Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Niger

Attaque de Chinégodar: 7.000 personnes ont fui la zone (HCR)

Un employé de MSF (Médecins sans frontières) examine des enfants souffrant de malnutrition dans un camp de réfugiés maliens situé à Chinegodar, dans l'ouest du Niger, près de la frontière malienne, le 4 février 2012.

Près de 7.000 personnes ont fui la zone de Chinégodar (ouest du Niger) après l'attaque du 9 janvier qui a tué 89 soldats, une des plus meurtrières de l'histoire du pays, a annoncé samedi le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

"Près de 7,000 personnes, dont un millier de réfugiés, ont fui l'insécurité et la violence, après la récente attaque contre la ville de Chinégodar, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali", selon le texte.

"Les témoignages recueillis mentionnent des populations civiles craignant pour leur vie, après un ultimatum de la part des groupes armés", selon le HCR. "Elles sont cibles d'attaques, d'enlèvements ou d'assassinats, tandis que leurs biens sont appropriés par ces groupes."

"Dans leur fuite, réfugiés et déplacés n'ont pu prendre que ce qu'ils portaient sur eux, laissant derrière eux leurs maisons et leurs biens.", selon le texte.

"Au Niger, environ 5.000 personnes ont fui vers les villes de Banibangou et Oualam, où 7.326 Maliens sont déjà refugiés. Au Mali, près d'un millier de réfugiés nigériens, y compris des enfants non accompagnés, ont traversé la frontière et se trouvent désormais dans la ville d'Andéraboukane (...) dans la région de Ménaka qui accueille déjà 1.024 réfugiés nigériens depuis 2018", souligne le HCR.

Depuis 2018, l'ONU indique que l'insécurité persistante est un obstacle à l'acheminement de l'assistance d'urgence aux dizaines de milliers de déplacés de la région de Tillabéri. En octobre 2019, le HCR a compté 56.815 réfugiés maliens, 2.190 burkinabè et 78.044 déplacés internes dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest), victimes d'attaques des groupes jihadistes sahéliens.

L'attaque de Chinégodar revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), a coûté la vie à 89 soldats. C'est une de spires attaques de l'histoire du pays. En 2015, un raid Boko Haram sur l'île de Karamga, située sur le lac Tchad, avait coûté la vie à 46 soldats et 28 civils avec 32 disparus, selon le ministère nigérien de l'Intérieur)

L'attaque de Chinégodar est survenue un mois après celle d'Inates, dans la même région de Tillabéri, frontalière du Mali, qui avait coûté la vie à 71 soldats et traumatisé le pays. Le 25 décembre, une attaque à Sanam, également dans la même région de Tillaberi, a coûté la vie à 14 soldats nigériens.

Les trois attaques ont été revendiquées par l'EI. Le modus operandi des trois attaques est le même avec l'utilisation de motos et véhicules transportant des combattants armés puis une fuite vers le Mali.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a limogé le chef d'état-major des armées et le chef d'état-major de l'armée de terre après ces attaques.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina - est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Selon l'ONU, les attaques jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4.000 morts en 2019.

Toutes les actualités

Mohamed Bazoum à Tillabéry: une lueur d'espoir pour les populations

Mohamed Bazoum à Tillabéry: une lueur d'espoir pour les populations
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:08 0:00

Les habitants d'Anzourou pris entre la faim et les attaques djihadistes

Des réfugiés marchent près des bâtiments de l'UNHCR à Niamey, après avoir été évacué de la Libye, le 17 novembre 2017.

Dans l'ouest du Niger, le quotidien de nombreux habitants de l'Anzourou est rythmé par des attaques jihadistes meurtrières qui font désormais planer la menace d'une crise alimentaire.

"Les terroristes ont tué nos maris, ils ont brûlé nos vivres, ils ont emporté notre bétai. Nous n'avons plus de vie", soupire, drapée dans un grand voile blanc, Maïmouna Moukaïla, une habitante d'Anzourou.

Ces derniers mois, les attaques, souvent perpétrées par des assaillants à moto, se sont intensifiées contre les civils de cette zone aux vallées très boisées située aux trois frontières (Niger, Burkina Faso et Mali).

"Nous dormons la peur au ventre et main sur le coeur, au moindre bruit de moteur on sursaute", confie à l'AFP Abdou Oumarou, natif de Gadabo, un autre village ciblé.

Selon Maïmouna Moukaïla, "craignant pour leur vie, infirmiers et enseignants ne veulent plus rester" et "beaucoup de femmes ont perdu des nouveaux-nés faute d'assistance sanitaire".

"Les vols, pillages, incendies de greniers à céréales, assassinats ciblés persistent. Les terroristes tirent sur tout ce qui bougent y compris sur des enfants", confirme Halidou Zibo, le maire d'Anzourou, arborant une écharpe aux couleurs du Niger.

L'Anzourou, composée d'une cinquantaine de villages et hameaux fait partie de l'immense et instable région de Tillabéri (100.000 km2), théâtre depuis des années d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'Etat islamique.

- "Maudits terroristes" -

En mars, les autorités ont réinstallé 12.000 habitants qui avaient fui à Tillabéri, la capitale régionale, après une série d'attaques et d'ultimatums lancés par des groupes jihadistes.

Des soldats lourdement armés ont depuis été déployés pour veiller sur les habitants.

Mais la vie est loin d'avoir repris son cours normal. Le dernier massacre de civils dans l'Anzourou remonte au 21 août, dans le village de Theim, où des individus armés "venus à pieds" ont tué 19 personnes dans une mosquée.

L'attaque, assortie d'un ultimatum des assaillants pour vider les lieux, a poussé près de 2.000 personnes de plusieurs villages situés plus au Nord et échappant au contrôle de l'armée à se réfugier à Sara-Koira, selon les autorités.

"Ceux qui ont osé aller au champ ont été tués, ils (les assaillants) nous traquent dans les cases et jusque dans les mosquées", détaille Hadjia Sibti, la présidente de l'Association des femmes d'Anzourou, hijab bleu sur la tête.

"Nos champs sont lointains, nous n'avons pas pu les cultiver, par peur, nous nous sommes tous repliés dans les villages sécurisés par l'armée", crie Mamoudou Sabo, courte barbe blanche et boubou jaune délavé.

Originaire d'un village voisin, il s'est réfugié à Sara-Koira pour bénéficier de la protection de l'armée.

Il appelle les autorités à "vite renforcer la sécurité" et "nettoyer la zone de ces maudits terroristes".

- Combattre le problème "à la racine" -

Si l'agriculteur se félicite de la solidarité des résidents de Sara-Koira qui ont offert des lopins des terres aux paysans démunis afin qu'ils puissent produire du mil, du maïs et du haricot, il déplore la grande précarité dans laquelle il se retrouve.

"Je cultivais dix hectares de terre, alors dites-moi comment je vais faire pour nourrir mes onze enfants ?", demande-t-il.

"Une crise alimentaire se profile", s'alarme le maire Halidou Zibo.

Des députés de la région de Tillabéri qui affirment que les assaillants opèrent désormais "à dos de chameau et à vélo" ont réclamé un renforcement des mesures de sécurité.

Samedi, pour sa première visite dans cette zone enclavée depuis son élection fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum a promis de poursuivre l'assistance alimentaire ainsi que la mise en place d'un dispositif sécuritaire plus musclé.

Devant des ressortissants de Sara-Koira , le chef de l'Etat a annoncé vouloir combattre "le problème à la racine" en "fermant la porte d'Inates", la commune la plus proche du Mali "par laquelle les terroristes viennent", selon lui.

Le 10 décembre 2019, 71 soldats nigériens avaient été tués dans une attaque jihadiste à Inates.

A Tondikiwindi, une commune proche d'Inates, 100 civils avaient été tués en janvier dernier par des hommes armés venus à moto qui avaient ensuite fui vers le Mali voisin. Dans ce même secteur, quatre soldats américains des forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués en 2017 dans une embuscade du groupe Etat islamique.

Depuis, "le rapport de force a considérablement changé" en faveur de l'armée face aux groupes jihadistes, a assuré Mohamed Bazoum.

C'est la raison pour laquelle, "les terroristes" se "rabattent sur des populations (civiles) désarmées innocentes" et "se livrent à un massacre à grande échelle" dans les villages reculés, a-t-il justifié.

Le journaliste Moussa Aksar de nouveau devant la justice nigérienne

Le journaliste Moussa Aksar de nouveau devant la justice nigérienne
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:55 0:00

Le chef de l'ONU craint que le scénario afghan ne fasse des émules au Sahel

Des soldats de la force conjointe du G5 Sahel assistent à l'inauguration du nouveau quartier général à Bamako le 3 juin 2020. (Photo MICHELE CATTANI / AFP)

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé jeudi dans un entretien à l'AFP craindre que l'exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés jihadistes au Sahel, en réclamant un renforcement des "mécanismes de sécurité" dans cette région.

Au Sahel, "je crains l'impact psychologique et réel de ce qui s'est passé en Afghanistan", avec la prise du pouvoir par les talibans, a-t-il dit. "Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes (au Sahel) peuvent se sentir enthousiasmés avec ce qui s'est passé (en Afghanistan) et avoir des ambitions au-delà de ce qu'ils pensaient il y a quelques mois", a ajouté le chef de l'ONU.

Il y a "une chose nouvelle dans le monde qui est très dangereuse", a aussi relevé le secrétaire général. Même pas très nombreux, "il y a des groupes fanatisés, avec une idéologie où la mort par exemple est désirable, des groupes disponibles pour tout faire. Et on voit des armées qui se désintègrent face à eux", a-t-il ajouté.

"On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique (...). Ce danger est réel et il faut penser sérieusement à ses implications sur la menace terroriste et à la façon dont la communauté internationale doit s'organiser face à cette menace", a précisé Antonio Guterres.

Selon lui, il est "essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité au Sahel". Car "le Sahel est le point faible le plus important, qu'il faut soigner. Ce n'est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant on a des infiltrations en Côte d'Ivoire, au Ghana", a-t-il précisé.

Au Sahel, "la France va diminuer sa présence, il y a des nouvelles sur le Tchad qui veut retirer quelques troupes de la zone frontalière des trois pays, Burkina, Niger, Mali. C'est la raison pour laquelle je me bats pour qu'il y ait une force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace", a ajouté Antonio Guterres.

Mais "je crains aujourd'hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace", a-t-il déploré.

Le chef de l'ONU essaye depuis plusieurs années de conférer à la force G5 Sahel, formée par le Tchad, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, un mandat fort de l'ONU accompagné d'un financement collectif de l'Organisation.

Premier contributeur financier à l'ONU et craignant que la force de Casques bleus déployée au Mali ne perde sa neutralité, les Etats-Unis, lui préférant une coopération bilatérale, refusent jusqu'à présent cette approche ardemment défendue aussi par la France.

"Il faut que ce blocage se termine. C'est absolument essentiel", a toutefois demandé Antonio Guterres.

Une épidémie de choléra fait plus de 100 morts au Niger

Un médecin est au près d'une femme atteinte de la choléra à Ganjuwa, au Nigeria, le 6 septembre 2010.

Une épidémie de choléra a fait 104 morts au Niger parmi 2.874 malades recensés dans six régions du pays, dont la capitale Niamey, a annoncé vendredi le ministère de la Santé.

Le 19 août, le ministère avait fait état de 845 cas et 35 décès à Niamey et quatre régions, Maradi (sud-est), Zinder (centre-sud), Dosso (sud-ouest) et Tahoua (sud-ouest), toutes frontalières du Nigeria, également touché par la maladie.

La région de Tillabéri (ouest), dans la zone des "trois frontières" entre Niger, Burkina et Mali, théâtre d'attaques jihadistes régulières, est également touchée, selon le ministère.

Au 1er septembre, le bilan est passé à 104 décès sur 2.874 malades et "un taux de létalité de 4%", indiquent les chiffres publiés vendredi par la direction de la surveillance et de la riposte aux épidémies du ministère de la Santé.

La tranche d'âge comprise entre 15 et 37 ans est la plus touchée par l'épidémie précise le ministère, qui annonce "l'extinction" d'une dizaine de "foyers" sur les 28 "actifs" à travers le pays.

Avec l'appui de Médecins sans frontières (MSF), l'ONU et l'Union européenne, le Niger tente de juguler l'épidémie en multipliant les campagnes de sensibilisation, en distribuant des produits pour traiter l’eau et en désinfectant des lieux publics, les transports en commun et les puits dans les villages infectés.

Des stocks de médicaments et des tests de dépistage rapides ont été envoyés dans les régions affectées où les malades sont pris en charge gratuitement sur des sites d’isolement, assure le gouvernement nigérien.

Les autorités sanitaires appellent la population "à se présenter d'urgence dans un centre de soin" dès "l'apparition de signes" suspects de choléra dont "les diarrhées et les vomissements".

En raison des inondations liées à de fortes pluies qui s'abattent depuis juin sur le Niger, les experts redoutent une flambée de cette maladie diarrhéique très contagieuse causée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés.

En 2018, une précédente épidémie de choléra avait fait 78 décès sur 3.824 cas recensés au Niger, principalement dans des zones proches du Nigeria, selon l'OMS.

Voir plus

XS
SM
MD
LG