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États-Unis

La justice américaine ouvre une enquête sur les abus sexuels dans l'Eglise

Le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, lors d'une conférence de presse à Harrisburg, Pennsylvanie, le 17 octobre 2018.

La justice fédérale américaine a pour la première fois lancé une enquête sur les abus sexuels commis par le clergé catholique.

Elle vient de citer à comparaître les huit diocèses de Pennsylvanie, deux mois après la publication d'un rapport sur des décennies d'abus sexuels au sein de l'Eglise catholique de cet Etat.

L'archidiocèse de Philadelphie a confirmé sur son site internet avoir "reçu une assignation à comparaître émanant d'un grand jury fédéral".

"L'archidiocèse coopérera avec le ministère de la Justice américain dans cette affaire", a-t-il ajouté sans plus de détails.

Les autres diocèses de cet Etat n'étaient pas immédiatement joignables mais tous, a indiqué le New York Times, ont confirmé avoir eux aussi reçu des citations à comparaître de la justice fédérale et se sont dits prêts à coopérer avec les enquêteurs.

L'annonce de cette enquête fédérale intervient après la publication mi-août par les services du procureur d'Etat de Pennsylvanie d'un rapport accablant pour les institutions catholiques de cet Etat, détaillant des abus sur plusieurs décennies impliquant plus de 300 prêtres et plus de 1.000 enfants, et de nombreuses tentatives de dissimulation.

Suite à la publication de ce rapport, une douzaine d'Etats américains, dont ceux de New York et du New Jersey, à forte population catholique, se sont mobilisés pour réclamer des comptes à leurs diocèses, les assignant à comparaître, réclamant leurs archives et lançant des appels à témoins.

Mais l'enquête annoncée jeudi est la première lancée au niveau fédéral, et les victimes espèrent qu'elle permettra de faire enfin la lumière sur les manoeuvres de dissimulation qu'ils soupçonnent de la part de la hiérarchie catholique.

"C'est la première fois que nous entendons parler d'une enquête fédérale sur des diocèses catholiques et c'est une nouvelle monumentale pour les victimes", s'est réjoui Mike McDonnell, 50 ans, qui fut agressé sexuellement par des prêtres de sa paroisse de 11 à 13 ans en Pennsylvanie.

"On attendait ça depuis des années" car les enquêtes au niveau des Etats "ne font que gratter la surface" et ne permettent pas de comprendre comment ni grâce à qui des prêtres accusés d'abus sexuels dans une paroisse ont pu être transférés d'église en église, a-t-il ajouté.

"Je pense que l'enquête fédérale va vraiment pointer la hiérarchie de chaque diocèse, les obliger à répondre à ces questions et à produire les documents correspondants", a-t-il souligné.

Avec AFP

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Snapchat lance Spotlight, un fil public de vidéos sur le modèle de TikTok

Une bannière géante de Snap Inc affichée devant la bourse de New York. 2 mars 2017. (AP Photo/Mark Lennihan)

Ses "stories" éphémères ont été largement copiées par les autres réseaux, mais c'est au tour de Snapchat de s'inspirer de ses jeunes concurrents : l'appli au logo fantôme lance "Spotlight", un fil public de contenus produits par ses utilisateurs, sur le modèle de TikTok.

Les utilisateurs de Snapchat - en majorité des ados et jeunes adultes - ne postaient jusqu'à présent leurs photos et vidéos que pour leurs contacts ou dans des messages privés... Ou sur des réseaux concurrents.

A partir de lundi, dans 11 pays dont les États-Unis et la France, ils pourront diffuser leurs créations plus largement, en restant sur l'appli, sur un fil public, personnalisé automatiquement par l'algorithme en fonction des goûts des spectateurs.

Cette formule a fait le succès de TikTok, avec, pour les influenceurs, l'espoir de créer une vidéo virale, et, pour les utilisateurs, la possibilité de faire défiler une sélection sur mesure de contenus courts.

Mais Snapchat, qui travaille sur Spotlight depuis un an et demi, a tiré des leçons des modèles existants, comme TikTok ou Reels, la version d'Instagram.

Pour commencer, les contenus devront être approuvés par les modérateurs de la plateforme. Au début, chaque vidéo publiée aura été vue par une personne au préalable, a expliqué la société à l'AFP. Par la suite, ce sera sans doute une combinaison d'intervention humaine et d'intelligence artificielle.

No comment

L'appli fréquentée par près de 250 millions de personnes au quotidien n'a pas révélé combien de modérateurs travaillent à cette tâche potentiellement gargantuesque, mais estime que l'enjeu en vaut la chandelle.

Les dirigeants préfèrent choisir les contenus qui seront vus par des millions de personnes plutôt que de devenir une plateforme ouverte qui doit sans cesse se préoccuper de retirer les contenus problématiques.

Facebook (sur son réseau principal et sur Instagram), TikTok, Youtube et les autres se voient régulièrement reprocher de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, les incitations à la violence ou les discours de haine.

Snapchat connaît aussi ce genre de problèmes, qui nuisent à la confiance des utilisateurs et des annonceurs publicitaires. Il y a quelques jours, dans la ville française d'Annecy (est), un lycéen a été mis en examen pour avoir menacé de mort une enseignante sur le réseau.

Autre différence majeure avec les fils rivaux : il n'y aura pas de commentaires publics sur Spotlight. Tout au plus les utilisateurs pourront-ils faire des remarques privées aux créateurs, s'ils n'ont pas publié leurs contenus de façon anonyme et acceptent d'être contactés.

La plateforme entend ainsi créer un environnement positif, où il n'est pas possible d'être désagréable, contrairement à TikTok où même les influenceurs suivis par des millions de personnes se retrouvent à partager leurs vidéos sur un espace où ils font face à beaucoup de négativité, selon un porte-parole de Snapchat.

Le million

N'importe quel créateur, qu'il soit suivi par des dizaines ou des milliers de personnes, pourra cliquer sur la case Spotlight après avoir réalisé une vidéo avec (ou sans) les célèbres filtres de l'appli, des oreilles de chat aux visages et voix déformés.

Snapchat insiste sur l'égalité entre utilisateurs, qui se disputeront d'éventuels gains financiers sur la base de l'intérêt suscité par leurs contenus. Plus d'un million de dollars seront distribués chaque jour.

"Les 'snaps' sont évalués sur la base des interactions avec les gens, comme le temps passé à regarder une vidéo ou les cœurs attribués. Les revenus sont déterminés en fonction du nombre de visionnages uniques", précise un communiqué.

Plus de deux ans après son entrée en Bourse, Snapchat n'a toujours pas réussi à dégager de profits. Au troisième trimestre, la société a ainsi perdu 200 millions de dollars.

Mais elle a doublé son chiffre d'affaires en rythme annuel, à 680 millions, notamment grâce au lancement réussi de nouveaux outils, pour inciter ses utilisateurs à passer toujours plus de temps sur l'application, et de nouveaux produits publicitaires, pour "essayer" des accessoires en réalité augmentée ou s'immerger dans l'univers d'une marque.

En 2013, Snapchat avait inventé les "stories", des histoires qui disparaissent 24 heures après avoir été mises en ligne. Ultra populaires, elles ont été copiées par Facebook (d'abord sur Instagram, en 2016) et plus récemment par Twitter qui vient de lancer les "fleets".

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