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L'heure de l'arrêt est venue pour le Congolais Jean-Pierre Bemba à la CPI


Jean-Pierre Bemba dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, Pays-Bas, le 21 mars 2016.
Jean-Pierre Bemba dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, Pays-Bas, le 21 mars 2016.

La Cour pénale internationale (CPI) rend son arrêt en appel vendredi à l'encontre de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, reconnu responsable d'une vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique.

L'ancien riche homme d'affaires devenu chef de guerre a été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison pour les crimes de guerre commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003.

D'après les juges, l'accusé "a dirigé une ample attaque contre la population civile" durant laquelle "des familles entières ont été prises pour cibles".

En cinq mois, quelque 1.500 hommes du MLC ont tué, pillé et violé dans la République centrafricaine voisine, où ils s'étaient rendus pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé.

Dans son jugement, la chambre avait souligné la "cruauté particulière" de ces crimes contre des victimes "particulièrement vulnérables". Certaines ont été violées de façon répétée par vingt soldats. D'autres tuées à bout portant pour avoir refusé de céder une moto ou un mouton.

Jean-Pierre Bemba, 55 ans, a interjeté appel en juin 2016 du jugement de la CPI à l'issue d'un procès qui a duré six ans.

- Libération "envisageable" -

Les audiences en appel ont surtout été "une opposition entre la défense et l'accusation au sujet de la culpabilité de crimes contre l'humanité", estime Karine Bonneau de la Fédération internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH), citée par la radio francophone RFI.

>> Lire aussi : La CPI se prononce vendredi contre Jean-Pierre Bemba pour crimes de guerre

En plus de contester le verdict, la défense a demandé aux juges de réduire la peine, étant donné que M. Bemba a déjà passé près d'une décennie derrière les barreaux au centre de détention de la CPI à La Haye.

Le procureur a également fait appel et appelé les juges à augmenter la peine car celle-ci "ne reflète pas la gravité" de tous les crimes commis.

"Si les juges ne confirment pas la culpabilité pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre", la libération de Bemba est "envisageable", poursuit Mme Bonneau.

En cas de confirmation de la décision de première instance, "Jean-Pierre Bemba restera plus longtemps en détention", ajoute Karine Bonneau qui dirige le bureau Justice internationale de la FIDH.

- La plus lourde peine -

Après l'arrêt rendu vendredi, les juges de la CPI devront décider des mesures de réparation accordées aux victimes.

"Il serait assez choquant que Jean-Pierre Bemba puisse sortir de prison avant même que des formes de réparation soient définies pour les victimes", conclut Mme Bonneau.

Le procès de M. Bemba, qui s'est ouvert à La Haye en novembre 2010, était le premier de la CPI ciblant les viols et violences sexuelles comme crimes de guerre et mettant en avant la responsabilité d'un commandant militaire quant à la conduite des troupes sous son contrôle.

La peine de 18 ans d'emprisonnement est la plus lourde jamais imposée par la CPI, juridiction fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde.

>> Lire aussi : La CPI confirme la condamnation de Bemba pour subornation de témoins

Fils d'un riche homme d'affaires proche de l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko, le colosse de 1,90 mètre au visage rond était autrefois un géant de la scène politique et économique congolaise.

Les partisans de Jean-Pierre Bemba prévoyaient de se réunir au siège de son parti politique vendredi matin à Kinshasa dans l'attente du prononcé du verdict à La Haye.

Avec AFP

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