations et de procès depuis que son leader, Maurice Kamto, arrivé en deuxième position, conteste la réélection de M. Biya en 2018.

M. Kamto lui-même, et des dizaines de membres du MRC, avaient passé neuf mois en prison sans être jugés en 2019 après avoir manifesté pacifiquement contre la réélection de M. Biya, 87 ans dont 38 à diriger le Cameroun d'une main de fer. Ils avait été remis en liberté après d'intenses pressions internationales.

Mais M. Kamto est aujourd'hui retenu à son domicile de Yaoundé encerclé par la police depuis deux mois, sans que la justice lui ait notifié quoi que ce soit, après avoir appelé à des "manifestations pacifiques" pour le départ du chef de l'Etat.

Me Tamfu a été interpellé mercredi "sans mandat", a assuré à l'AFP Désiré Sikati, membre d'un collectif d'avocats qui réclament la libération immédiate de leurs deux confrères qui étaient toujours jeudi soir dans les locaux de la police judiciaire, selon Me Sikati et Me Hippolyte Meli, autre avocat du collectif.

Me Sikati a rencontré Me Tamfu dans la matinée. "Il m'a dit qu'il lui est reproché des faits supposés d'outrage à magistrat, de troubles du service et destruction" à la suite d'échauffourées, le 10 novembre, dans un tribunal de Douala où les policiers étaient intervenus violemment pour déloger des avocats manifestant pour la libération de deux de leurs confrères.

Plusieurs avocats avaient été blessés au cours de cette intervention musclée de la police.

Le Cameroun est le théâtre d'une contestation du pouvoir de M. Biya inédite en 38 ans et d'une guerre sanglante depuis quatre ans entre des rebelles séparatistes et les forces de sécurité dans deux régions de l'ouest peuplées majoritairement par la minorité anglophone camerounaise.

Les deux camps sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre des crimes contre les civils.

Me Tamfu est très connu au Cameroun pour son engagement en faveur des droits humains, notamment dans la crise anglophone.

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