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Rwanda

Arrestation d'un chef rebelle accusé d'attaques meurtrières

Richard Sezibera, ministre rwandais des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse sur l'arrestation de Callixte Nsabimana à Kigali, Rwanda, le 30 avril 2019.

Le gouvernement du Rwanda a annoncé mardi avoir arrêté un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé une série d'attaques meurtrières dans une zone de forêts proche du Burundi et de la République démocratique du Congo (RDC).

Au Rwanda, Callixte Nsabimana est accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, (...), prise d'otages, meurtre et pillage", a-t-il précisé dans un communiqué.

Nsabimana est le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, prisée des touristes désireux de voir des gorilles des montagnes, une espèce menacée.

Le FLN est affilié aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

Nsabimana a revendiqué les attaques via les réseaux sociaux, affirmant que son groupe avait pour objectif de renverser le président rwandais Paul Kagame.

Les autorités rwandaises ont refusé de préciser la date de son arrestation ou de sa comparution en justice. "Il a été arrêté et ramené ici", s'est contenté de déclarer mardi le ministre des Affaires étrangères, Richard Sezibera, au cours d'une conférence de presse.

En décembre dernier, Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

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Paul Rusesabagina: préoccupation des États-Unis

Paul Rusesabagina: préoccupation des États-Unis
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Affaire Rusesabagina: Kigali annule une rencontre avec la Belgique

Le président rwandais Paul Kagame assiste à un service commémoratif de l'ancien président kényan Daniel Arap Moi au stade Nyayo à Nairobi, Kenya, le 11 février 2020.

Le gouvernement rwandais a annulé mardi une rencontre prévue avec la ministre belge des Affaires étrangères, qui a critiqué la condamnation à 25 ans de prison pour "terrorisme" de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda".

La cheffe de la diplomatie belge Sophie Wilmès a estimé dans un communiqué que "M. Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable; particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense", et que "la présomption d'innocence n'a pas été respectée".

Cette déclaration "reflète le mépris dont fait preuve le gouvernement du Royaume de Belgique envers le système judiciaire rwandais depuis le début de ce procès, malgré la contribution importante des institutions belges compétentes à l'instruction de cette affaire", ont estimé les autorités rwandaises dans un communiqué.

"Pour cette raison, une réunion bilatérale prévue au niveau ministériel, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York, n'aura plus lieu", concluent-elles.

Paul Rusesabagina, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994 et qui possède la nationalité belge, a été reconnu coupable lundi par un tribunal de Kigali "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Paul Rusesabagina, 67 ans, a été rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda" sorti en 2004, qui a raconté comment ce Hutu modéré a sauvé plus de 1.000 personnes réfugiées dans son établissement durant le génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement des Tutsi.

Il est aussi un des plus virulents opposants à Paul Kagame, et a utilisé sa notoriété hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions contre le régime.

Il vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis -où il est détenteur d'une "carte verte"- et en Belgique, avant d'être arrêté à Kigali en 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, se sont dits "préoccupés" lundi par cette condamnation. "L'absence de garanties d'un procès juste remet en cause l'équité du verdict", a indiqué le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Sa famille, qui n'a cessé de clamer son innocence, a également condamné ce verdict, estimant qu'étant donné son état de santé, cela équivalait à une "condamnation à mort".

La condamnation de Paul Rusesabagina ne convainc pas certains

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VOA60 Afrique du 20 septembre 2021

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Affaire Rusesabagina: Washington appelle Kigali à "examiner les lacunes" du procès

Paul Rusesabagina présenté aux médias, menotté, au siège du Bureau d'enquête du Rwanda à Kigali, au Rwanda, le 31 août 2020.

Les autorités américaines ont appelé lundi le Rwanda à "prendre des mesures" pour "examiner les lacunes" notées lors du procès de Paul Rusesabagina, l'homme qui avait inspiré le film "Hôtel Rwanda".

Une déclaration qui intervient après l'annonce d'une peine de 25 ans de prison pour M. Rusesabagina, 67 ans, sur fond d'accusation d'actes liés au terrorisme.

Dans un communiqué du porte-parole du département d'État, Ned Price, le gouvernement américain a déploré "l'absence de garanties d'un procès équitable, qui remet en question l'équité du verdict".

M. Rusesabagina, 67 ans, avait sauvé des Tutsis pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Pour son acte humanitaire, il a reçu une médaille présidentielle aux États-Unis.

Le verdict de lundi le reconnaît coupable de neuf chefs d'accusation, dont la formation d'un groupe armé, l'appartenance à un groupe terroriste, le financement d'un groupe terroriste, le meurtre et l'enlèvement.

A l’origine, les autorités rwandaises lui reprochent, ainsi qu’à ses 20 co-accusés, des liens avec les Forces nationales de libération (FLN), une milice que le gouvernement rwandais accuse de terrorisme.

Selon le quotidien gouvernemental New Times, les procureurs avaient requis une peine de prison à vie pour M. Rusesabagina.

L’homme, qui continue de clamer son innocence, était absent à l’annonce du verdict, selon l’agence Associated Press.

Le héros du film "Hôtel Rwanda" refuse de comparaître à son procès
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C’est en 1996 que M. Rusesabagina quitte le Rwanda. Devenu citoyen belge et détenteur d’une carte de résident permanent aux États-Unis, Paul Rusesabagina est arrêté en août 2020 au Rwanda dans des circonstances non élucidées.

Ses avocats parlent d’un kidnapping orchestré par les autorités de Kigali. Ces dernières affirment, au contraire, que M. Rusesabagina s’était rendu de lui-même en territoire rwandais.

"C'est la fin d'une histoire qui a été écrite bien avant même l'enlèvement de M. Rusesabagina", a déclaré à la VOA Kate Gibson, l'une des avocates de M. Rusesabagina, depuis Genève, en Suisse.

Le procès, a-t-elle ajouté, "n'a aucune conséquence" vu que, a-t-elle précisé, il a été conduit "en deçà des normes internationalement reconnues".

"Ce soi-disant procès ne comportait pas une véritable procédure contradictoire", a dénoncé Geoffrey Robertson, un avocat affilié à TrialWatch, une entité affiliée à la fondation de l’acteur et activiste américain George Clooney. "Toute condamnation qui en découle ne saurait être considérée comme crédible", a-t-il conclu.

Article traduit et adapté de l'anglais. Lire l'original >>

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