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République du Congo

"Biens mal acquis": un des fils du président Sassou Nguesso n'a pas été mis en examen selon un avocat

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, arrive pour une visite au Palais de l'Elysée à Paris, le 3 septembre 2019. (AFP)

Le nom de Denis Christel Sassou Nguesso est cité dans l'enquête sur le vaste patrimoine en France de familles dirigeantes africaines, mais le fils du président du Congo n'a pas été inculpé, contrairement à ce qu'avait affirmé à l'AFP le 7 février un avocat ayant accès au dossier.

"Denis Christel Sassou Nguesso, contrairement aux informations rapportées, n'a jamais été mis en examen (inculpé) dans cette affaire", a fait savoir dans un communiqué son avocat Me Jean-Jacques Neuer, qui dénonce une "campagne de déstabilisation".

Son client n'a jamais été entendu par le juge d'instruction et aucun de ses biens n'est saisi par la justice française, a-t-il précisé auprès de l'AFP, au sujet d'informations diffusées dans d'autres médias.

La nouvelle, publiée vendredi 7 février à la mi-journée par un hebdomadaire français, avait été confirmée dans l'après-midi à l'AFP par un avocat ayant accès au dossier. Contacté, le parquet national financier (PNF) n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Pendant une semaine, aucune autorité judiciaire ni acteur du dossier n'a démenti l'information.

"Le PNF confirme cette infirmation" apporté par l'avocat de Denis Christel Sassou Nguesso, fait désormais savoir le parquet financier, sans plus de précisions.

Député d'Oyo (nord), fief de son père Denis Sassou Nguesso qui cumule 36 ans à la tête du Congo, Denis Christel a été jusqu'en 2016 la deuxième personnalité de la puissante Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Le nom de Denis Christel, dit "Kiki le pétrolier", est cité à plusieurs reprises dans l'enquête dite des "biens mal acquis", menée depuis 2009 par des juges anticorruption français après une plainte de trois associations.

Dans un réquisitoire supplétif du 29 décembre 2017, consulté par l'AFP, le PNF demandait aux juges d'instruction d'enquêter sur le "train de vie hors norme" de Denis Christel Sassou Nguesso et de sa nouvelle compagne, "séjournant notamment à Paris dans un hôtel particulier acquis (....) pour un montant de 4 millions d'euros".

L'enquête porte sur des soupçons de détournements de fonds publics qui auraient permis l'acquisition d'un vaste patrimoine en France par la famille Nguesso ainsi que la famille Bongo, qui dirige le Gabon.

Dans le volet congolais, cinq membres de la famille Nguesso sont inculpés depuis 2017: une fille du président et son mari - Julienne Sassou Nguesso et Guy Johnson -, ainsi que deux neveux du président, Wilfrid Nguesso et Edgar Nguesso, et la mère de ce dernier, Catherine Ignanga.

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Le Congo devrait être relié au Gabon par route à partir de Dolisie

Une partie de la route Dolisie-Kibangou, reliant le Gabon, déjà bitumée à Louvakou, le 24 janvier 2021.

Une nouvelle route va relier le Congo au Gabon grâce à un prêt de la Banque africaine de développement (BAD) estimé à plus de 2 milliards de francs CFA. Les travaux sur un premier tronçon de la route ont été lancés par les autorités.

Depuis les indépendances, partir de Dolisie à Kinbangou, dans le Niari, au sud ouest du Congo, est un vrai calvaire. La route n’existait presque pas sur les 93 Km à bitumer, ont reconnu les autorités.

La population, en majorité paysanne et vivant des activités agricoles, jubile pour avoir vu en 60 ans, les premiers kilomètres de goudron. Elle explique également les difficultés de transport auxquelles elle est confrontée.

"C’est difficile aller vendre du manioc à Pointe-Noire. Il faut passer quatre jours", témoigne une paysanne du village Pont du Niari. "Le transport des produits agricoles et de la pêche est très difficile avec cette route. Par exemple, les crevettes ou le poisson pour rissent après un jour d’attente de véhicule", indique un pêcheur.

"Nous sommes très contents, et nous prions tous les jours que cette route se termine. Nous aurons un nouveau pont également", ajoute un autre habitant de Pont du Niari.

Il s’agit de la route nationale n°3, Dolisie-Ndende, ville du Gabon. Grâce à 2 milliards 200 millions de francs CFA de financement de la BAD, un premier tronçon, Dolisie-Kibangou, est en pleine construction.

Le représentant de la BAD promet d’autres financements pour la suite des travaux.

Le Congo qui co-finance ces travaux à hauteur de 400 millions de francs CFA, met en avant l’intérêt de cette route.

"C’est un maillon important de la liaison entre Brazzaville et Libreville qui pourrait contribuer à relier le Gabon à la République démocratique du Congo, et à l’Angola par le Cabinda", a expliqué le ministre en charge de l’Aménagement du territoire, Jean Jacques Bouya.

Les travaux de construction de cette route ont été lancés au village Pont du Niari par le président Denis Sassou N’Guesso. Ils sont réalisés par une société chinoise, la CRBC qui a construit la route Brazzaville-Pointe-Noire.

Le Congo et le Gabon partagent une longue frontière et sont déjà reliés par une route goudronnée dans le nord. Il s’agit de la route Okoyo-Lekety-Mbie, inaugurée en 2015.

A Pointe Noire, la désillusion gagne du terrain

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L'Azerbaïdjan a expédié 500 tonnes d'armes vers Brazzaville

Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, passe en revue les troupes le 15 août 2010 à Brazzaville lors d'un défilé marquant un demi-siècle d'indépendance du Congo-Brazzaville.

Le Congo-Brazzaville a importé en toute discrétion quelque 500 tonnes d'armes d'Azerbaïdjan, révèle une enquête publiée avant l'élection du 21 mars dans ce pays d'Afrique centrale où le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 36 au pouvoir, sollicite un nouveau mandat.

Au total l'Azerbaïdjan a livré des armes à au moins 17 reprises depuis 2015 au Congo-Brazzaville, indique l'étude de l'OCCRP (Organized crime and corruption project), qui se présente comme "un groupement de journalistes d'enquête fondé en 2006".

La dernière livraison daterait de janvier 2020: "Plus de 100 tonnes d'armement ont été envoyés depuis l'Azerbaïdjan à la garde républicaine du Congo-Brazzaville, dont 775 obus de mortier, et 400 caisses de roquettes".

Ce dernier transfert d'armes "a suscité l'inquiétude chez les opposants" qui pensent "que Sassou Nguesso se prépare à utiliser la force si nécessaire pour se maintenir au pouvoir à l'approche des élections du 21 mars".

"Au moins deux envois livrés entre 2015 et 2018 ont été parrainés par l'Arabie saoudite, à un moment où Riyadh examinait la candidature du Congo-Brazzaville à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)", lit-on dans les colonnes du quotidien sud-africain Mail and Guardian, qui fait partie du consortium OCCRP.

Denis Sassou N'Guesso accusé de mener "une campagne déguisée"
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Pays d'Afrique centrale producteur de pétrole d'environ cinq millions d'habitants, le Congo-Brazzaville est dirigé depuis 1979 par l'ancien officier Denis Sassou Nguesso, à l'exception d'une parenthèse de cinq ans (1992-97).

Lors de la dernière présidentielle en 2016, la réélection contestée de M. Sassou Nguesso avait provoqué une rébellion dans la région du Pool au sud de Brazzaville, fief de l'opposition.

La riposte militaire du régime et la poursuite à huis-clos des rebelles avaient provoqué quelque 140.000 déplacés internes, jusqu'à un cessez-le-feu annoncé par les autorités en décembre 2017 avec les rebelles du pasteur Ntumi.

"Des figures de l'opposition affirment que des livraisons d'armes en provenance d'Azerbaïdjan ont été utilisées pour alimenter la brutale offensive post-électorale de 2016, qui a conduit à une crise humanitaire", d'après l'étude du consortium de journalistes d'investigation OCCRP.

Ces livraisons d'armes ont été faites en toute discrétion. Le Congo-Brazzaville "n'a fait état d'aucune livraison d'armes depuis trois décennies", selon l'enquête. Le pays n'est pas sous le coup d'un embargo, et n'a donc pas l'obligation de déclarer ses importations d'armes.

L'OCCRP affirme avoir obtenu des "plans de vol" et des "inventaires d'armes" pour documenter son enquête.

Le coût de la dernière livraison d'armes de janvier 2020 a été évalué à 10 millions de dollars par un expert.

Les autorités de Brazzaville n'ont pas répondu aux questions du rapport tout comme celles de Bakou sollicitées par l'AFP.

L'ambassade du Congo en France n'était pas non plus joignable vendredi matin.

Frappé par la chute des prix du pétrole, le Congo-Brazzaville lourdement endetté est parvenu à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en juillet 2019.

Au total sept candidatures ont été validées pour le scrutin du 21 avril dont celle du président Sassou Nguesso et de l'opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016.

A un mois de l'élection, l'ambiance à Brazzaville est moins tendue qu'en 2016. Il y a cinq ans, le scrutin avait été précédé d'une réforme très contestée de la Constitution permettant au président Sassou Nguesso de se représenter.

Une présidentielle "biaisée" en préparation le 21 mars au Congo, selon des ONG

Des membres du mouvement citoyen Ras-le-bol lors d’un point de presse à Brazzaville, 12 mai 2018.

Deux organisations de la société civile du Congo-Brazzaville ont dénoncé mercredi des irrégularités constatées dans l'organisation de l'élection présidentielle du 21 mars, qui risque selon elles d'être "biaisée" et "non transparente".

"L’élection sera biaisée. Nous exprimons notre vive préoccupation au regard des irrégularités et autres violations de la loi constatées dans le processus de l'élection présidentielle", écrivent dans un communiqué le Cercle des droits de l’Homme et de développement (CDHD) et le Mouvement citoyen Ras-le-bol.

"Il a été constaté que le processus de révision des listes électorales engagé n’a pas permis de mettre fin à certaines irrégularités. Force est de constater que ces listes sont identiques à celles datant de plusieurs décennies sans réel changement", dénoncent les deux ONG.

Selon elles, cette situation n’est pas de nature à garantir une maîtrise effective du corps électoral.

Elles affirment en outre qu’en prenant la décision de procéder au vote anticipé des agents de la force publique, le gouvernement n’a pas rassuré l’opinion sur le lieu de leur vote : dans les casernes, les camps ou encore dans les lieux habituels.

La force publique votera le 17 mars et le reste de la population le 21 mars.

Le scrutin va opposer le président sortant Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 36 cumulés à la tête d’un pays de 5 millions d’habitants dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté, et six autres candidats dont deux anciens ministres, Mathias Dzon et Guy-Brice Parfait Kolélas devenus de farouches opposants.

Le CDHD et le Mouvement Ras-le bol accusent la majorité au pouvoir d’avoir commencé à organiser la campagne électorale alors qu’elle n’est pas encore officiellement lancée.

Ces dernières semaines, M. Sassou Nguesso a effectué plusieurs déplacements à l’intérieur du pays.

Début mars l’épiscopat a émis de "sérieuses réserves" sur les conditions d’organisation d’une élection apaisée, crédible et transparente le 21 mars.

Une nouvelle raffinerie suscite l'espoir à Pointe Noire

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